Le Mouvement du 20 février souffle sa première bougie : Emoussé et pourtant si présent


Mohamed Jaouad Kanabi
Mardi 21 Février 2012

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Dimanche, c'est dans une ambiance bon enfant que le Mouvement du 20 février ou plus intimement M20, a soufflé sa première bougie au Maroc. A Casablanca, ville où est censée être mesurée la température, force est de constater que ce nouveau « mouv » de la contestation tout juste arrivé a vu sa popularité quelque peu écorchée. En effet, inutile de rappeler que le M20, chemin faisant et juste après les législatives, a vu quelques-uns de ses sympathisants préférer la tangente, dont notamment ceux d'un tout autre mouvement d'Adl Wal Ihsane.
On a senti le M20, en dépit de ses sit-in et autres manifestations pacifiques décidés dans  la majorité des villes du pays, bien émoussé à tel point que le ministère de l'Intérieur n'annonçait que 150 manifestants dans la capitale économique, ce qui, entre nous, est loin d'être une réalité, les chiffres diffèrent et c'est selon, entre deux mille et trois mille personnes qui ont revendiqué plus de justice sociale. De plus à Casablanca, le M20 avait programmé un sit-in qui devait durer du samedi après-midi à la journée du dimanche jusqu'à 20h30.  
Pas d'incident notable à noter, si ce n'est que la section de Casablanca avait programmé, sous fond musical, des séances de diapos, et exposé des photos relatant une année d'activité voulue glorieuse grâce à un mouvement qui a su déranger la scène politique marocaine au point de devenir le fer de lance d'un changement constitutionnel qui, a priori, ne lui a pas suffi puisqu’il en revendique plus et entre autres, une monarchie parlementaire plus en rapport avec ses doléances.
Dans les autres villes du Royaume et toujours selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, les manifestants n'auraient pas dépassé le millier. Une fois de plus, c'est erroné.  Si à une centaine de manifestants, au plus bas mot, par localité à Ait Ourir,  Errachidia, Casablanca, Taza, Guercif, Missour, Rabat, Khémisset, Tiflet, Tanger, Asila, Tétouan, Larache, Ksar Kebir, M’Diq, Agadir, Lakhssas, Marrakech, Fès, Sefrou, Taounat, Kelaat Sraghna, Khouribga, Zaouiyat Cheikh, Azilal, Tiznit, Bouyzkaren, Guelmim, Tata, Tan Tan, Laâyoune, Kénitra, Sidi Kacem, El Jadida, Meknès, Khénifra, Azrou-Timahdit, Ain Louh, Nador, Oujda, Taourirt, Berkane, Bouarfa, Kassita, Berrechid, Ben Ahmed, El Gara, Khmiss Zmamra, Safi, Sebt Gzoula, El Youssoufia, Ghafsay etc, on n'a pas dépassé le millier de manifestants, c'est un retour aux méthodes des années de plomb que nous propose le ministre de l'Intérieur Mhand Laenser avec ses chiffres. Des images à travers des séquences de télés étrangères témoignent autrement de la chose et de la considération que lui ont porté les  Marocains présents aux manisfestations.
Mais, au-delà de l'éclat de l'événement et aussi peu populaire que nous l'a présenté le ministère concerné, c'est vers Paris,  Montpellier,  Bruxelles, Montréal, Barcelone et bien d'autres villes d'autres pays qu'il faudra désormais regarder car des manifestations pacifiques y ont été prévues à l'occasion de ce premier anniversaire à l'appel des dirigeants locaux du M20. C'est donc un point de pris puisque le relais de la lutte désormais, ailleurs qu'au Royaume, investit d'autres  géographies, ce qui  devrait lui adjoindre de manière plus efficace beaucoup plus d'impact.

Mohamed Jaouad Kanabi
Mardi 21 Février 2012
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