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Le Maroc au service de l’Afrique


Libé
Vendredi 1 Juillet 2022

Notre pays fait ces derniers jours l’objet d’une campagne hostile et injuste -qui semble être préméditée- des suites de l’événement douloureux survenu au poste-frontière du préside occupé de Mellilia. En fait, en tirant les conclusions qui s’imposent eu égard au contexte explosif que traverse la région, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger, étant au début du mois de juillet sur cette coïncidence incompréhensible qui fait que cette période estivale soit toujours le rendez-vous annuel de campagnes systématiquement orchestrées visant notre pays.

De prime abord, du fait de notre engagement humanitaire, nous présentons nos sincères condoléances aux familles de tous ceux qui ont quitté ce monde de souffrances de par les bousculades et l’escalade des barbelés dressés audit poste-frontières tout en implorant le Tout Puissant de les couvrir de sa grande miséricorde et en souhaitant prompt rétablissement à ceux qui sont admis aux soins dans les hôpitaux marocains parmi les migrants irréguliers et les membres des forces publiques marocaines qui ne faisaient que s’acquitter de leurs responsabilités professionnelles.

De même, nos obligations quant aux droits de l’Homme nous incitent à rechercher et examiner les raisons profondes derrière les drames occasionnés par la migration irrégulière, raisons que le Maroc ne cesse d’évoquer notamment à travers de nombreux discours Royaux concordants ou lors de forums tenus au Maroc ou organisés par ses soins, à l’issue desquels ont été émises des déclarations se rapportant à la nécessité de favoriser des conditions de sécurité de la migration et de veiller sur le respect des migrants irréguliers.
Notre attachement au respect des droits de l’Homme nous incite à rechercher et à examiner les raisons profondes des drames occasionnés par la migration irrégulière
Il va sans dire que la première responsabilité de la situation du continent africain revient  aux pays de l’Union européenne du fait des politiques drastiques et sévères quant à la migration qui s’avèrent contraignantes et limitant foncièrement les droits des individus à la circulation et à la vie digne chaque fois que s’opère une progression de l’extrême droite qui infiltre d’ores et déjà même les forces de droite modérée ou centriste mais aussi hélas une partie de la gauche.

Par ailleurs, certains pays de notre continent sont également responsables de cet état de faits d’autant qu’ils sont impliqués dans les malencontreux processus de balkanisation, d’exaspération des conflits et d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, ce qui fait des espaces territoriaux frontaliers des foyers d’implosion de bandes criminelles transnationales et transcontinentales, de vendeurs d’armes et de mafias de traite humaine. Par conséquent, il est nécessaire d’établir une conception globale à même de jeter la lumière sur qui est advenu au passage de Mellilia.

D’autre part, en nous focalisant sur notre pays, nous sommes amenés à nous interroger sur la facture que nous inflige notre choix de l’approche des droits de l’Homme dans notre traitement de la problématique de la migration irrégulière.
Le Maroc n’a jamais été un Etat inconstant en dépit de la recrudescence des provocations venues d’ailleurs
C’est qu’en évoquant cette approche, il ne s’agit point d’une vision relativiste ou romantique mais d’une démarche qui prend en considération les contraintes de souveraineté et de sécurité et les engagements du Maroc en vertu du droit international, notre pays n’ayant jamais été un Etat impulsif et ne pouvant jamais l’être en dépit de la multiplication des provocations venues d’ailleurs.

En effet, malgré nos possibilités modestes en comparaison avec de nombreux autres pays et en dépit des de la conjoncture difficile que traverse l’économie mondiale du fait des crises récurrentes qui impactent lourdement les économies des pays émergents, notre pays a choisi la voie de l’assimilation et l’intégration de la migration irrégulière et s’est distingué en tant qu’Etat avant-gardiste au niveau continental mais aussi régional en accordant aux migrants irréguliers venus d’Afrique subsaharienne ou de régions, foyers de tension telles que le Yémen ou la Syrie, les documents leur favorisant la résidence légale au Maroc, ce qui a facilité l’accès de plusieurs personnes et familles aux services de santé, d’éducation, d’emploi et de déplacements dans des conditions préservant leur dignité humaine.

Le Maroc, en raison de sa position stratégique, sa proximité avec l’Europe et les Iles Canaries, se présente comme la destination favorite de ceux qui recourent à la migration irrégulière et qui décident de se libérer de la pauvreté, la famine et les conflits armés et compte tenu de ses longues frontières avec la Mauritanie et l’Algérie, ce dernier pays qui ne surveille nullement ses frontières et préfèrent sciemment faciliter les opérations de traversée des migrants vers le Maroc au lieu de les intégrer ou de se charger de les expatrier vers leurs pays d’origine.

Cette situation a, de fait, engendré des problématiques sécuritaires complexes, d’autant plus que les migrants sont généralement des otages entre les mains des mafias de traite humaine, de contrebande ou de crime organisé.

