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Le Maroc pour une retraite dorée

Destination prisée par les touristes du monde entier, le Royaume possède bien d’atouts pour les retraités français




 En France, comme ailleurs dans le monde, la population mondiale vieillit. La part des adultes et des personnes âgées augmente alors que celle des jeunes diminue. Ce phénomène est lié à la réduction de la taille des familles et à l’allongement de la durée de vie. Ainsi, le son des trompettes et des clairons qui sonne l’heure de la retraite professionnel est de plus en plus fréquent en Hexagone.
Apparu à la faveur du développement de l’industrialisation et du salariat, principalement en Europe, le régime des retraites est à la foi l’épilogue d’une histoire et le début d’une autre. La fin d’une longue carrière professionnelle parsemée de sacrifices de haut, de bas et d’horizon dérobés, et même si battre en retraite et par moments difficile à supporter, c’est souvent le début d’une autre vie de tranquillité et de repos bien mérité. Dans l’optique de se la couler douce, et profiter de sa retraite tout en optimisant ses dépenses, le Maroc est une destination idéale  pour les retraités français. Plusieurs raisons à cela.
Outre la présence d’une large communauté de retraités français estimés à près de 50.000, l’un des atouts majeurs du Maroc est la facilité de contact et de communication. Héritage de la colonisation, la langue française est parlée partout dans le Royaume, ce qui a tendance à faciliter le dialogue et l’échange avec un peuple marocain connu pour sa sociabilité et son accueil chaleureux. Un sens de l’hospitalité magnifié par la richesse de son patrimoine culturel, fruit d’une histoire longue qui a laissé ses traces au travers des nombreux monuments et musées.
Géographiquement, le Maroc n’est pas très loin du fantasme cocotier et sable fin. Entouré par l’Atlantique à l’Ouest et la Méditerranée au Nord, il brille par ses paysages divers et variés. En plus des montagnes du Rif au Nord, il renferme trois chaînes montagneuses. C'est le seul pays du Maghreb à disposer d'une immense chaîne de montagne, l'Atlas, à laquelle s’additionnent les plaines du Centre et le désert au Sud. La chaleur de l’été est adoucie par la brise de mer et par la barrière formée par l’Atlas, où les hivers sont doux et ensoleillés. L’accessibilité ainsi que la proximité géographique avec l’Europe, sont aussi des aspects attrayants.
D’autant plus que plusieurs liaisons avec les principales villes françaises sont assurées par de nombreuses compagnies aériennes low-cost, en moins de 3 heures de vol, à la portée du portefeuille des séniors (une centaine d’Euros A/R en moyenne).
Globalement, le coût de la vie au Maroc est 30 % moins élevé qu’en France. Excepté les produits d’importation, l’électricité et la santé privée qui sont plus chers qu’en Europe, les produits alimentaires, l’essence et les services sont très abordables. D’autant plus que les retraités étrangers jouissent d’une fiscalité avantageuse, à la faveur d’un régime spécial qui réduits leurs impôts directs.
La dualité de toute chose impose quelques réserves quant à la position du Maroc sur l’échiquier des pays d’accueil pour les retraités expatriés français.
A commencer par un accès risqué au foncier et à l’immobilier. L’acquisition d’un bien immobilier au Maroc s’apparente à un chemin de croix. L’achat des biens immobiliers neufs sur plan est mal encadré alors que dans l’ancien, il est impératif de n’acheter un bien immobilier que s’il est inscrit à la Conservation foncière.
Autres points noirs, la circulation automobile est dangereuse. Hors des autoroutes, la vigilance est de mise, principalement la nuit, à cause du mauvais état des routes nationales et secondaires. Le système de santé laisse aussi à désirer. La compétence des médecins est souvent dévalorisée par le secteur public déficient.
Et si le retraité n’adhère pas à la caisse des Français de l’étranger, le prix dans les cliniques privées devient quasi inabordable. Des griefs amplifiés par l’hostilité des administrations et des fonctionnaires à l’égard des résidents étrangers, une application des règlements aléatoires, ainsi qu’un système financier singularisé par un contrôle des changes réducteur de liberté, notamment une devise locale qui n’est pas convertible à souhait.
Pays des extrêmes et l’un des rares où l'on peut voir des palmiers sur fond de neige, le Maroc est cependant talonné par des pays en pleine expansion tels Madagascar, la Thaïlande ou le Brésil qui, dans dix ans, risquent de le rattraper.

Chady Chaabi
Samedi 14 Octobre 2017

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