Autres articles
-
Le Japon consacre l’autonomie sous souveraineté marocaine et compte agir conformément à cette position aux niveaux diplomatique et économique
-
La Zambie réitère son soutien à l’intégrité territoriale du Royaume et salue la résolution 2797
-
Mali : Des camions marocains pris pour cible sur les routes du Sahel
-
Opération Marhaba 2026 : Réunion à Tanger de la commission mixte maroco-espagnole
Il fut un temps où les régimes fabriquaient des voitures, des doctrines ou des rêves collectifs. Le régime algérien, lui, semble avoir choisi une spécialité plus modeste : la production industrielle de tensions diplomatiques. Une activité nationale presque patrimoniale, entretenue avec la régularité d’une horloge soviétique oubliée dans une caserne.
A chaque avancée diplomatique du Maroc sur le dossier du Sahara, le même cérémonial recommence. Et, vas-y que les éditorialistes à la solde d’Alger surgissent des écrans. Les communiqués pleuvent, les accusations s’empilent, et l’on redécouvre soudainement que Rabat serait responsable de tous les maux du continent africain, du réchauffement climatique jusqu’à la mauvaise humeur des marchés pétroliers.
Pendant ce temps-là, le Maroc avance. Discrètement parfois. Brutalement souvent. Le Royaume inaugure des ports, consolide ses partenariats africains, attire des investissements, développe ses infrastructures atlantiques, négocie avec Washington, Madrid, Paris, le Golfe et une partie croissante de l’Afrique subsaharienne. Rabat fait de la géopolitique moderne : logistique, commerce, sécurité, influence économique. Une diplomatie du béton, des câbles sous-marins et des corridors commerciaux.
Alger, de son côté, semble encore persuadée que le monde fonctionne avec des slogans “pravdiens” si l’on ose dire ainsi, des années 70, trois chants révolutionnaires et une télévision publique filmée comme un procès-verbal administratif. Et, le contraste de n’en devenir que plus cruel.
La diplomatie du XXIe siècle contre les réflexes de la guerre froide
Et, dans l’histoire de la caravane qui passe à l’Est de l’Eden, dans les capitales africaines, le Maroc ouvre des banques et des lignes aériennes. Le régime des caporaux, lui, ouvre des débats interminables sur la “décolonisation inachevée”. Rabat parle investissements. Alger parle complots. Rabat parle Atlantique. Alger répond guerre froide.
A croire qu’une partie du pouvoir algérien vit encore dans un musée géopolitique où le mur de Berlin serait toujours debout et où l’Union soviétique respirerait encore entre deux portraits jaunis. Le plus fascinant reste cette obsession presque mystique du Maroc. A Alger, le Royaume semble occuper une place mentale disproportionnée. Une fixation stratégique devenue réflexe pavlovien.
Le Maroc construit une route? Suspicion. Le Maroc signe un accord africain? Menace régionale. Le Maroc ouvre un consulat au Sahara ? Catastrophe cosmique imminente. A ce rythme, si Rabat lance un satellite météo, certains éditorialistes algériens finiront probablement par y voir une tentative “d’encerclement climatique”.
Sahara : le lent glissement diplomatique qui irrite Alger
Pourtant, derrière cette agitation théâtrale, une vérité dérangeante s’installe: la diplomatie algérienne perd du terrain. Lentement, mais visiblement. Le dossier du Sahara en fournit l’illustration la plus douloureuse pour Alger. A chaque jour que Dieu fait, de plus en plus d’Etats adhèrent désormais à la cause du Royaume. Le plan marocain d’autonomie n’en est que plus renforcé, devenu, chemin faisant, comme la seule base réaliste de règlement. Non par romantisme géopolitique, mais par pragmatisme.
Les puissances cherchent de la stabilité, des partenaires fiables et des accès stratégiques vers l’Afrique. Elles regardent la carte, les investissements, les connexions maritimes, les capacités sécuritaires. Et, sur ce terrain, le Maroc n’a de cesse de marquer des points tandis qu’Alger collectionne les indignations.
Ce lent basculement diplomatique explique la nervosité quasi chronique du régime des caporaux, lequel semble désormais réagir au moindre succès marocain avec la sérénité d’un volcan sous caféine. Car, au fond, ce qui angoisse réellement Alger dépasse largement la seule question du Sahara marocain. Le véritable cauchemar stratégique est ailleurs : voir Rabat devenir, progressivement mais sûrement, le nouveau centre d’influence politique, économique et diplomatique du Maghreb. Là réside toute la tragédie du pouvoir algérien.
