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Pour Abderrahim Chahid, président du groupe parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le bilan du gouvernement 2021-2026 ne se prête pas à une lecture nuancée ou partagée : il se cristallise autour d’un diagnostic sévère, résumé en deux notions clés : incapacité et désengagement. Cette appréciation ne relève pas uniquement d’une posture politique classique d’opposition, mais s’appuie, selon lui, sur une série d’engagements non tenus qui structuraient pourtant le programme gouvernemental.
Au cœur de cette critique se trouve d’abord la question de la performance économique. Le gouvernement, indique-t-il, n’a pas été en mesure d’atteindre les objectifs qu’il s’était lui-même fixés, notamment porter le taux de croissance à 4% ou générer un million de postes d’emploi. Ces insuffisances économiques sont, dans son analyse, indissociables d’un déficit plus large de vision stratégique, affectant également des indicateurs sociaux clés, tels que le taux d’activité des femmes ou la dynamique du marché du travail.
Par ailleurs, Abderrahim Chahid insiste sur les retards accumulés dans la mise en œuvre de réformes structurantes, en particulier celles liées aux grands chantiers de la protection sociale. Malgré leur centralité dans le discours officiel, ces réformes peinent, selon lui, à se traduire concrètement sur le terrain, révélant un écart persistant entre les annonces politiques et leur opérationnalisation effective.
La critique s’étend également aux enjeux d’équité sociale et territoriale. L’incapacité à protéger et à élargir la classe moyenne, conjuguée à l’absence de progrès significatifs dans la réduction des inégalités sociales et spatiales, témoignerait d’un désengagement de l’Etat dans sa fonction redistributive. À cela s’ajoutent les difficultés persistantes dans la réforme du système éducatif, notamment en matière de généralisation de l’enseignement primaire, ainsi que les lenteurs observées dans la mise en œuvre effective des dispositions constitutionnelles relatives à l’amazighité.
Ainsi formulée, la lecture proposée par Abderrahim Chahid ne se limite pas à une critique sectorielle. Elle dessine les contours d’un diagnostic global mettant en cause la capacité de l’action gouvernementale à produire des transformations structurelles, tout en soulevant, en filigrane, la question centrale de la crédibilité des engagements publics et de la confiance entre institutions et citoyens.
Un discours d’autosatisfaction sous tension
Dès les premières lignes de son intervention, Abderrahim Chahid fait une critique qui dépasse la simple opposition politique pour interroger la nature même du récit gouvernemental. «Le bilan présenté ressemble davantage à un exercice de valorisation qu’à une véritable évaluation », affirme-t-il. Derrière cette formule, il pointe une stratégie discursive bien rodée, fondée sur la répétition de mots-clés positifs — «réussite», «courage», «réformes structurantes» — qui visent à produire une image cohérente et maîtrisée de l’action publique.
Mais pour lui, ce cadrage narratif pose problème : il tend à neutraliser toute lecture critique et à invisibiliser les zones d’échec. « Une démocratie mature suppose de reconnaître aussi les limites et les échecs, pas uniquement les réussites », insiste-t-il, suggérant que l’enjeu est non seulement politique, mais aussi institutionnel. Autrement dit, ce qu’il remet en cause, c’est la capacité du système politique à produire un diagnostic lucide sur lui-même.
Des choix économiques qui interrogent
Sur le terrain économique, la critique se fait plus structurelle. Abderrahim Chahid met en évidence une tension centrale dans les politiques publiques actuelles : « On observe une concentration massive des investissements au profit de grands projets, alors que les petites et moyennes entreprises restent marginalisées. »
Cette observation renvoie à un choix implicite de modèle de développement. Pour lui, il ne s’agit pas d’une simple question d’efficacité économique, mais d’une orientation politique lourde de conséquences. «Cela révèle un modèle qui privilégie les grands acteurs, au risque de creuser davantage les inégalités économiques», explique-t-il.
Dans cette perspective, les PME apparaissent comme les grandes oubliées, malgré leur rôle reconnu dans la création d’emplois et la structuration du tissu économique local. Les dispositifs de soutien existent, mais leur portée reste limitée, fragmentée, et souvent insuffisante pour produire un véritable effet de levier.
Pouvoir d’achat : le décalage entre chiffres et vécu
C’est toutefois sur le terrain social que la critique gagne en intensité. Abderrahim Chahid opère ici un déplacement analytique important : «Le véritable indicateur du bilan gouvernemental, ce n’est pas la croissance, c’est le quotidien des citoyens.»
Cette phrase résume une critique classique mais fondamentale des politiques publiques contemporaines : la tendance à privilégier des indicateurs macroéconomiques au détriment de l’expérience vécue. Or, dans un contexte marqué par la hausse des prix, ce décalage devient particulièrement visible.
« On nous parle d’impact positif des réformes, mais les Marocains ressentent une pression croissante sur leur pouvoir d’achat », souligne-t-il. Ce contraste entre discours officiel et perception sociale ne relève pas seulement d’un problème de communication ; il touche à la crédibilité même de l’action publique.
