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L’intégration des TIC au niveau des entreprises reste incomplète


Alain Bouithy
Mardi 1 Février 2022

Orientation plus favorable vers la numérisation pour les services, selon le HCP

L’intégration des TIC au niveau des entreprises reste incomplète
L’ intégration des nouvelles technologies de l’information n’est pas encore complète au niveau des entreprises marocaines, selon les résultats de deux enquêtes réalisées par le Haut-commissariat au plan (HCP). Dans une note sur la situation de l’intégration des TIC au niveau des entreprises, l’institution publique révèle qu’«elle a été jugée élevée dans la gestion des activités pour 36% des entreprises en 2019, mais encore modeste dans leurs échanges». Après analyse des résultats des deux enquêtes du HCP, il apparaît que « plus de la moitié des entreprises ont jugé faible l’intégration des TIC dans la gestion des ressources humaines, dans leurs échanges avec les administrations publiques, avec les fournisseurs et avec les clients. Ces entreprises étaient principalement jeunes avec un âge de création ne dépassant pas 10 ans». Le Haut-commissariat constate cependant que «les entreprises âgées de plus de 20 ans ont déclaré une intégration plus élevée des TIC dans la gestion de leurs échanges avec les fournisseurs, les clients et les administrations publiques comparativement aux opérations de gestion des ressources humaines ou au développement commercial». Selon la même source, le recours des entreprises aux services externes d’informatique a été également moins fréquent. En effet, «seules 20% des entreprises ont utilisé ce genre de services pour le stockage de leurs informations en 2019, alors que l’hébergement de leurs bases de données n’a été opéré qu’au niveau de 18% d’entre elles», a fait savoir le Haut-commissariat. Dans sa note, le HCP relève par ailleurs que « la part des entreprises qui ont effectué des achats de services informatiques à partir d’un logiciel de gestion financière ou comptable s’est limitée à 26% et n’a pas dépassé 16% pour les logiciels de gestion de la relation- clientèle». Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette situation ne semble pas émouvoir les entreprises puisque 6 d’entre elles sur 7 n’ont pas jugé bon d’effectuer de recrutements en matière de TIC à la veille de la crise de Covid-19. D’après le HCP, elles se sont faiblement dotées de spécialistes en TIC à la veille de la crise de Covid19. Ainsi, durant la période 2016- 2018, une majorité d’entre elles (86%) n’ont pas recruté des spécialistes en TIC. A en croire les 14% des entreprises qui ont déclaré des difficultés de recrutement, « les exigences de salaires élevés, l’instabilité de ces profils dans le poste et le manque de certaines qualifications ont été les principales contraintes à l’embauche en matière de TIC », selon la note. Comme l’a fait remarquer le HCP, les entreprises étaient ainsi peu nombreuses à compter sur leurs propres employés pour développer, adapter ou prendre en charge des solutions informatiques face aux répercussions de la crise de Covid-19. Cependant, il sied de reconnaître que l’usage des TIC s’est intensifié depuis l’enclenchement de la crise sanitaire en 2020, notamment au niveau des administrations publiques qui utilisent de plus en plus des plateformes numériques imposant aux usagers de leurs prestations de s’adapter à la digitalisation de leur process, a affirmé dans sa note le HCP. Selon la même source, «pour les entreprises privées, les motivations d’investissement en TIC en période de post-crise et les stratégies de transformation numériques sont encore très différenciées suivant les branches d’activité». Au niveau des branches industrielles, les entreprises ont prévu de conserver leurs politiques d’investissement axées sur l’équipement en machines en 2021. Les enquêtes du HCP ont par ailleurs révélé que près de 7 entreprises sur 10 n’ont pas créé une page web. Il faut dire que la part des entreprises qui disposaient de leur propre site web n’a pas dépassé 31% en 2019, contre 49% en Turquie, 70% en France et 89% en Allemagne. Selon le Haut-commissariat, «ce retard de numérisation était encore plus important au niveau des entreprises de taille moyenne ou petite qui constituent 93% de l’ensemble des entreprises au Maroc», a-t-il rapporté affirmant que plus de 3 TPME sur 5 ne disposaient ni d’un site web ni d’une page sur les réseaux sociaux. Autres enseignements tirés de ces enquêtes : «l’usage du site web pour le développement commercial des entreprises a été limité : 4 entreprises sur 7 parmi les entreprises qui disposaient d’une page web n’ont pas effectué de commandes ou de paiements en ligne à partir de leur page web», indique-t-on dans cette note. A en croire le Haut-commissariat, les entreprises étaient également moins nombreuses à produire un contenu descriptif dans leur site web, spécifique à leurs clients réguliers, ou à leurs besoins en emplois. Selon l’institution publique, «la confection du site web se limitait principalement à la description de leur activité, notamment au niveau de l’industrie où 78% des entreprises l’utilisaient pour décrire leurs biens et services commercialisés ou pour lister les prix». Soulignons qu’en dépit des observations relevées dans sa note, le HCP a fait état d’une orientation plus favorable vers la numérisation pour les services. «Les entreprises qui opèrent dans les services hors transport et entreposage, plus affectées par les répercussions de la crise sanitaire, ont prévu d’augmenter les parts d’investissement destinées à l’innovation (développement de nouveaux produits) et à la transformation numérique (digitalisation des services internes et externes), pour atteindre 40%, en moyenne, en 2021». Selon le Haut-commissariat, la part prévue pour le changement de l’organisation du travail a été importante, atteignant un maximum de 28% pour les entreprises qui fournissent des services immobiliers.


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