Libération






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La Russie lance des manoeuvres militaires au Bélarus en pleine crise ukrainienne


Libé
Jeudi 10 Février 2022

La Russie lance des manoeuvres militaires au Bélarus en pleine crise ukrainienne

Les armées russe et bélarusse ont débuté jeudi des manoeuvres au Bélarus pour dix jours, en pleines tensions russo-occidentales autour de l'Ukraine et alors que se poursuivent les efforts diplomatiques pour désamorcer la crise.


Le déploiement de ces soldats a été dénoncé à Kiev comme un moyen de "pression psychologique" employé par Moscou qui a massé depuis novembre plus de 100.000 soldats aux frontières orientales de l'Ukraine. "Nous pensons que l'accumulation de troupes près de nos frontières constitue un moyen de pression psychologique de la part de nos voisins", a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, cité dans un communiqué.


Pour Paris, "tout nous laisse à penser que c'est un geste d'une grande violence, qui nous préoccupe", a déclaré à la radio publique France Inter le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Il a qualifié les manoeuvres d'"extrêmement massives", observant: "Il y a une accumulation d'exercices très significative, en particulier aux frontières même de l'Ukraine".


La Russie est accusée d'être prête à mener une nouvelle opération militaire contre Kiev, après l'annexion de la Crimée en 2014, des accusations rejetées par le Kremlin qui affirme vouloir assurer sa sécurité face au comportement jugé hostile de Kiev et de l'Otan.


Sur le front diplomatique, le chancelier allemand Olaf Scholz devait recevoir jeudi à Berlin les dirigeants des pays baltes, ex-républiques soviétiques membres de l'Otan. 
Le Premier ministre britannique Boris Johnson qui a annoncé l'envoi de 350 soldats de plus en Pologne dans le cadre d'une mission de l'Otan, va de son côté à Bruxelles où il rencontrera des responsables de l'Otan avant de se rendre à Varsovie, tandis que sa ministre des Affaires étrangères Liz Truss est à Moscou.


Les exercices russo-bélarusses "se déroulent avec l'objectif de se préparer à arrêter et repousser une agression extérieure dans le cadre d'une opération défensive", a assuré le ministère russe de la Défense dans un communiqué.


Selon cette source, les manoeuvres ont lieu jusqu'au 20 février sur cinq terrains militaires, quatre bases aériennes et "différents sites" au Bélarus, notamment dans la région de Brest, frontalière avec l'Ukraine.


Les armées de Minsk et Moscou n'ont pas précisé le nombre de soldats et d'équipements participant à ces manoeuvres, mais les Occidentaux affirment que 30.000 militaires russes ont été déployés au Bélarus dans ce cadre.


Dans un communiqué, l'armée russe a seulement précisé jeudi que des systèmes anti-aériens S-400 avaient été déployés dans la région de Brest.
 Les tensions ont suscité cet hiver un ballet diplomatique entre Moscou et les capitales occidentales pour tenter de désamorcer la crise. Le président français Emmanuel Macron s'est notamment rendu lundi à Moscou, puis mardi à Kiev. 
Il a affirmé avoir reçu du président russe Vladimir Poutine des gages qu'il n'y aurait pas d'"escalade" supplémentaire et l'assurance que les troupes russes actuellement déployées au Bélarus partiront comme prévu une fois les manoeuvres terminées.


Montant à son tour au créneau, la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss est en visite depuis mercredi à Moscou où elle devait s'entretenir jeudi à partir de 08H00 GMT avec son homologue russe Sergueï Lavrov.
 Le chef de la diplomatie polonaise, alliée de Kiev, Zbigniew Rau, est pour sa part en Ukraine jeudi pour des négociations.
 En parallèle, Kiev a annoncé le début de manoeuvres militaires jeudi sur son territoire et son armée se tient en alerte.
 En cas d'attaque russe, les Occidentaux ont menacé Moscou de sanctions économiques majeures qui s'ajouteront à celles prises en 2014 après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée.


Cette annexion a été suivie par le début d'un conflit dans l'est de l'Ukraine entre Kiev et des séparatistes soutenus par la Russie, une guerre qui a fait plus de 14.000 morts en huit ans, selon l'ONU, et se poursuit malgré des accords de paix en 2015.
 La Russie nie chercher à déstabiliser son voisin pro-occidental et jure vouloir se défendre face à l'Otan, que l'Ukraine souhaite rejoindre.


Moscou exige donc la fin de la politique d'élargissement de l'Otan, l'engagement de ne pas déployer d'armes offensives à proximité des frontières russes et le retrait d'infrastructures militaires de l'Alliance sur les frontières de 1997, c'est-à-dire avant que l'organisation n'accueille d'ex-membres du bloc soviétique.


Les Etats-Unis, qui ont dépêché des renforts militaires en Europe de l'Est, ont rejeté ces exigences mais laissé la porte ouverte à des discussions sur d'autres sujets, comme le déploiement de missiles ou des limites réciproques aux exercices militaires.




Lu 713 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Dans la même rubrique :
< >

Actualité | Dossiers du weekend | Spécial élections | Les cancres de la campagne | Libé + Eté | Spécial Eté | Rétrospective 2010 | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif | RETROSPECTIVE 2020 | RETROSPECTIVE ECO 2020 | RETROSPECTIVE USFP 2020 | RETROSPECTIVE SPORT 2020 | RETROSPECTIVE CULTURE 2020 | RETROSPECTIVE SOCIETE 2020 | RETROSPECTIVE MONDE 2020





Flux RSS