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Le chef de Vox conspué à Sebta

L’ASADEDH appelle à la confiscation du passeport de Brahim Ghali pour éviter qu’il n’échappe à la justice



La tentative du leader du parti d’extrême droite espagnole, Vox, Santiago Abascal, de tenir un meeting dans le préside occupé de Sebta a mal tourné. Selon le quotidien espagnol El Pais, un groupe d'environ 300 personnes s'est réuni lundi après-midi sur la Place d’Afrique à Sebta, composé de détracteurs et de sympathisants de ce parti extrémiste, soulignant que cette manifestation a été organisée après que la Cour suprême de justice d'Andalousie (TSJA) a approuvé l'interdiction faite à la délégation du gouvernement de Sebta d’autoriser un meeting que le leader de cette formation politique voulait tenir sur une autre place de la ville occupée, en l’occurrence la place des rois. D’après la même source, ces personnes, qui étaient majoritairement opposées à la présence de Santiago Abascal, ont été dispersées par la force après qu'une cinquantaine d’entre elles ont tenté d'accéder à l'hôtel où ce dernier séjournait. En outre, une personne a été arrêtée par la police lors de cette intervention, plusieurs autres ont été blessées et des véhicules de la police endommagés. Lors de cette manifestation antiVox, les Sebtis ont scandé des slogans hostiles à ce parti d’extrême droite, appelant Santiago Abascal à quitter le préside occupé. Selon Ouest France, «les manifestants ont lancé des pierres, accusant Abascal d’être un «provocateur» alors qu’il tentait de quitter l’hôtel par la porte de derrière, provoquant des affrontements avec la police». D’après RFI, le leader de Vox n’a pas pu tenir son meeting à Sebta, mais il a fait des déclarations à la presse à l’intérieur de l’hôtel. «Santiago Abascal critique l’interdiction de son rassemblement et la contre-manifestation devant son hôtel. Il dénonce l’entrée de 10.000 personnes sur le territoire espagnol, et affirme défendre des frontières sûres et militarisées», a écrit RFI à ce propos. Pour sa part, le leader de Más País, Íñigo Errejón, a critiqué cette visite en pleine crise humanitaire et diplomatique avec le Maroc, dont l’objectif était de «créer des incidents». Dans des déclarations à la presse relayées par Europa Press, il a qualifié Abascal d’«irresponsable», car sa visite au préside occupé «jette de l’huile sur le feu» en pleine crise diplomatique avec Rabat. «Il ne veut pas que le conflit avec le Maroc soit résolu, il ne veut pas que la situation à Sebta soit résolue (…). Ce qu'il veut, c'est que la situation empire parce qu'il est en quête de mauvaises nouvelles», a-t-il martelé. Par ailleurs, l'Association sahraouie pour la défense des droits de l'Homme (ASADEDH) a demandé au juge Santiago Pedraz de retirer le passeport du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, après que son «numéro deux» a déclaré que ce dernier quittera l'Espagne sans comparaître devant le magistrat de la Haute Cour nationale le 1er juin. Dans une lettre qu’elle a adressée lundi au juge Santiago Pedraz, l’ASADEDH, qui a déposé l'une des deux plaintes contre Brahim Ghali, l’a appelé à interdire au chef du Polisario de quitter l'Espagne et à œuvrer pour qu’il comparaisse devant la justice le 1er juin. L'ASADEDH a ainsi réagi aux déclarations du bras droit du chef du Polisario, Salem Lebsir, à Okdiario, dans lesquelles il a prétendu que Brahim Ghali «ne comparaîtra pas devant la justice». 

​Un millier de mineurs …

Environ un millier de migrants mineurs se trouvaient encore lundi dans le préside occupé de Sebta, d'où 7.500 personnes ont été expulsées depuis le début de la semaine dernière, ont indiqué les autorités espagnoles. Ces mineurs non accompagnés errent dans les rues ou sont hébergés dans des centres gérés par les autorités locales, qui doivent étudier chaque cas pour décider du renvoi ou du maintien en Espagne. Un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur a estimé à "autour de mille" le nombre de ces mineurs, rappelant qu'"entre 8.000 et 9.000" migrants étaient entrés dans ce préside dont la population est de 85.000 habitants environ. Quelque 7.500 personnes ont été renvoyées, a-t-il ajouté, mais il n'a pas précisé combien de mineurs étaient déjà repartis vers le reste du territoire marocain. Plusieurs ONG ont rappelé à ce propos que des mineurs ne pouvaient pas être refoulés sans un examen préalable détaillé de leur situation. Amnesty International a ainsi affirmé que certains migrants, dont des mineurs, ont été "battus" par les forces espagnoles et a demandé une enquête sur ces "abus". Pour sa part l'Association marocaine des droits humains a, dans un message publié sur Facebook, relayé par l’AFP, accusé l'Espagne d'avoir refoulé "illégalement" de Sebta 40 réfugiés yéménites, dont un mineur pendant la crise migratoire de la semaine dernière. Cette expulsion, mardi, est "une grave violation des droits de ces migrants, reconnus comme réfugiés par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés", a déclaré lundi à l'AFP Omar Naji, un militant de cette association. 

T. Mourad
Mercredi 26 Mai 2021

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