La grande désillusion


Mohamed BENARBIA
Lundi 30 Janvier 2012

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Dure, dure fut la chute !  L’élimination  d’entrée de jeu de cette 28ème CAN aura d’autant été indigeste que l’on s’était mis à croire que l’on était redevenus les plus forts, même si en vérité, on ne l’a jamais été. On aurait, semble-t-il, cherché à tirer des leçons de tous ces échecs cumulés durant des décennies  pour arriver, vite fait, à une conclusion qui, de l’avis de ces experts inégalés à qui l’on a confié la gestion du football  marocain, voire de tout le sport, était incontestable : le manque de moyens.  Lesquels se résument en manque de pognon. Les millions sont alors sortis de nulle part pour réussir le décollage voulu. On a seulement oublié que si cette donne se vérifiait, les Emirats du pétrole seraient alors imbattables en tout.  Le sultan de Brunei, à lui seul, serait champion, tous sports et toutes catégories confondus.
Trop facile aujourd’hui, de chercher à critiquer l’entraîneur ou les joueurs  sans aller au fond des choses. Ce n’est pas sur le salaire de Gerets qu’il faut bloquer, mais plutôt sur le fait d’avoir confié le Onze national à un bleu.  Cela n’a rien de péjoratif. Eric Gerets n’a jamais entraîné une équipe nationale, comme il n’a jamais pratiqué en Afrique.  Ce serait stupide de le lâcher, maintenant qu’il a été doublement formé dans ce sens.  Même s’il s’agit d’une expérience au goût plutôt amer. Il faut dire qu’à ce niveau-là, on a fait dans la continuité.  N’avait-on pas mis le Onze national entre les mains de quelques techniciens du cru  au palmarès sonnant creux ? Certains analystes improvisés  monopolisent aujourd’hui pages, studios et plateaux pour louer les vertus insoupçonnées de l’entraîneur marocain, oubliant au passage que seule la compétence prime.
Combien nous aurions aimé que quelques entraîneurs de chez nous soient sollicités par de grands footballs, dans le Calcio, la Liga ou en Premier League… !
Il y a pire,  c’est quand ces redresseurs de tort s’en prennent aux joueurs actuels du Onze national, prétendant qu’ils manquent d’abnégation et de combativité contrairement, osent-ils avancer, aux joueurs évoluant en championnat marocain,  oubliant au passage là aussi, qu’avec ces derniers, on n’a même pas été fichu, par deux fois, de nous qualifier aux phases finales de cette trop petite CAN pour joueurs locaux.  
Non,  mais que pensent-ils du niveau du championnat national  où les meilleurs,  quand meilleurs il y a, s’en vont vers le Golfe pour se remplir quelque peu les poches et précipiter par là même leur fin de carrière ?
Et ce professionnalisme  made in Morocco ? Avec un cahier des charges qui a fini par être vidé de toute sa substance, avec une gente footballistique  tellement incapable de s’autogérer qu’elle est toute contente de se voir flanquer de quelqu’un qui n’a rien à voir avec tout ça pour lui montrer  ce qu’il faut faire, ce n’est pas demain la veille.

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Mohamed BENARBIA
Lundi 30 Janvier 2012
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