Des engagements en deçà des attentes
Revenant sur les engagements initiaux du gouvernement, Abderrahim Chahid adopte une lecture factuelle, mais critique. «Les promesses en matière de croissance et d’emploi n’ont pas produit les résultats escomptés », ajoute-t-il.
Au-delà des chiffres, il met en lumière une forme de décalage entre ambition affichée et capacité de mise en œuvre. Les politiques sociales, notamment celles liées à la protection sociale, illustrent bien cette tension : «Les chantiers engagés restent importants, mais leur mise en œuvre demeure lente et inégale. »
Cette lenteur interroge non seulement l’efficacité administrative, mais aussi la cohérence globale des politiques publiques.
Une politique sociale à repenser
L’un des apports les plus intéressants de son intervention réside dans la critique des logiques d’assistance. «Le problème n’est pas seulement d’aider, mais de transformer durablement les conditions sociales», estime-t-il.
Autrement dit, la question n’est pas celle du volume des aides mais celle de leur impact structurel. Abderrahim Chahid met en garde contre un effet pervers possible : «Sans traitement structurel, ces dispositifs peuvent maintenir les populations dans une forme de dépendance plutôt que de réduire réellement la précarité. »
Cette analyse s’inscrit dans une critique plus large des politiques sociales contemporaines, souvent accusées de gérer les symptômes sans s’attaquer aux causes profondes des inégalités.
Un déséquilibre institutionnel préoccupant
Au-delà des politiques sectorielles, Abderrahim Chahid élargit son propos à la question du fonctionnement institutionnel. « Le rôle du Parlement doit être renforcé. Il ne peut pas être réduit à une simple chambre d’enregistrement », rappelle-t-il.
Cette critique touche à l’équilibre des pouvoirs et à la qualité du débat démocratique. Elle évoque un déficit de dialogue et une faible prise en compte des initiatives parlementaires, ce qui pose la question de la capacité des institutions à jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir.
Vers une crise de confiance ?
En conclusion, Abderrahim Chahid formule une mise en garde qui dépasse le cadre du bilan gouvernemental pour toucher à la relation entre l’Etat et la société. «Le véritable enjeu aujourd’hui, c’est la confiance», précise-t-il.
Selon lui, le risque est clair : à mesure que l’écart se creuse entre le discours officiel et le vécu des citoyens, la crédibilité des institutions s’érode. Ce phénomène, s’il se confirme, pourrait alimenter une défiance durable.
Dès lors, il appelle à un changement de paradigme : « Il faut passer d’un discours sur les résultats à une politique réellement centrée sur l’impact social et l’équité. »
Une conclusion qui, au-delà de la critique, soulève une interrogation centrale : comment réconcilier performance économique, justice sociale et confiance politique dans un contexte de transformations profondes?
Hassan Bentaleb
Au cœur de cette critique se trouve d’abord la question de la performance économique. Le gouvernement, indique-t-il, n’a pas été en mesure d’atteindre les objectifs qu’il s’était lui-même fixés, notamment porter le taux de croissance à 4% ou générer un million de postes d’emploi. Ces insuffisances économiques sont, dans son analyse, indissociables d’un déficit plus large de vision stratégique, affectant également des indicateurs sociaux clés, tels que le taux d’activité des femmes ou la dynamique du marché du travail.
Par ailleurs, Abderrahim Chahid insiste sur les retards accumulés dans la mise en œuvre de réformes structurantes, en particulier celles liées aux grands chantiers de la protection sociale. Malgré leur centralité dans le discours officiel, ces réformes peinent, selon lui, à se traduire concrètement sur le terrain, révélant un écart persistant entre les annonces politiques et leur opérationnalisation effective.
La critique s’étend également aux enjeux d’équité sociale et territoriale. L’incapacité à protéger et à élargir la classe moyenne, conjuguée à l’absence de progrès significatifs dans la réduction des inégalités sociales et spatiales, témoignerait d’un désengagement de l’Etat dans sa fonction redistributive. À cela s’ajoutent les difficultés persistantes dans la réforme du système éducatif, notamment en matière de généralisation de l’enseignement primaire, ainsi que les lenteurs observées dans la mise en œuvre effective des dispositions constitutionnelles relatives à l’amazighité.
Ainsi formulée, la lecture proposée par Abderrahim Chahid ne se limite pas à une critique sectorielle. Elle dessine les contours d’un diagnostic global mettant en cause la capacité de l’action gouvernementale à produire des transformations structurelles, tout en soulevant, en filigrane, la question centrale de la crédibilité des engagements publics et de la confiance entre institutions et citoyens.
Un discours d’autosatisfaction sous tension
Dès les premières lignes de son intervention, Abderrahim Chahid fait une critique qui dépasse la simple opposition politique pour interroger la nature même du récit gouvernemental. «Le bilan présenté ressemble davantage à un exercice de valorisation qu’à une véritable évaluation », affirme-t-il. Derrière cette formule, il pointe une stratégie discursive bien rodée, fondée sur la répétition de mots-clés positifs — «réussite», «courage», «réformes structurantes» — qui visent à produire une image cohérente et maîtrisée de l’action publique.
