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La Banque mondiale table sur une croissance économique nationale de 1,3% en 2022


Alain Bouithy
Jeudi 21 Juillet 2022

La Banque mondiale table sur une croissance économique nationale de 1,3% en 2022
Après une reprise soutenue en 2021, la croissance de l'économie nationale devrait accuser un net ralentissement au terme de l’année 2022, selon la Banque mondiale.

Les experts de l’institution financière internationale constatent que l'économie marocaine marque le pas sous l'effet de la sécheresse et de la hausse des prix des produits de base.
En effet, comme le relève la Banque mondiale dans un récent rapport, « l'économie marocaine a souffert cette année des effets d'une forte sécheresse, du ralentissement de l'économie mondiale et de la hausse des prix mondiaux de l'énergie et des denrées alimentaires ».

Ainsi, « l'économie accusera un net ralentissement en 2022, avec un taux de croissance prévu de 1,3 % en 2022, contre 7,9 % en 2021 », a estimé l’institution de Bretton Woods dans son dernier « Rapport de suivi de la situation économique au Maroc : La reprise économique tourne à sec ».

Les conséquences de la sécheresse, aggravées par la guerre en Ukraine, témoignent de l'exposition du Maroc aux chocs climatiques et aux chocs mondiaux sur les prix des produits de base, selon les experts de la Banque mondiale.

Cette situation est d’autant plus inquiétante que « les épisodes de sécheresse qui se sont enchaînés pendant trois des quatre dernières années rappellent avec force la vulnérabilité de l'économie marocaine à l’irrégularité croissante des niveaux de précipitations », a constaté l’institution.

Pourtant, si les chocs liés à la faiblesse des précipitations ont toujours été un facteur de volatilité macroéconomique au Maroc, la Banque mondiale se souvient que « les sécheresses étaient généralement suivies d’une reprise vigoureuse et n'entravaient pas la croissance robuste et à long terme du produit intérieur brut (PIB) agricole ».

Ce qui n’a pas été le cas cette fois-ci puisque qu’« avec la fréquence accrue de saisons des pluies médiocres, la sécheresse pourrait devenir un défi structurel, impactant sérieusement l'économie à long terme », a-t-on souligné dans ce document qui propose une analyse des effets des sécheresses et de la pénurie d'eau sur la situation macroéconomique du Maroc.

La situation est telle que « le Maroc devra accompagner ses efforts de développement des infrastructures de politiques de gestion de la demande en eau qui encouragent l'utilisation durable, efficace et équitable des ressources hydriques », a estimé la Banque mondiale.

Et, comme le rappelle Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « le Maroc fait partie des pays les plus touchés au monde par le stress hydrique ».

Ce dernier rappelle en outre que « les événements récents ont montré que les solutions techniques ne suffisent plus à protéger l'économie contre les chocs climatiques ».

Pour Jesko Hentschel, il ne fait aucun doute qu’ils « soulignent la nécessité d’adopter des politiques complémentaires, telles que celles décrites dans le nouveau modèle de développement, qui permettraient de tenir compte de la véritable valeur des ressources en eau et d'encourager des usages plus efficients et plus raisonnés ».

Selon ses explications, « ces réformes prévoient notamment de fixer le prix des ressources hydriques devenues plus rares à une valeur idoine, de mettre au point des mécanismes efficaces d'allocation de l'eau, par exemple au moyen d'un système de quotas négociables, et de produire et de publier des données précises et détaillées sur les ressources hydriques et leur utilisation », a-t-il précisé.

Examinant les conséquences de la hausse de l'inflation due à la guerre en Ukraine, le rapport de la Banque mondiale fait un constat : « Même si elle est atténuée par des subventions, l'inflation des prix à la consommation devrait s'accélérer pour atteindre 5,3 % cette année, contre 1,4 % seulement en 2021 ».

Pour l’institution internationale, il faut s’attendre à ce que cette situation érode le pouvoir d'achat des ménages les plus pauvres et les plus vulnérables.

Autre sujet abordé dans son rapport, celui des aides accordées aux agriculteurs et aux consommateurs par le biais de subventions et qui font grimper les dépenses, alors que la hausse des prix mondiaux de l'énergie et des denrées alimentaires et la baisse de la production céréalière nationale font augmenter les besoins en importations.

La Banque mondiale est en conséquence persuadée que « le déficit budgétaire et celui de la balance courante devraient atteindre respectivement 6,4 % et 5,2 % du PIB en 2022, contre 5,6 % et 2,3 % en 2021 ».

Quand bien même cela devrait arriver, elle constate que « ces risques macroéconomiques sont atténués dans un contexte marqué par un niveau confortable de réserves de change, des taux d'intérêt réels intérieurs relativement bas, une structure de la dette publique solide et un bon accès aux marchés financiers internationaux ».

Alain Bouithy 


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