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La jaunisse fusarienne du bananier menace le fruit le plus vendu au monde

Une nouvelle souche risque de décimer l’ensemble de la production mondiale de bananes, selon la FAO




 La menace est à prendre au sérieux. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, (FAO), les bananes du monde entier seraient menacées par une nouvelle souche de jaunisse fusarienne, Tropical Race 4 (TR4).
Selon la FAO, la jaunisse fusarienne est une maladie insidieuse qui peut rester pendant plusieurs années dans les sols et se propager vers d’autres champs de diverses manières, à savoir par le biais de matériel de plantation infecté, par l’eau, les chaussures, les outils ou encore les véhicules agricoles.
A en croire l’agence onusienne, sa diffusion risque de décimer l’ensemble de la production mondiale du fruit le plus vendu au monde entraînant de graves conséquences.
En plus de provoquer d’importantes pertes commerciales, les conséquences de sa diffusion à travers le monde « auraient des répercussions sur les moyens d’existence de 400 millions de personnes qui dépendent du fruit le plus exporté au monde pour se nourrir ou encore pour tirer leurs revenus », a prévenu l’organisation.
Comme l’a souligné Pascale Liu, coordinatrice du Forum mondial de la banane,  «la maladie représente également une vive source d’inquiétude pour l’industrie et le commerce qui tournent autour de ce fruit».
D’où l’urgence de contenir cette nouvelle souche et d’«agir vite afin d’éviter sa progression et soutenir les pays déjà affectés dans leurs efforts visant à faire face à la maladie », a estimé Hans Dreyer, directeur de la Division de la production et de la protection des plantes à la FAO.
C’est dans cette perspective qu’une campagne mondiale a été lancée tout dernièrement par la FAO et ses partenaires, Bioversity International, l’Institut international de l’agriculture tropicale et le Forum mondial de la banane.
Ce programme mondial, qui requiert 98 millions de dollars, cible initialement 67 pays et vise à éviter sa progression, tout en y faisant face, a expliqué la FAO dans un communiqué.
Selon Hans Dreyer, « améliorer la résilience à long terme des systèmes de production de bananes pourra uniquement être fait en continuant la surveillance, en adoptant des stratégies de confinement efficaces, en renforçant les capacités nationales et en améliorant la collaboration internationale en vue de mettre en œuvre des méthodes intégrées de gestion de la maladie».
A propos de collaboration internationale, les scientifiques ont estimé que sans une intervention coordonnée, la maladie pourrait affecter jusqu’à 1,6 million d’hectares de bananes d’ici 2040. Ce qui, à en croire la FAO, correspond à un sixième de l’actuelle production mondiale, dont la valeur est estimée annuellement à 10 milliards de dollars.
Pour Ann Tutwiler, directrice générale de Biodiversity International, qui s’est exprimés à la fois au nom de son organisation et de l’IITA, cette collaboration permettrait surtout de remédier aux « graves lacunes de connaissance en ce qui concerne la biologie et la gestion du champignon ».
Selon la FAO, le programme vise à réduire les zones potentiellement affectées de 60%. Etalé sur cinq ans, il « se base sur des initiatives existantes pour lutter contre la maladie et se focalise sur le renforcement des capacités techniques locales et l’aide au développement de technologies et d’outils fondés sur la science grâce à des recherches sur la biologie et l’épidémiologie du champignon, sur la manière de le détecter, sur sa surveillance, sur la santé des sols, sur le développement de cultivars résistants, mais aussi grâce aux données collectées suites à l’adoption de mesures de confinement ».
S’agissant des zones où la maladie n’est pas présente ou fait surface pour la première fois, l’organisation onusienne a assuré que des mesures visant à inspecter, surveiller et à intervenir rapidement seront appliquées.
« Là où la maladie a déjà fait son apparition, des techniques intégrées et améliorées de gestion de la maladie seront développées en parallèle, tandis que des recherches sur des variétés résistantes au champignon seront menées », a-t-elle précisé.
A signaler que la jaunisse fusarienne TR4 a été détectée pour la première fois en Asie du Sud-Est dans les années 90 et a depuis été identifiée sur 19 sites dans 10 pays, dont le Mozambique en Afrique subsaharienne et d’autres au Proche-Orient et en Asie du Sud, a rappelé l’agence sur son site web officiel.

Alain Bouithy
Jeudi 19 Octobre 2017

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