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Né à Khamlia, Mahmoudi a misé, depuis son jeune âge déjà, sur l’art en tant que profession. Il n’a
jamais rien fait d’autre. C’est l’un des artistes qui exposent plutôt à
l’étranger. Sa vie de couple avec l’artiste peintre
française Johana l’a beaucoup aidé dans la
découverte d’autres horizons artistiques
et imaginaires. Entretien.
Libé : Quels étaient vos débuts en tant qu’artiste ?
Lahcen Mahmoudi : J’ai toujours rêvé d’évoluer dans un milieu artistique parce que je voulais faire quelque chose que j’aime. Je suis de nature optimiste, je n’ai donc jamais douté. J’ai toujours essayé d’avancer en me servant de ma palette comme navire et en ramant avec mes pinceaux.
Etre artiste n’est pas un métier facile mais c’est celui que je voulais faire ; alors j’ai serré mes baskets et j’ai foncé. J’ai toujours aimé visiter les expositions d’autres artistes et je me suis beaucoup documenté sur l’histoire de l’art pour enrichir mes connaissances. C’est à ce moment-là que j’ai découvert plus particulièrement le travail de Cézanne qui m’a beaucoup touché et qui est devenu en quelque sorte mon maître spirituel. Je rêvais de marcher sur ses traces à Aix-en-Provence (France) et de regarder la montagne Sainte-Victoire qu’il a tant peinte. J’ai eu de la chance de réaliser ce rêve l’année dernière. Un grand moment pour moi qui m’a donné encore plus envie de créer.
Pourquoi le choix de la culture gnaouie dans vos toiles?
La culture gnaouie fait partie de ma vie, puisque ce sont aussi mes origines par ma mère. C’est une histoire qui coule dans mes veines et le fait de l’exprimer dans ma peinture me permet de partager ces traditions riches avec les gens pour qu’elles ne se perdent pas.
J’ai grandi à Khamlia, un des berceaux des Gnaoua ; je suis imprégné par cette culture et le son des tambours et des crotales que j’entendais déjà dans le ventre de ma mère. J’aime la musique gnaoua et lorsque je peins, c’est comme si j’entrais dans une sorte de transe ou chaque trait et chaque couleur expriment le rythme du tambour et ses vibrations.
Dans quelle mesure avez-vous été influencé par Johanna votre femme (artiste peintre également)?
Johanna m’a aidé à trouver mon propre style. J’avais très envie de faire de la peinture abstraite mais techniquement et mentalement, je n’osais pas me lancer. J’étais comme une bouteille pleine de bulles et Johanna a ouvert le bouchon. Ces bulles se sont transformées sur la toile en couleurs, mouvements et symboles.
La différence aussi, c’est qu’avec Johanna, nous avançons en parallèle. Nous avons chacun sa carrière et son style de peinture mais nous sommes tous deux dans l’échange et le partage continus.
Cela fait quoi de vivre près d’une galerie d’art naturelle (Merzouga) et artistique (votre galerie) ?
En fait, je suis né dans cette galerie d’art naturelle qui est, c’est vrai, une exposition permanente, ouverte 24h/24 et je pense que c’est ce qui a fait naître mes envies artistiques.
Mon rêve était de créer un espace artistique au milieu de cet environnement pour que l’Art et la nature ne fassent plus qu’un et soient indissociables l’un de l’autre.
jamais rien fait d’autre. C’est l’un des artistes qui exposent plutôt à
l’étranger. Sa vie de couple avec l’artiste peintre
française Johana l’a beaucoup aidé dans la
découverte d’autres horizons artistiques
et imaginaires. Entretien.
Libé : Quels étaient vos débuts en tant qu’artiste ?
Lahcen Mahmoudi : J’ai toujours rêvé d’évoluer dans un milieu artistique parce que je voulais faire quelque chose que j’aime. Je suis de nature optimiste, je n’ai donc jamais douté. J’ai toujours essayé d’avancer en me servant de ma palette comme navire et en ramant avec mes pinceaux.
Etre artiste n’est pas un métier facile mais c’est celui que je voulais faire ; alors j’ai serré mes baskets et j’ai foncé. J’ai toujours aimé visiter les expositions d’autres artistes et je me suis beaucoup documenté sur l’histoire de l’art pour enrichir mes connaissances. C’est à ce moment-là que j’ai découvert plus particulièrement le travail de Cézanne qui m’a beaucoup touché et qui est devenu en quelque sorte mon maître spirituel. Je rêvais de marcher sur ses traces à Aix-en-Provence (France) et de regarder la montagne Sainte-Victoire qu’il a tant peinte. J’ai eu de la chance de réaliser ce rêve l’année dernière. Un grand moment pour moi qui m’a donné encore plus envie de créer.
Pourquoi le choix de la culture gnaouie dans vos toiles?
La culture gnaouie fait partie de ma vie, puisque ce sont aussi mes origines par ma mère. C’est une histoire qui coule dans mes veines et le fait de l’exprimer dans ma peinture me permet de partager ces traditions riches avec les gens pour qu’elles ne se perdent pas.
J’ai grandi à Khamlia, un des berceaux des Gnaoua ; je suis imprégné par cette culture et le son des tambours et des crotales que j’entendais déjà dans le ventre de ma mère. J’aime la musique gnaoua et lorsque je peins, c’est comme si j’entrais dans une sorte de transe ou chaque trait et chaque couleur expriment le rythme du tambour et ses vibrations.
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