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Le déficit commercial poursuit son creusement

L’aggravation a été de 7,7% à 186,4 milliards de dirhams au terme des onze premiers mois de 2018




En dépit d’une évolution favorable de ses principaux baromètres conjoncturels, reflétant une bonne tenue de l’activité économique nationale, le Maroc peine encore à réduire son déficit commercial.
Selon des chiffres rendus publics récemment par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), le déficit commercial a poursuivi son aggravation de 7,7% pour s’établir à 186,4 milliards de dirhams, alors que la situation des échanges extérieurs a été marquée par une progression conjointe des exportations de 9,7% et des importations de 8,8%. Ce qui, en d’autres termes, traduit une amélioration du taux de couverture de 0,5 point pour ressortir à 57,2%.
« Malgré ce creusement, le taux de couverture des importations par les exportations a affiché une amélioration de 0,5 point, consécutivement à la hausse notable des exportations, impulsée, particulièrement, par la remarquable performance des exportations des secteurs des phosphates et dérivés, de l’automobile et de l’agriculture et agroalimentaire », a relevé ce Département relevant du ministère de l’Economie et des Finances.
Soulignant la dynamique soutenue des exportations, la DEPF a noté qu’à fin novembre 2018, les exportations de biens se sont raffermies de 9,7% pour atteindre plus de 249 milliards de dirhams.
Dans sa dernière note de conjoncture de l’année (N°262 du mois de décembre), la DEPF a indiqué que cette performance a concerné l’ensemble des secteurs, particulièrement l’automobile, les phosphates et dérivés et l’«agriculture et agroalimentaire». Des secteurs qui auraient contribué pour près de 64% dans la hausse totale des exportations.
En détail, il ressort dudit document que les expéditions du groupe OCP ont connu une hausse de 13,2% pour atteindre 45,5 milliards de dirhams à fin novembre 2018, faisant ainsi passer la part de ce secteur dans le total des exportations de 17,7% l’année dernière à 18,3%.
Selon la même source, « hors OCP, les exportations ont profité de la bonne performance des métiers mondiaux du Maroc, en l’occurrence les ventes des secteurs de l’automobile (+10,6% à 59,9 milliards de dirhams), de l’aéronautique (+13,1% à 12,6 milliards) et de l’électronique (+7,8% à 8,9 milliards) ».
En ce qui concerne les exportations du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, il apparaît qu’elles ont fait un bond de 6,3% à 52,1 milliards de dirhams. Une hausse que la Direction explique par l’amélioration des ventes du segment «agriculture, sylviculture et chasse» qui ont progressé de 13,5% à 20,5 milliards de dirhams et celle observée au niveau de l’industrie alimentaire qui a connu une hausse de +1,9% à 29,7 milliards.
S’agissant des exportations du secteur du textile et cuir, elles affichent une augmentation de 4% à 35,8 milliards de dirhams, soit 14,4% des exportations totales. Cette évolution recouvre la hausse des exportations des vêtements confectionnés (+2,5% à 22,3 milliards de dirhams), des articles de bonneterie (+4,5% à 7,4 milliards de dirhams) et de celles des chaussures (+0,9% à 2,8 milliards de dirhams).
Autre progression, celle des exportations du secteur de l’industrie pharmaceutique qui ont atteint 1,1 milliard de dirhams, soit une hausse de 6,3%.
Dans sa note, la DEPF a également fait observer que « la valeur du reste des exportations, soit l’équivalent de 13,3% des exportations totales, s’est accrue de 15,6% ».
Examinant l’évolution des importations des biens, la DEPF a relevé que celles-ci ont enregistré une hausse de 8,8% à fin novembre 2018 pour s’établir à 435,4 milliards de dirhams.
Pour la Direction, cette évolution s’explique par « l’accroissement des acquisitions de tous les groupes de produits, principalement les produits énergétiques, les biens d’équipement et les produits finis de consommation. La hausse des achats de ces trois groupes de produits constitue près des trois quarts de la hausse totale des importations ».
En détail, la DEPF a noté que les approvisionnements en produits énergétiques ont augmenté de 18,4%; les acquisitions de produits alimentaires de 7,7% et les achats de biens d’équipement, qui occupent le premier poste des importations nationales avec une part de 24,7%, de 7,8% suite aux acquisitions des parties d’avions (+49,7%) et de machines et appareils divers (+12,4%) ; les demi-produits de 3,5%, entre autres.
La Direction a noté que la part des achats de biens d’équipement et de demi-produits dans le total des importations a reculé de 1,3 point, soit 45,5% contre 46,8% une année auparavant. Alors que les achats de produits finis de consommation se sont inscrits en hausse de 7,1% à 98,6 milliards de dirhams.
Enfin, les achats de produits bruts ont aussi concouru à l’augmentation des importations globales, avec une hausse de 18,2% à 22,3 milliards de dirhams. Cette hausse a été constatée au niveau des importations de soufres (+739 millions de dirhams) et de l’huile de soja brute ou raffinée (+573 millions de dirhams).
Toujours dans le volet des «Echanges extérieurs», la DEPF a noté qu’à fin novembre 2018, la balance des voyages a affiché une baisse de son excédent de 1,8% à 49,7 milliards de dirhams, due à l’accroissement des recettes de voyages (+0,7% à 67,1 milliards de dirhams) à un rythme inférieur à celui des dépenses (+8,5% à 17,4 milliards).
Pour ce qui est des transferts des MRE, ils se sont « repliés de 1,7% à 59,7 milliards de dirhams. Ces deux facteurs ont, ainsi, permis de couvrir 68% du déficit commercial après 73,6% un an auparavant», a-t-elle indiqué notant que le flux des investissements directs étrangers (IDE) a progressé sur la même période de 16,7% pour s’établir à 31,8 milliards de dirhams. Un résultat qui «s’explique par l’accroissement des recettes (+37,6% ou +11,5 milliards de dirhams) plus important que celui des dépenses (+40,5%)», a-t-elle soutenu.

Alain Bouithy
Mardi 25 Décembre 2018

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