Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La Colombie commémore l'anniversaire de l'accord de paix avec les FARC sur fond de divisions et de violence



La Colombie a commémoré mardi la signature, il y a quatre ans, de l'accord de paix avec la plus ancienne et puissante guérilla du continent américain sur fond de divisions et de regain de la violence. L'anniversaire de ce pacte historique, appuyé par l'ONU et qui a transformé les Farc en parti politique de gauche après plus d'un demi-siècle de rébellion armée, est toutefois passé quasi inaperçu. Ni cérémonie, ni discours. Le gouvernement et les anciens guérilleros s'affrontent plutôt sur la mise en oeuvre de l'accord, négocié pendant quatre ans, rejeté lors d'un référendum, révisé puis signé le 24 novembre 2016 avec l'ex-président prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos. "Au cours de ces quatre années, 242 signataires de la paix ont été assassinés, ce qui fait que le bilan est pour ainsi dire aigre-doux", a déploré sur les réseaux sociaux Carlos Lozada, ex-négociateur des Farc devenu sénateur en application du pacte. La violence, qui seulement cette année se solde par au moins 59 anciens rebelles tués, est la plus grande menace qui plane sur la paix incomplète de ce pays. Bien que la plupart des 13.000 membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont 7.000 combattants, aient déposé les armes, des factions "dissidentes" ont refusé. Ces groupes sans commandement unifié se sont renforcés dans certaines régions par le trafic de drogue et l'extraction minière illégale. "On est passé d'une guerre de « niveau national » à de multiples conflits locaux", selon la fondation Ideas para la Paz, qui a répertorié cette année 76 massacres ayant fait au total 306 morts. La Colombie est entrée dans un nouveau cycle de violence, dont les principales victimes sont d'ex-guérilleros, des défenseurs des droits humains et des leaders communautaires. Les dissidents des FARC, la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) et les gangs de narcotrafiquants, comme le Clan del Golfo, totalisent au moins 7.600 combattants dans 240 des 1.100 municipalités colombiennes, selon l'ONG Paz y Reconciliacion. La violence s'ajoute à la polarisation de la société, la droite la plus opposée à l'accord étant arrivée au pouvoir en 2018 avec la promesse de le modifier, en le jugeant trop laxiste envers les ex-guérilleros. Les tentatives du président Ivan Duque ont été rejetées par le parlement. Mais son parti veut un référendum pour démanteler la justice spéciale de paix, devant laquelle les acteurs du conflit peuvent confesser leurs crimes et obtenir des peines alternatives à la prison s'ils s'engagent à dédommager les victimes. "Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour les FARC indemnisent et répondent aux demandes licites des victimes", a affirmé mardi le Haut commissaire gouvernemental pour la paix, Miguel Ceballos. La guerre qui mine la Colombie depuis les années 1960 et qui a vu s'affronter guérillas, paramilitaires et forces armées, a fait plus de neuf millions de victimes (morts, disparus, déplacés).

Libé
Mercredi 25 Novembre 2020

Lu 574 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.


Flux RSS