Néanmoins, le Maroc n’a  jamais modifié ses politiques migratoires mais a continué de privilégier la voie du respect des droits de l’Homme et du traitement humanitaire de cette problématique comme en témoigne la communauté internationale. D’ailleurs, il n’a pas été superflu que l’ONU l’ait sélectionné pour abriter un congrès international autour de la migration sûre, ordonnée et régulière.
Notre pays a choisi la voie de l’assimilation et de l’intégration de la migration irrégulière et s’est distingué en tant qu’Etat avant-gardiste aussi bien au niveau continental que régional
D’aucuns mettent en cause le Maroc concernant le décès de 23 migrants clandestins, décès par ailleurs provoqués par la bousculade et les tentatives d’escalade des barbelés montés par les autorités espagnoles sans aucun concours de la partie marocaine. Et toute investigation ou enquête conclura que les décès n’ont jamais été conséquents de l’intervention des forces publiques qui visait à disloquer les foules qui s’activaient illégalement et anarchiquement en direction de barrières frontalières que l’on ne peut franchir normalement qu’après avoir accompli des formalités juridiques et réglementaires bien définies.

Ces accusations font tout de même fi de données statistiques très révélatrices, à savoir notamment que le Maroc est parvenu au cours de l’an 2021 à secourir plus de 10.000 migrants irréguliers en plein milieu de la mer méditerranéenne et de l’Océan atlantique, en usant de ses propres moyens humains et matériels sans parler de l’avortement  d’innombrables tentatives de navigation vers l’incertain ni du combat mené contre les réseaux mafieux qui s’y adonnent et dont le nombre dépasse le millier cette année.

Cet immense effort est largement suffisant pour que les adeptes des comparaisons irrationnelles soient au fait de tout ce qu’entreprend le Maroc pour la protection juridique, sécuritaire, sanitaire et sociale des migrants contrairement aux pratiques de ceux qui l’accusent fallacieusement, Etats, organisations et individus dont les manœuvres sont désormais pleinement démasquées.

Quant au malheureux événement dudit poste frontalier, il soulève des questionnements auxquels nous laissons le soin de répondre aux observateurs dotés d’un esprit de sagesse …
- Une question quant au contexte : Qu’est-ce qui justifie l’arrêt des offensives collectives avant la décrispation des relations maroco-espagnoles et la reprise brutale au lendemain du lancement d’un processus prometteur de consolidation de ces rapports ?
L’on pourrait aisément déceler la présence d’une alliance d’intérêts maléfique entre un Etat voisin pernicieux et des mafias de traite humaine
- Une question quant aux projections : Des offensives ont été effectuées lors des années précédentes avec des effectifs  dépassant les cinq mille mais le bilan n’a jamais été aussi désastreux. Alors quelles sont les mains invisibles derrière ce dernier événement qui l’ont planifié de sorte qu’il soit marqué par autant de violence, même avant d’atteindre les barrières de séparation ?
- Une question quant à l’acheminement :
La majorité des personnes décédées ou blessées et de celles interpellées sont d’origine soudanaise ou tchadienne ou encore provenant du Yémen ou d’autres nationalités n’ayant aucun lien frontalier avec le Maroc et ne pouvant atteindre notre territoire qu’après avoir traversé de nombreux pays.

D’aucuns diront que c’est un constat anodin or d’habitude, la plupart des migrants subsahariens venaient précédemment de pays comme le Sénégal, le Cameroun, le Niger (ouest de l’Afrique) dont l’itinéraire migratoire vers le Maroc était connu et bien défini. En revanche, dans le contexte actuel, ce sont des personnes empruntant usuellement l’itinéraire de l’Est et se dirigeant dans leur quasi-totalité vers l’Italie, la Turquie ou la Grèce. Mais alors, qui a dévié leur direction vers le Maroc ?

L’on pourrait prendre en compte les conditions de pays vulnérables quant à la sécurisation de leurs frontières, en l’occurrence, la Libye à titre d’exemple mais l’on ne pourrait aisément admettre que ces grandes masses puissent choisir de traverser l’Algérie pour arriver au Maroc.

Par ailleurs, comment justifier l’affluence de grandes proportions de migrants originaires de la région du Darfour soudanais bien qu’ils disposent d’accès beaucoup plus aisé et qu’ils jouissent de traitements sélectifs positifs eu égard aux conditions qu’ils subissent, conditions apparentées aux crimes de génocide ayant été instruites par la Cour pénale internationale ? Qu’est-ce qui motive, en somme leur recours à des itinéraires aussi périlleux et incertains?
En fait, c’est dans ces vérités développées à travers ces interrogations que l’on pourrait déceler la présence d’une alliance maléfique d’intérêt entre un Etat pernicieux et des mafias de traite humaine.

De même qu’au milieu des données que nous avons exposées, relatives aux efforts consentis par le Maroc pour la protection des migrants s’avère une réalité incontestable : le Maroc est bel et bien le gendarme de l’Afrique et le gardien de ses frontières.

Le Maroc au service de l’Afrique


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