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Le déconfinement s'accélère en Europe

La pandémie a fait au moins 245.576 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine



Le déconfinement s'accélère en Europe
L'Europe, Italie en tête, a franchi lundi une nouvelle étape dans le déconfinement de ses populations mais la plus grande prudence reste de mise face au coronavirus qui a fait près de 250.000 morts dans le monde.
Un vaccin d'ici à la fin de l'année ? En pleine campagne électorale, Donald Trump a voulu faire souffler un vent d'optimisme quant à une fin possible de la pandémie qui paralyse l'économie planétaire.
"Les médecins vont dire: vous ne devriez pas dire cela", mais "nous pensons que nous aurons un vaccin d'ici la fin de cette année", a affirmé le président américain dimanche soir à Fox News depuis le Lincoln Memorial, à Washington.
Des propos immédiatement relativisés par la communauté scientifique. "Je serais ravi si c'était possible d'y parvenir en quelques mois mais je trouve qu'il nous faut rester réaliste, cela peut durer aussi des années", a résumé le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn.
Dans l'espoir de hâter le processus, l'Union européenne devait inviter lundi à Bruxelles à une conférence mondiale de donateurs pour la recherche, avec le soutien des principaux dirigeants européens.
Organisatrice de cette conférence en ligne, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, espère réunir 7,5 milliards d'euros.
C'est avec d'infinies précautions qu'une quinzaine d'Etats européens ont à leur tour entrepris lundi d'alléger les mesures de confinement imposées depuis de longues semaines à leurs habitants.
A commencer par l'Italie, pays le plus frappé du continent avec près de 29.000 morts, où les habitants sont désormais autorisés à sortir, selon des schémas variant selon les régions.
A Rome, Stefano Milano, 40 ans, ne cache pas sa "joie" de regagner un peu de liberté et de pouvoir recevoir un cousin alors que son fils s'apprête à "souffler ses bougies" d'anniversaire. Mais il confie aussi sa "peur" qu'une éventuelle relance de la pandémie n'affecte ses parents âgés.
"L'urgence n'est pas terminée", martèle la ministre de l'Intérieur, Luciana Lamorgese. Pour le quotidien Corriere della Sera, seule la "responsabilité" de la population pourra empêcher une deuxième vague.
Les commerces de détail ainsi que les bars et restaurants restent fermés et les grandes réunions de famille, les rassemblements et les pique-niques restent prohibés.
Du Portugal à la Serbie, de nombreux autres pays ont également allégé lundi leurs mesures de confinement, l'Autriche, pionnière en la matière, se risquant même à une rentrée scolaire partielle, de même que certains Länder allemands.
Les terrasses des cafés et des restaurants ont pu rouvrir en Slovénie et en Hongrie, excepté dans la capitale Budapest. En Pologne, des hôtels, des centres commerciaux, des bibliothèques et certains musées également.
A Lisbonne, "le carnet de rendez-vous est déjà bien rempli", confie Miguel Garcia, propriétaire d'un salon de coiffure.
Hors d'Europe, le Nigeria, la Tunisie ou le Liban ont aussi levé lundi certaines restrictions. A l'inverse, le Japon a prolongé jusqu'à fin mai son état d'urgence sanitaire. Celui-ci n'implique cependant pas de mesures coercitives généralisées.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seule la découverte d'un vaccin ou d'un remède permettra de mettre fin à la pandémie apparue fin 2019 en Chine, et qui affecte l'intégralité de la planète au prix d'une récession sans précédent.
Une centaine de projets de vaccins ont été lancés à travers le monde, dont une dizaine en phase d'essais cliniques, selon des données diffusées par la London School of Hygiene & Tropical Medicine.
D'ici la découverte d'un remède, le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale restent de mise.
Un impératif qui tourne au casse-tête pour les pays qui prévoient de rouvrir les écoles. A l'image de la France, où près de 25.000 morts ont été dénombrés et où cette décision, qui doit prendre effet à partir du 11 mai, suscite la controverse.
Au Canada, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a reconnu ignorer s'il enverrait ses enfants à l'école s'il habitait au Québec, province où une rentrée est également prévue le 11 mai. "Cela va être une décision extrêmement personnelle pour beaucoup de parents", a-t-il reconnu au micro de Radio-Canada.
En Algérie, de nombreux commerces, rouverts la semaine dernière, ont dû fermer à nouveau dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non respect des règles d'hygiène et de la distanciation sociale.
L'Espagne, où le Covid-19 a fait plus de 25.000 morts, a redécouvert samedi les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d'ici la fin juin.
En Allemagne, où la levée des restrictions est déjà bien enclenchée, le ministre des Sports s'est dit favorable à une reprise de la saison de football. Ce qui ferait de l'Allemagne le premier grand championnat européen à franchir ce pas.
La pandémie a fait au moins 245.576 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont plus de 143.000 en Europe.
Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé avec près de 70.000 décès, les deux tiers des 50 Etats ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement, afin de relancer l'économie.
Dans son interview à Fox dimanche, M. Trump a dit tabler sur jusqu'à "100.000" morts au total dans son pays. Sans confinement, ce chiffre aurait pu être de "plus de 2,2" millions de personnes, a-t-il souligné.
L'impact économique de la pandémie, particulièrement dramatique dans les pays pauvres, n'épargne pas les Etats les plus riches.
Aux Etats-Unis, où plus de 30 millions de nouveaux chômeurs ont été recensés, la morosité règne à Broadway, où nul ne sait quand les théâtres pourront rouvrir. "L'humeur générale parmi mes collègues, quant à gagner sa vie en jouant de la musique, n'a jamais été aussi sombre", relève Maxim Moston, violoniste dans la comédie musicale "Moulin Rouge".
 

Mardi 5 Mai 2020

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