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Le hooliganisme frappe encore à Casablanca

Nouvelle et violente altercation, lundi soir, dans le quartier de Bernoussi




Le Maroc parviendra-t-il à endiguer la rivalité qui oppose les hooligans casablancais ? Moins d’une semaine après le règlement de comptes sanglant qui a mis en émoi le quartier casablancais de Sbata, opposant des ultras wydadis et rajaouis (voir notre édition du samedi), la question s’impose encore une fois, après une nouvelle et violente altercation dans le quartier de Bernoussi. Altercation qui confirme que, désormais, la violence éclate aussi loin des stades et qui plus est fréquemment.
Nous sommes lundi soir. Deux groupes de hooligans appartenant aux ultras des deux clubs de Casablanca précités se sont affrontés à l’arme blanche. Alertés par un appel au secours via la ligne 19, les éléments du district de sûreté de Bernoussi sont intervenus. Sauf que voilà, leur présence n’a apparemment pas eu l’effet dissuasif escompté. D’après un communiqué émanant de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), les hooligans auraient résisté aux forces de l’ordre et pas qu’un peu. A tel point que, selon la même source, «un fonctionnaire de police a été contraint de faire usage de son arme de service face à un individu qui a sérieusement mis sa vie en danger à l'aide d'une arme blanche, en lui tirant une balle qui a atteint le suspect au niveau de ses membres inférieurs ». Mais pas que. Puisque l’on parle également d’un commissaire qui aurait été blessé. Une blessure légère et sans gravité a priori.
Si les mis en cause ont évidemment été interpellés et les armes et fumigènes utilisés saisis, il n’en reste pas moins que le phénomène va crescendo. Quand bien même ledit communiqué indique que «les opérations sécuritaires sur le terrain sont toujours en cours en vue d'identifier et d'interpeller les autres personnes impliquées dans ces actes», force est de constater le manque de mesures drastiques à même d’endiguer ce fléau. Déjà, il faudrait penser à instaurer la carte d’identité du supporter. Dans ou en dehors du stade, elle permet d’identifier rapidement les fauteurs de troubles. Ensuite, durcir la législation contre les responsables de ces troubles ne serait pas une mauvaise idée, comme c’est le cas en Russie, qui en sait quelque chose.
En effet, dans le Grand Ours, le phénomène des « Fights » entre jeunes hooligans sobres adeptes des sports de combat, a pris une ampleur significative dans ce pays. Des batailles rangées qui ont longtemps eu l’assentiment des forces de sécurité russes. Pourquoi ? Tout simplement car elles préfèrent voir ces groupes de hooligans très organisés se battre entre eux en forêt plutôt que de terroriser des quartiers et leurs habitants.
Toutefois, cette solution n’est pas à privilégier. Elle ne fait que déplacer le problème d’un lieu à l’autre. A vrai dire, la mesure idoine consiste à  sensibiliser et à éduquer les prochaines générations. Sans cela, le hooliganisme se poursuivra. Pis, il se développera avec pour nid, l’escalade de la violence et le fourbe sentiment de vengeance qui animera les uns et les autres à chaque nouvelle altercation, résultant sur un cercle vicieux. Une boucle sans fin.

Chady Chaabi
Mercredi 2 Octobre 2019

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