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Le gouvernement roumain joue sa survie au Parlement




Le gouvernement roumain joue sa survie au Parlement
Le gouvernement social-démocrate roumain jouait son va-tout jeudi au Parlement, menacé par une motion de défiance de l'opposition, qui veut renverser la Première ministre Viorica Dancila, à un mois de la présidentielle.
"Cette motion ne passera pas. L'opposition n'a pas compris qu'elle a besoin d'une équipe et d'un programme" pour faire tomber l’exécutif en fonction, a lancé Mme Dancila devant les deux Chambres réunies du Parlement.
"Notre gouvernement n'a sans doute pas été parfait, mais il a certainement œuvré pour le bénéfice des Roumains", a-t-elle ajouté, accusant la droite de vouloir "revenir aux mesures d'austérité" adoptées à la suite de la crise de 2008.
Sur le papier, l'opposition dispose des 233 voix requises pour faire adopter la motion, mais le suspense perdurera jusqu'au dernier moment, des désistements parmi les frondeurs de la gauche n'étant pas à exclure.
"C'est le dernier jour où nous nous adressons à une Première ministre illégitime, qui a foulé aux pieds les attentes des Roumains d'avancer plus rapidement vers l'Europe", a répliqué une députée d'opposition, Raluca Turcan, dénonçant le "clientélisme" et les "mensonges" proférés par Mme Dancila pour assurer la survie de son équipe. La Première ministre a multiplié les promesses de rallonge budgétaire de dernière minute aux élus locaux, selon ses détracteurs.
Les derniers jours ont aussi donné lieu à un véritable mercato, où des élus susceptibles de changer de bord se sont vu offrir des postes au sein de la fonction publique et des positions éligibles pour les prochaines législatives prévues fin 2020.
Pour empêcher de possibles "trahisons" venues de leurs rangs, les sociaux-démocrates sont présents au débat mais ne participeront pas au vote, a indiqué la Première ministre.
Le résultat du vote est attendu avec impatience à Bruxelles où la première candidate au poste de commissaire roumain a été retoquée par les eurodéputés: la future présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, ne se prononcera pas sur le nouveau candidat roumain proposé par Mme Dancila tant qu'elle ne saura pas si cette dernière reste aux commandes.
Cette motion de défiance pourrait en outre avoir un impact direct sur la présidentielle dont le premier tour est prévu le 10 novembre et auquel Mme Dancila est candidate pour les sociaux-démocrates. Si son gouvernement est renversé, elle risque de voir ses chances d'arriver au second tour se réduire.
En cas de succès de la motion, le président sortant de centre droit Klaus Iohannis, qui semble assuré d'être reconduit pour un second mandat, consultera les différents partis politiques avant de désigner un nouveau Premier ministre.
"Ce gouvernement doit partir. Un nouveau gouvernement qui assurera une transition ordonnée vers les prochaines élections législatives sera formé autour de vous (les Libéraux)", a-t-il lancé mercredi soir, devant plusieurs centaines de membres de cette formation dont il est issu.
En place depuis janvier 2018, l'exécutif de Mme Dancila a été fragilisé par l'échec aux élections européennes de mai, suivi en août par la rupture de la coalition avec son allié centriste ALDE. Mme Dancila dirige depuis lors un gouvernement minoritaire.
Revenus au pouvoir fin 2016, les sociaux-démocrates ont d'abord fait tomber deux gouvernements en l'espace de sept mois: l'homme fort de la gauche Liviu Dragnea, aujourd'hui incarcéré pour corruption, avait estimé que les Premiers ministres qu'il avait lui-même choisis ne lui étaient plus "loyaux".
Minée par des dissensions, l'opposition n'a jusqu'ici pas réussi à s'accorder pour proposer une majorité alternative.
L'ancien ministre Ludovic Orban, chef des Libéraux dont est issu M. Iohannis, est pressenti pour diriger un nouvel exécutif, mais il est loin de faire l'unanimité.
Quelle que soit l'issue du vote, les indicateurs économiques sont inquiétants: le gouvernement - actuel ou futur - devra rédiger le projet de budget 2020, une tâche compliquée par l'explosion des dépenses publiques ces derniers mois.
Malgré de forts taux de croissance ces dernières années, le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde contre le risque d'un dérapage du déficit et appelé Bucarest à renoncer à un doublement des retraites d'ici 2022 comme promis par les sociaux-démocrates.

Vendredi 11 Octobre 2019

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