Leçon d'histoire d'abord, le responsable rappelle que l'évènement cinématographique, depuis sa création en 1951 six ans après la défaite nazie, a toujours voulu assumer un rôle social à travers une programmation éclectique et ouverte au public. «Alors qu'à l'époque beaucoup d'Allemands étaient réfugiés (de la guerre), le festival a été fondé pour bâtir via la culture un peu d'entente au sein de la société et entre les nations», dit-il.
Cette même mission est plus d'actualité que jamais. Et pour que les Allemands côtoient les réfugiés et que ceux-ci sortent de leur pénible quotidien d'attente et d'ennui, un millier de billets de la Berlinale, peut-être plus, seront réservés aux migrants. Une buvette tenue par des réfugiés et vendant de la nourriture du Moyen-Orient sera à la disposition des festivaliers et une collecte sera organisée en faveur d'associations lors du gala d'ouverture de ce festival dont le jury sera présidé par Meryl Streep. «Il est temps que tous se comprennent, fassent preuve de tolérance, s'acceptent les uns les autres et le démontrent via les films qu'on présentera», explique aussi M. Kosslick. «A la Berlinale nous pouvons montrer aux gens combien c'est excitant et harmonieux de passer dix jours en compagnie de migrants, de gens d'autres pays», a-t-il assuré. «Nous avons besoin de nous confronter à la réalité autour de nous et pas seulement de rigoler sur le tapis rouge», insiste M. Kosslick. Pour le critique du quotidien berlinois Tagesspiegel, Jan Schulz-Ojala qui suit la Berlinale depuis 20 ans, le festival arrive au bon moment. «On assiste à un repli par rapport à l'accueil des réfugiés en Allemagne et à une montée des groupes d'extrême-droite», dit-il dit à l'AFP.
«La Berlinale a la possibilité d'aborder le problème avec un angle différent (...) et l'art du cinéma peut aider à lutter contre les réactions fondées sur les préjugés», espère-t-il.










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