Le marathon sous la barre des 2 heures

Lundi 4 Mai 2026

Autres articles
Pour le patron de la Fédération internationale d'athlétisme, Sebastian Coe, le passage sous la barre symbolique des deux heures au marathon le week-end dernier à Londres "a saisi l'imagination du monde entier", s'est-il réjoui dans une interview à l'AFP, balayant les critiques visant la nouvelle génération de chaussures.
 
Le président de World Athletics réagissait vendredi pour la première fois à l'exploit du Kényan Sabastian Sawe, qui a bouclé dimanche en 1 heure, 59 minutes et 30 secondes le marathon de Londres devant l'Ethiopien Yomif Kejelcha (1h59min41s).
 
"Il y a eu un enthousiasme incroyable : je ne pouvais pas allumer la télévision, écouter la radio, ouvrir un journal ou aller sur Internet sans tomber sur des sujets à ce propos", a souligné le double champion olympique du 1.500 m (1980 et 1984).
 
"Et le fait de franchir la barre des deux heures non pas dans une épreuve chorégraphiée, mais lors d'une compétition absolument acharnée a, je pense, saisi l'imagination du monde entier", a-t-il assuré en référence au défi de 2019 à Vienne du Kényan Eliud Kipchoge, aidé par un laser témoin lumineux et des dizaines de lièvres.
 
Il était interrogé par l'AFP sur les répercussions de l'événement, qui semble avoir moins marqué les esprits que le passage de l'Américain Jim Hines sous les 10 secondes sur 100 m en 1968 ou le franchissement par le perchiste ukrainien Sergueï Bubka des 6 mètres en 1985.
 
Le rôle des chaussures à plaque carbone et mousse ultra-légère dans cette performance a-t-il atténué la portée de l'exploit ? "Non, je ne pense pas, a écarté Sebastian Coe. Bien sûr, il y a un équilibre à trouver, et chez World Athletics, nous prenons cette responsabilité très au sérieux."
 
"Je ne pense pas que notre rôle soit d'étouffer l’innovation ; notre rôle est de veiller à ce que l'intégrité de la compétition reste bien équilibrée, et pour l'instant, je pense que c'est le cas", a-t-il plaidé.
 
Si l'amélioration des méthodes d'entraînement, de récupération et de nutrition sont primordiales, les chaussures apparues en 2016 agissent aussi comme des ressorts avec leur lame de carbone intégrée dans leur semelle épaisse.
 
Sawe et Kejelcha portaient tous deux aux pieds un modèle de la marque Adidas, première chaussure sous les 100 grammes (97 g) avec une semelle épaisse de 39 mm.
 
"Nous travaillons en étroite collaboration avec les fabricants de chaussures, les athlètes et les entraîneurs", a expliqué Sebastian Coe.
 
En 2020, World Athletics a fixé l'épaisseur maximale des semelles à 40 mm et a interdit d'y insérer plus d'une plaque d'un autre matériau.

Libé
Lundi 4 Mai 2026
Lu 116 fois
Tags : marathon
Dans la même rubrique :