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Les 7 recommandations des médecins du privé

Ministre de la Santé et Parlement interpellés


Le recrutement de praticiens étrangers n’est pas pour plaire à tout le monde

«Oui pour l’exercice de la médecine au Maroc par des praticiens étrangers, mais à condition», c’est ce qui ressort de la réunion élargie tenue le 1er juin dernier entre les instances syndicales du privé et le département de la Santé, qui exigent certaines règles encadrant l’installation de ces médecins, l’accès et l’exercice de la profession et le contrôle. En effet, un projet de loi modifiant et complétant la loi n°131.13 relative à l’exercice de la médecine et destiné à réviser les conditions d’accès pour les médecins étrangers au Maroc a été adopté dernièrement par le Conseil de gouvernement. Objectif : renforcer les compétences nationales en matière de santé et faire face au manque de cadres nécessaires pour la réussite du chantier de la généralisation de la sécurité sociale. Concernant l’installation de ces futurs médecins, les professionnels du secteur privé de la santé estiment que le secteur public de la santé est le lieu idéal pour établir ces médecins étrangers au vu du grand déficit en ressources humaines dont souffre ce secteur. Ils préconisent, à ce propos, que la préférence dans le recrutement doit être donnée en priorité aux médecins nationaux exerçant à l’étranger, par la mise en place de conditions incitatives qui encourageraient leur retour au pays. En outre, les professionnels du secteur privé exigent que l’accès au secteur privé ne leur soit ouvert que dans les déserts médicaux et suivant les besoins déterminés dans le cadre d’une carte sanitaire et pour deux ans, renouvelable en cas de nécessité. Les syndicats du privé appuient également qu’en cas de difficulté de la mise en place d’une carte sanitaire dans l’urgence, il serait souhaitable de déterminer 3 à 4 zones prioritaires, vers lesquelles seraient orientés ces médecins étrangers. Evoquant les conditions préalables à l’exercice des médecins étrangers, ils recommandent qu’un contrôle rigoureux de leurs compétences soit assuré par les ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de l’Intérieur avec la mise en place d’une commission d’évaluation pour préserver la santé des citoyens. Ces praticiens étrangers sont appelés également à déposer une demande au ministère de la Santé et doivent s’inscrire exclusivement dans l’Ordre professionnel marocain tout en fournissant la preuve de leur radiation de l’Ordre de leur pays d’origine. Pourtant, lesdites instances syndicales du privé estiment que le salut de notre système de santé passe nécessairement par sa capacité à produire et à former des médecins et des professionnels de santé marocains proportionnellement à ses besoins actuels et futurs. Pour elles, la pandémie a montré encore une fois le rôle vital de la souveraineté et la sécurité sanitaires des pays sur le plan des ressources humaines, de l’industrie pharmaceutique, du matériel et des équipements médicaux. Mieux, elles jugent qu’il est nécessaire non seulement de former plus de médecins, mais de savoir les retenir, et inverser le phénomène de migration des compétences médicales nationales vers l’étranger. A ce propos, des efforts, soulignent-elles, sont à consentir en urgence pour améliorer les conditions de l’exercice de la profession médicale au Maroc dans le secteur privé comme dans le secteur public afin de rendre ces secteurs attractifs. Elles sollicitent également la délivrance par le ministère de la Santé, aux médecins nationaux privés, d’une licence les autorisant à exercer également en dehors de leur territoire géographique d’origine et en fonction des besoins déterminés par le ministère. Sur un autre plan, les médecins libéraux soulignent la nécessité de la mise en place effective de la loi 34-09 relative à l’offre de soins et l’activation des décrets nécessaires. A ce sujet, les praticiens du privé insistent sur la mise en place d’une carte sanitaire aussi bien pour le secteur libéral que pour le secteur public et sur la création d’un Conseil supérieur de la santé dont le président serait nommé par le Roi. Ils demandent également une activation effective du partenariat publicprivé ainsi que la mise en place d’une formation médicale continue orientée par une politique générale de santé. A rappeler que le déficit en médecins avoisine les 23.000 praticiens. Sachant que notre pays en compte 12.000 et ce nombre risque de passer à 7.000 à l’horizon 2030. Ceci d’autant plus que la fonction publique attire peu ou pas les jeunes lauréats des Facultés de médecine. D’après le Syndicat des médecins du secteur libéral, 300 médecins quittent notre pays chaque année. La plupart d’entre eux choisissent la France ou l’Allemagne puisque ces deux pays ont complètement modifié leur politique de recrutement des médecins étrangers. Cette migration des médecins marocains n’est pas seulement motivée par des raisons financières. En effet, si un médecin touche au début de sa carrière en France de 1.200 à 1.400 euros et 5.000 euros après quelques années d’exercice, il a également droit à un bon climat de travail et à de bonnes conditions pour exercer son métier. Dans les pays à revenus élevés, ces médecins se sentent plus sécurisés en ce qui concerne leur famille et leur avenir professionnel et personnel. 

Hassan Bentaleb
Mercredi 9 Juin 2021

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