Marocains, nous sommes riches par notre présent, notre passé et notre futur. Nous avons, par bonheur, un passé riche à bien des égards, qui recèle un patrimoine inestimable et enviable. Nous sommes héritiers d’une grande civilisation des signes. Partout où nous allons, nous apercevons des signes et des images à tel point que nous avons l’impression d’être situés au sein d’un tableau de peinture ou d’une mosaïque. Nous avons, du passé, un art immense : la calligraphie ou l’art de former des caractères d’écriture. L’ampleur d’une civilisation se mesure, pour ainsi dire, à sa calligraphie. Les formes d’écriture reflètent la maturité et la créativité d’un peuple. Dans cette optique, il est difficile de ne pas penser à la calligraphie chinoise qui traduit les valeurs civilisationnelles de ce pays, et à toutes les autres civilisations sans exception aucune.
Nous, les Marocains, nous sommes cela. Nous sommes habiles et doués par nature. Certes, face au réel, nous avons une grande lucidité. Nous avons l’ingéniosité du toucher, de la gustation et de la parole. Etre marocain, c’est être doué en langage. C’est savoir adoucir les mots, composer des vers, et tisser des proverbes. En sus, nous sommes créateurs de symboles. La femme marocaine sait bien laisser des empreintes. Elle a cet art. Toute femme qui se maquille, essaie, en fait, de faire apparaître sur son corps, une beauté qu’elle recèle. La femme marocaine, extériorise, non seulement, sa beauté intrinsèque, mais aussi tout un patrimoine.
Le corps féminin marocain est un espace paradisiaque orné par des signes, des tatouages et des symboles. Il est ainsi un espace mémoriel. Il garde et préserve notre mémoire collective. Pour la femme marocaine, le paradis ne se situe pas seulement sous ses pieds, mais aussi dans son corps en entier. Le corps féminin est le lieu de la mémoire tatouée.
Ce corps perpétue la mémoire et lutte contre l’oubli. Le tatouage tracé, artistiquement imprimé sur le menton d’une femme amazighe, par exemple, enivre de beauté et impressionne par sa portée symbolique. Il est difficile de résister à l’effet que l’osmose de ces symboles avec la nudité féminine peut produire.
La dualité du sacré et profane s’estompe au profit de l’art qui embellit la vie et « nous donne un secret : mettre en forme nos noeuds de vie, nos émotions, nos passions. Je crois en l’art comme une fin en soi. Une fin infinie.» (Abdélkebir Khatibi et Ghita El khayat), Correspondance ouverte, Marsam, Rabat, 2005, page 9.
* Doctorant-chercheur à la Faculté des lettres
et sciences humaines de Beni MELLAL.









Programmation inédite pour une 1ère édition tournée vers la nouvelle génération