Pendant des décennies, le régime des séniles s’est perçu — et surtout s’est raconté — comme la puissance tutélaire naturelle de la région, le grand frère révolutionnaire, l’Etat-major continental appelé à dicter le tempo maghrébin et africain. Or voilà que le Maroc, à coups de ports atlantiques, de partenariats africains, d’investissements massifs et d’offensives diplomatiques méthodiques, commence à déplacer le centre de gravité régional vers Rabat.
Une mutation géopolitique que certains clans du pouvoir algérien semblent encaisser avec la délicatesse d’un général découvrant que le défilé militaire se déroule désormais chez le voisin. Humiliant pour le “nif“ car il n’est jamais aisé d’accepter que ce Royaume longtemps observé avec une certaine suffisance devienne progressivement le partenaire recherché des grandes chancelleries, des investisseurs étrangers et des puissances influentes. Le réveil n’en devient que plus brutal.
Surtout lorsque l’on se retrouve, en guise de contre-offensive stratégique, à enchaîner communiqués rageurs, rappels d’ambassadeurs théâtraux et éditoriaux martiaux débités. D'autant plus que cela est teinté d’un enthousiasme poussiéreux d’une cassette idéologique oubliée depuis l’ère des moustaches révolutionnaires et des slogans tiers-mondistes.
A Alger, le problème n’est donc plus seulement territorial. Il devient psychologique, symbolique, presque existentiel : comment continuer à se proclamer “puissance régionale incontournable ”lorsque toute la région commence précisément à contourner l’incontournable personne que l’on se voulait d’être ?
Une puissance régionale paralysée par son obsession marocaine
Le paradoxe est cruel : l’Algérie possède des ressources énergétiques considérables, une profondeur stratégique immense et un poids démographique majeur. Mais, une partie de cette puissance semble continuellement engloutie dans une rivalité obsessionnelle avec le Maroc. L’Etat algérien ayant transformé, en cela, l’anti-marocanisme en politique publique officieuse.
Résultat : le Maghreb demeure l’une des régions les moins intégrées au monde. Frontières fermées, commerce régional famélique, coopération paralysée. Une absurdité économique que même certains experts étrangers peinent à comprendre. Deux peuples voisins, culturellement proches, historiquement liés, géographiquement complémentaires… condamnés par la faute des dirigeants algériens à se regarder comme des adversaires stratégiques permanents.
Le monde accélère, le Maghreb piétine
Et, pendant que les élites maghrébines rejouent sans cesse leur vieux duel poussiéreux, le reste du monde change d’époque. Intelligence artificielle, routes énergétiques, révolution industrielle verte, compétition technologique : la planète accélère. Le Maghreb, lui, reste bloqué dans une querelle où l’un construit des hubs portuaires pendant que l’autre construit des communiqués rageurs.
L’Histoire, parfois, possède un humour particulièrement cruel.
Mohamed Jaouad kanabi
A chaque avancée diplomatique du Maroc sur le dossier du Sahara, le même cérémonial recommence. Et, vas-y que les éditorialistes à la solde d’Alger surgissent des écrans. Les communiqués pleuvent, les accusations s’empilent, et l’on redécouvre soudainement que Rabat serait responsable de tous les maux du continent africain, du réchauffement climatique jusqu’à la mauvaise humeur des marchés pétroliers.
Pendant ce temps-là, le Maroc avance. Discrètement parfois. Brutalement souvent. Le Royaume inaugure des ports, consolide ses partenariats africains, attire des investissements, développe ses infrastructures atlantiques, négocie avec Washington, Madrid, Paris, le Golfe et une partie croissante de l’Afrique subsaharienne. Rabat fait de la géopolitique moderne : logistique, commerce, sécurité, influence économique. Une diplomatie du béton, des câbles sous-marins et des corridors commerciaux.
Alger, de son côté, semble encore persuadée que le monde fonctionne avec des slogans “pravdiens” si l’on ose dire ainsi, des années 70, trois chants révolutionnaires et une télévision publique filmée comme un procès-verbal administratif. Et, le contraste de n’en devenir que plus cruel.
La diplomatie du XXIe siècle contre les réflexes de la guerre froide
Et, dans l’histoire de la caravane qui passe à l’Est de l’Eden, dans les capitales africaines, le Maroc ouvre des banques et des lignes aériennes. Le régime des caporaux, lui, ouvre des débats interminables sur la “décolonisation inachevée”. Rabat parle investissements. Alger parle complots. Rabat parle Atlantique. Alger répond guerre froide.
A croire qu’une partie du pouvoir algérien vit encore dans un musée géopolitique où le mur de Berlin serait toujours debout et où l’Union soviétique respirerait encore entre deux portraits jaunis. Le plus fascinant reste cette obsession presque mystique du Maroc. A Alger, le Royaume semble occuper une place mentale disproportionnée. Une fixation stratégique devenue réflexe pavlovien.
