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La région MENA devrait enregistrer cette année le taux de croissance le plus rapide des six dernières années


Alain Bouithy
Mardi 19 Avril 2022

Le PIB progressera de 5,2% d’ici à la fin de 2022, selon la Banque mondiale

La région MENA devrait enregistrer cette année le taux de croissance le plus rapide des six dernières années
Le PIB des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait progresser de 5,2% d’ici la fin de l’année 2022, selon les récentes prévisions de la Banque mondiale.

Grâce à la manne des prix dont bénéficient les pays exportateurs de pétrole de la région, le taux de croissance devrait être le plus rapide depuis 2016, a indiqué l’institution internationale dans son dernier bulletin d’information économique pour la région MENA.

Dans ce document, intitulé « Confrontation avec la réalité : prévisions de croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en période d’incertitude», la Banque mondiale a cependant estimé que le PIB par habitant (l’indicateur du niveau de vie des populations) dépassera à peine les taux d’avant la pandémie en raison de performances généralement médiocres en 2020 et 2021.

Stimulé par la hausse des prix du pétrole, le PIB par habitant dans les pays du Conseil de coopération du Golfe devrait augmenter de 4,5% en 2022,sans toutefois retrouver son niveau d’avant la pandémie avant 2023, a-t-elle indiqué.

Toujours selon les prévisions de l’organisme international, le PIB par habitant des pays exportateurs de pétrole à revenu intermédiaire devrait en revanche augmenter cette année «de 3%, et de 2,4% pour les pays importateurs de pétrole de la région, ce qui ne suffira pas à ramener les conditions de vie des populations à ce qu’elles étaient avant la pandémie».

Si ces prévisions se réalisent, la Banque mondiale s’attend à ce que 11 des 17 pays de la région MENA ne retrouvent leur niveau d’avant la pandémie qu’avant la fin de 2022.

A propos du taux de croissance annoncé à 5,2%, la Banque mondiale a toutefois fait état, dans son analyse, d’une incertitude accrue entourant cette prévision en raison de la guerre en Ukraine et de la menace continue que représentent les variants de la Covid-19.
L’organisme international dit ainsi s’attendre à « une reprise inégale, les moyennes régionales masquant de grandes différences ».

Dans son analyse, l’institution financière a prévu que les pays producteurs de pétrole bénéficieront de la hausse des prix du pétrole et des taux de vaccination alors que les pays fragiles sont à la traîne.

La Banque mondiale a cependant ajouté qu’elle s’attend à ce que « le resserrement de la politique monétaire mondiale, l’imprévisibilité de l’évolution de la pandémie, les perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement et les hausses des prix des produits alimentaires augmentent les risques d’inflation pour l’ensemble de la région ».

«Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines », a ainsi prévenu le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, Ferid Belhaj, persuadé que « les variants de la Covid-19 restent une menace ».

Sur l’incertitude liée à la pandémie, notons que seul un tiers des pays à revenu intermédiaire de la région MENA ont des taux de vaccination plus élevés que d’autres pays de niveau de revenu comparable.

Selon la Banque mondiale, « en date du 4 avril 2022, avec une moyenne de 75,7%, les pays du Golfe - à l’exception d’Oman qui affiche un taux de vaccination de 57,8% - font nettement mieux que les autres pays dans la même catégorie de revenu ».

En revanche, des pays comme l’Algérie et l’Irak n’ont vacciné qu’environ 13 à 17% de leur population, tandis que le Yémen et la Syrie présentent pour leur part « des taux de vaccination à un chiffre, les laissant ainsi plus exposés aux conséquences économiques et sanitaires de la pandémie de Covid-19 dans un futur proche ».

Mais ce n’est pas tout. Selon le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, « les risques sont (aussi) exacerbés par la guerre en Ukraine, notamment pour les personnes pauvres qui subissent de plein fouet la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ».

Ferid Belhaj estime ainsi qu’« en ces temps d’incertitude, nous devons faire preuve de réalisme quant aux perspectives de croissance de la région. Pour le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, « gérer cette vague d’incertitude est un défi majeur pour les décideurs, et la Banque mondiale est déterminée à travailler avec les gouvernements de la région MENA en cette période de risques aggravés».

Alain Bouithy


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