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La Roumanie veut donner ou revendre des vaccins faute de candidats



La Roumanie va donner ou revendre des vaccins antiCovid et renoncer à l'achat de plusieurs millions de doses, a annoncé mercredi le ministère de la Santé, alors que la campagne d'immunisation marque le pas, minée par les réticences de la population. "Le gouvernement a adopté une ordonnance d'urgence qui lui permet de revendre des doses de vaccin à des Etats tiers", a déclaré la secrétaire d'Etat Monica Althamer lors d'une conférence de presse. En attendant, ce pays va envoyer une aide humanitaire - 151.000 doses au total - à deux de ses voisins, l'Ukraine et la Serbie, comme il l'a déjà fait pour la Moldavie.

La Roumanie, qui a à ce jour reçu près de 15 millions de doses, va par ailleurs suspendre l'achat de 4,4 millions de doses prévu courant juin dans le cadre de la procédure européenne commune, a précisé à l'AFP un autre responsable du ministère, Andrei Baciu. Le gouvernement libéral de ce pays de 19 millions d'habitants s'était fixé comme objectif de faire vacciner cinq millions de personnes avant début juin. Mais seuls 4,2 millions de Roumains ont à ce jour reçu les deux doses, soit moins d'un quart de la population. Les autorités ont tenté par tous les moyens de motiver la population, organisant notamment des marathons vaccinatoires. Mais l'engouement ayant marqué le début de cette opération en mai, lorsque 100.000 personnes se faisaient immuniser par jour, a graduellement laissé la place à l'apathie, voire à la réticence. Mercredi, seules 32.000 doses ont été administrées. "Il ne faut pas blâmer les Roumains pour cet échec, il était prévisible qu'une campagne populiste d'assouplissement des restrictions (...) ne stimulerait pas la vaccination", a déploré le chercheur en médecine Octavian Jurma sur son compte Facebook.

Le gouvernement avait mis fin à la mi-mai à la plupart des mesures anti-Covid, dont le port du masque à l'extérieur, et autorisé la réouverture graduelle des restaurants et des cinémas. Fortement touché par la troisième vague de la pandémie, au début du printemps, ce pays enregistre actuellement un net recul des contaminations - une centaine par jour seulement - et du nombre de patients en soins intensifs - moins de 200 mercredi, contre 1.500 au plus fort de la crise sanitaire. Toutefois "la pandémie n'est pas terminée", a mis en garde mardi le "Monsieur vaccin" du gouvernement Valeriu Gheorghita, rappelant qu'une quatrième vague était toujours possible.

Libé
Jeudi 17 Juin 2021

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