Le Maroc construit une route? Suspicion. Le Maroc signe un accord africain? Menace régionale. Le Maroc ouvre un consulat au Sahara ? Catastrophe cosmique imminente. A ce rythme, si Rabat lance un satellite météo, certains éditorialistes algériens finiront probablement par y voir une tentative “d’encerclement climatique”.
Sahara : le lent glissement diplomatique qui irrite Alger
Pourtant, derrière cette agitation théâtrale, une vérité dérangeante s’installe: la diplomatie algérienne perd du terrain. Lentement, mais visiblement. Le dossier du Sahara en fournit l’illustration la plus douloureuse pour Alger. A chaque jour que Dieu fait, de plus en plus d’Etats adhèrent désormais à la cause du Royaume. Le plan marocain d’autonomie n’en est que plus renforcé, devenu, chemin faisant, comme la seule base réaliste de règlement. Non par romantisme géopolitique, mais par pragmatisme.
Les puissances cherchent de la stabilité, des partenaires fiables et des accès stratégiques vers l’Afrique. Elles regardent la carte, les investissements, les connexions maritimes, les capacités sécuritaires. Et, sur ce terrain, le Maroc n’a de cesse de marquer des points tandis qu’Alger collectionne les indignations.
Ce lent basculement diplomatique explique la nervosité quasi chronique du régime des caporaux, lequel semble désormais réagir au moindre succès marocain avec la sérénité d’un volcan sous caféine. Car, au fond, ce qui angoisse réellement Alger dépasse largement la seule question du Sahara marocain. Le véritable cauchemar stratégique est ailleurs : voir Rabat devenir, progressivement mais sûrement, le nouveau centre d’influence politique, économique et diplomatique du Maghreb. Là réside toute la tragédie du pouvoir algérien.
Pendant des décennies, le régime des séniles s’est perçu — et surtout s’est raconté — comme la puissance tutélaire naturelle de la région, le grand frère révolutionnaire, l’Etat-major continental appelé à dicter le tempo maghrébin et africain. Or voilà que le Maroc, à coups de ports atlantiques, de partenariats africains, d’investissements massifs et d’offensives diplomatiques méthodiques, commence à déplacer le centre de gravité régional vers Rabat.
Une mutation géopolitique que certains clans du pouvoir algérien semblent encaisser avec la délicatesse d’un général découvrant que le défilé militaire se déroule désormais chez le voisin. Humiliant pour le “nif“ car il n’est jamais aisé d’accepter que ce Royaume longtemps observé avec une certaine suffisance devienne progressivement le partenaire recherché des grandes chancelleries, des investisseurs étrangers et des puissances influentes. Le réveil n’en devient que plus brutal.
Surtout lorsque l’on se retrouve, en guise de contre-offensive stratégique, à enchaîner communiqués rageurs, rappels d’ambassadeurs théâtraux et éditoriaux martiaux débités. D'autant plus que cela est teinté d’un enthousiasme poussiéreux d’une cassette idéologique oubliée depuis l’ère des moustaches révolutionnaires et des slogans tiers-mondistes.
A Alger, le problème n’est donc plus seulement territorial. Il devient psychologique, symbolique, presque existentiel : comment continuer à se proclamer “puissance régionale incontournable ”lorsque toute la région commence précisément à contourner l’incontournable personne que l’on se voulait d’être ?
Une puissance régionale paralysée par son obsession marocaine
Le paradoxe est cruel : l’Algérie possède des ressources énergétiques considérables, une profondeur stratégique immense et un poids démographique majeur. Mais, une partie de cette puissance semble continuellement engloutie dans une rivalité obsessionnelle avec le Maroc. L’Etat algérien ayant transformé, en cela, l’anti-marocanisme en politique publique officieuse.
Résultat : le Maghreb demeure l’une des régions les moins intégrées au monde. Frontières fermées, commerce régional famélique, coopération paralysée. Une absurdité économique que même certains experts étrangers peinent à comprendre. Deux peuples voisins, culturellement proches, historiquement liés, géographiquement complémentaires… condamnés par la faute des dirigeants algériens à se regarder comme des adversaires stratégiques permanents.
Le monde accélère, le Maghreb piétine
Et, pendant que les élites maghrébines rejouent sans cesse leur vieux duel poussiéreux, le reste du monde change d’époque. Intelligence artificielle, routes énergétiques, révolution industrielle verte, compétition technologique : la planète accélère. Le Maghreb, lui, reste bloqué dans une querelle où l’un construit des hubs portuaires pendant que l’autre construit des communiqués rageurs.
L’Histoire, parfois, possède un humour particulièrement cruel.
Mohamed Jaouad kanabi