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L’interminable blocage voulu par le ministère de l’Enseignement supérieur


Mourad Tabet
Samedi 25 Juin 2022

Jamal Sebbani déplore que les réformes tant attendues par les enseignants-chercheurs traînent désespérément depuis 2011

L’interminable blocage voulu par le ministère de l’Enseignement supérieur
Le torchon brûle entre le Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNE-Sup) et le ministère de l’Enseignement supérieur qui n’a pas honoré ses engagements. «Au début du mois prochain, et concrètement le 3 juillet, la Commission administrative du SNESup tiendra une réunion pour débattre de la situation et tout indique que cette Commission va préparer une nouvelle escalade contre le gouvernement», a martelé le secrétaire général du SNE-Sup, Jamal Sebbani, dans une déclaration à Libé. Il y a lieu de rappeler que les 7, 8 et 9 juin, le SNE-Sup a organisé dans toutes les universités du Royaume un débrayage national. La cause de ce ras-le-bol des enseignants et du syndicat qui les représente est que la réunion tenue jeudi entre le bureau national du SNE-Sup et le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdellatif Miraoui, qui devait donner satisfaction aux revendications des enseignants-chercheurs, notamment le nouveau statut de ce corps, n’a débouché sur rien de concret. Selon Jamal Sebbani, les réformes tant souhaitées par les enseignants-chercheurs traînent depuis 2011. « Après l’adoption de la nouvelle Constitution en 2011, le ministère de tutelle à l'époque, sous la direction d’Ahmed Akhchichine, avait assuré qu’il était nécessaire de modifier la loi 01-00 portant organisation de l'enseignement supérieur afin de l’harmoniser avec les dispositions constitutionnelles, de mettre en place un nouveau statut du corps des enseignants-chercheurs, et d’entreprendre une réforme pédagogique. Jusqu'à ce jour, aucune de ces trois réformes n'a été accomplie », a déploré le secrétaire général du SNE-Sup. « Les gouvernements du PJD de 2011 jusqu'en 2021 ont été la cause du blocage (concernant la réforme de l’enseignement supérieur, NDLR) car l’unique souci de ces gouvernements était la privatisation de l'enseignement supérieur. Mais nous avons eu une lueur d’espoir à l’avènement du gouvernement actuel et nous souhaitons qu’il rompe avec les comportements passés et commence une nouvelle page. Et cela passe essentiellement par la concrétisation de l’accord d’avril 2021 », nous a affirmé Jamal Sebbani. Et d’ajouter : « Nous avons rencontré le ministre à trois reprises en octobre, février et jeudi dernier, mais le discours était toujours le même. Ainsi la responsabilité incombe exclusivement au gouvernement, parce que c’est le ministre de tutelle qui doit trancher ». Jamal Sebbani a en outre souligné que le SNE-Sup a consenti d’énormes efforts pour que les choses bougent et pour aboutir à une réforme à même de redorer le blason de l’université marocaine et d’améliorer la situation sociale des enseignants-chercheurs. « Nous avons organisé un colloque en 2012 et expliqué au ministère de tutelle ce que nous voulions, et en 2014 nous avons entamé le dialogue avec ce département. De même, en 2015 nous avons présenté un mémorandum contenant nos demandes et propositions les plus importantes. Après des discussions marathons, nous avons conclu un accord en avril 2021, mais, depuis, rien de concret n’a été réalisé», a déploré Jamal Sebbani. A rappeler qu’un communiqué de presse rendu public suite à la réunion du jeudi 23 juin, le bureau national du SNE-Sup a tiré à boulets rouges sur le ministère de tutelle, tout en fustigeant les tergiversations du gouvernement quant l’adoption du nouveau statut, ce qui « porte gravement atteinte à sa crédibilité et à la crédibilité du dialogue social en général, car cela dénote d’un manque de sérieux de la part des responsables gouvernementaux en matière de gestion des affaires publiques, et de leur indifférence à l'égard de la grave crise que connaît le secteur de l'enseignement supérieur et son impact sur les conditions sociales en général ». Et d’ajouter : «Le ministre a réitéré le même discours, par lequel il cherche à hypothéquer l’adoption du nouveau statut du corps des enseignants-chercheurs, et dont le dialogue avait été conclu entre le Syndicat et le ministère depuis mai 2021 suite à l'élaboration du projet de loi réglementant l'enseignement supérieur ». Le bureau national du SNESup a là-dessus relevé que le gouvernement devrait assumer « la responsabilité de ce qui pourrait résulter de l'absence de volonté politique face à la crise de l'enseignement supérieur, de l’exacerbation des tensions dans les universités, du climat de mécontentement et de désespoir dans les milieux des professeurs et des chercheurs ». 


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