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Le héros de la guerre d’indépendance est entré en guerre contre l’exploitation par des Chinois de mines de bauxite.
Du haut de ses 98 ans, le général Vo Nguyen Giap mène aujourd’hui la fronde contre les projets gouvernementaux d’exploitation de la bauxite. «Nos dirigeants font une immense erreur», estime le plus grand héros militaire vietnamien. Dans un pays où toute voix dissidente est réprimée, le vainqueur de Dien Bien Phu et de la guerre américaine du Vietnam s’est fendu cette année de trois lettres ouvertes pour critiquer une «aberration nationale et environnementale».
L’objet de sa colère : une concession d’exploitation d’un énorme gisement de bauxite, minerai à partir duquel on fabrique l’aluminium, sur les hauts plateaux du centre du pays, accordée fin 2007 à une filiale du géant chinois Chinalco. La mine devrait produire jusqu’à 1,2 million de tonnes d’aluminium par an, faisant du Vietnam l’un des principaux producteurs au monde. Mais l’exploitation de la bauxite est un casse-tête écologique, car les mines sont à ciel ouvert, et le traitement du minerai produit des boues rouges très toxiques en grande quantité. Si l’affaire de la bauxite enflamme une partie de l’opinion publique, c’est aussi parce qu’elle touche aux relations entre la Chine et le Vietnam. Le souvenir de mille ans de domination chinoise, entretenu par les revendications de Pékin sur les îles Paracel et Spratly, est suffisamment douloureux pour que les Vietnamiens restent constamment sur leurs gardes. Pour Giap, «l’exploitation de la bauxite aura des conséquences critiques sur les plans écologique, social et sécuritaire». Traduire : le déplacement des minorités ethniques et la mainmise chinoise sur une région stratégique du Vietnam.
En sortant de sa retraite, le vieux général est devenu le critique le plus virulent des autorités suprêmes du pays et le point de ralliement des milieux scientifiques et littéraires, des écologistes, des économistes, des blogueurs et des associations catholiques.
Si Giap n’occupe plus de fonction officielle depuis 1991, il est le dernier camarade encore en vie de Ho Chi Minh, père de la nation. L’actuelle classe dirigeante, qui tire sa légitimité des victoires militaires d’antan, montre à son endroit une certaine déférence.
Face aux pressions de Giap, le premier ministre Nguyen Tan Dung, qui avait présenté le projet comme «une politique majeure du parti et de l’État», a été contraint de lâcher du lest et a commandité une étude environnementale. L’universitaire Carl Thayer met dans cette décision «l’espoir que ce genre de coalition puisse à l’avenir influer sur les décisions gouvernementales».
Du haut de ses 98 ans, le général Vo Nguyen Giap mène aujourd’hui la fronde contre les projets gouvernementaux d’exploitation de la bauxite. «Nos dirigeants font une immense erreur», estime le plus grand héros militaire vietnamien. Dans un pays où toute voix dissidente est réprimée, le vainqueur de Dien Bien Phu et de la guerre américaine du Vietnam s’est fendu cette année de trois lettres ouvertes pour critiquer une «aberration nationale et environnementale».
L’objet de sa colère : une concession d’exploitation d’un énorme gisement de bauxite, minerai à partir duquel on fabrique l’aluminium, sur les hauts plateaux du centre du pays, accordée fin 2007 à une filiale du géant chinois Chinalco. La mine devrait produire jusqu’à 1,2 million de tonnes d’aluminium par an, faisant du Vietnam l’un des principaux producteurs au monde. Mais l’exploitation de la bauxite est un casse-tête écologique, car les mines sont à ciel ouvert, et le traitement du minerai produit des boues rouges très toxiques en grande quantité. Si l’affaire de la bauxite enflamme une partie de l’opinion publique, c’est aussi parce qu’elle touche aux relations entre la Chine et le Vietnam. Le souvenir de mille ans de domination chinoise, entretenu par les revendications de Pékin sur les îles Paracel et Spratly, est suffisamment douloureux pour que les Vietnamiens restent constamment sur leurs gardes. Pour Giap, «l’exploitation de la bauxite aura des conséquences critiques sur les plans écologique, social et sécuritaire». Traduire : le déplacement des minorités ethniques et la mainmise chinoise sur une région stratégique du Vietnam.
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Si Giap n’occupe plus de fonction officielle depuis 1991, il est le dernier camarade encore en vie de Ho Chi Minh, père de la nation. L’actuelle classe dirigeante, qui tire sa légitimité des victoires militaires d’antan, montre à son endroit une certaine déférence.
Face aux pressions de Giap, le premier ministre Nguyen Tan Dung, qui avait présenté le projet comme «une politique majeure du parti et de l’État», a été contraint de lâcher du lest et a commandité une étude environnementale. L’universitaire Carl Thayer met dans cette décision «l’espoir que ce genre de coalition puisse à l’avenir influer sur les décisions gouvernementales».