Mais pour lui, ce cadrage narratif pose problème : il tend à neutraliser toute lecture critique et à invisibiliser les zones d’échec. « Une démocratie mature suppose de reconnaître aussi les limites et les échecs, pas uniquement les réussites », insiste-t-il, suggérant que l’enjeu est non seulement politique, mais aussi institutionnel. Autrement dit, ce qu’il remet en cause, c’est la capacité du système politique à produire un diagnostic lucide sur lui-même.
Des choix économiques qui interrogent
Sur le terrain économique, la critique se fait plus structurelle. Abderrahim Chahid met en évidence une tension centrale dans les politiques publiques actuelles : « On observe une concentration massive des investissements au profit de grands projets, alors que les petites et moyennes entreprises restent marginalisées. »
Cette observation renvoie à un choix implicite de modèle de développement. Pour lui, il ne s’agit pas d’une simple question d’efficacité économique, mais d’une orientation politique lourde de conséquences. «Cela révèle un modèle qui privilégie les grands acteurs, au risque de creuser davantage les inégalités économiques», explique-t-il.
Dans cette perspective, les PME apparaissent comme les grandes oubliées, malgré leur rôle reconnu dans la création d’emplois et la structuration du tissu économique local. Les dispositifs de soutien existent, mais leur portée reste limitée, fragmentée, et souvent insuffisante pour produire un véritable effet de levier.
Pouvoir d’achat : le décalage entre chiffres et vécu
C’est toutefois sur le terrain social que la critique gagne en intensité. Abderrahim Chahid opère ici un déplacement analytique important : «Le véritable indicateur du bilan gouvernemental, ce n’est pas la croissance, c’est le quotidien des citoyens.»
Cette phrase résume une critique classique mais fondamentale des politiques publiques contemporaines : la tendance à privilégier des indicateurs macroéconomiques au détriment de l’expérience vécue. Or, dans un contexte marqué par la hausse des prix, ce décalage devient particulièrement visible.
« On nous parle d’impact positif des réformes, mais les Marocains ressentent une pression croissante sur leur pouvoir d’achat », souligne-t-il. Ce contraste entre discours officiel et perception sociale ne relève pas seulement d’un problème de communication ; il touche à la crédibilité même de l’action publique.
Des engagements en deçà des attentes
Revenant sur les engagements initiaux du gouvernement, Abderrahim Chahid adopte une lecture factuelle, mais critique. «Les promesses en matière de croissance et d’emploi n’ont pas produit les résultats escomptés », ajoute-t-il.
Au-delà des chiffres, il met en lumière une forme de décalage entre ambition affichée et capacité de mise en œuvre. Les politiques sociales, notamment celles liées à la protection sociale, illustrent bien cette tension : «Les chantiers engagés restent importants, mais leur mise en œuvre demeure lente et inégale. »
Cette lenteur interroge non seulement l’efficacité administrative, mais aussi la cohérence globale des politiques publiques.
Une politique sociale à repenser
L’un des apports les plus intéressants de son intervention réside dans la critique des logiques d’assistance. «Le problème n’est pas seulement d’aider, mais de transformer durablement les conditions sociales», estime-t-il.
Autrement dit, la question n’est pas celle du volume des aides mais celle de leur impact structurel. Abderrahim Chahid met en garde contre un effet pervers possible : «Sans traitement structurel, ces dispositifs peuvent maintenir les populations dans une forme de dépendance plutôt que de réduire réellement la précarité. »
Cette analyse s’inscrit dans une critique plus large des politiques sociales contemporaines, souvent accusées de gérer les symptômes sans s’attaquer aux causes profondes des inégalités.
Un déséquilibre institutionnel préoccupant
Au-delà des politiques sectorielles, Abderrahim Chahid élargit son propos à la question du fonctionnement institutionnel. « Le rôle du Parlement doit être renforcé. Il ne peut pas être réduit à une simple chambre d’enregistrement », rappelle-t-il.
Cette critique touche à l’équilibre des pouvoirs et à la qualité du débat démocratique. Elle évoque un déficit de dialogue et une faible prise en compte des initiatives parlementaires, ce qui pose la question de la capacité des institutions à jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir.
Vers une crise de confiance ?
En conclusion, Abderrahim Chahid formule une mise en garde qui dépasse le cadre du bilan gouvernemental pour toucher à la relation entre l’Etat et la société. «Le véritable enjeu aujourd’hui, c’est la confiance», précise-t-il.
Selon lui, le risque est clair : à mesure que l’écart se creuse entre le discours officiel et le vécu des citoyens, la crédibilité des institutions s’érode. Ce phénomène, s’il se confirme, pourrait alimenter une défiance durable.
Dès lors, il appelle à un changement de paradigme : « Il faut passer d’un discours sur les résultats à une politique réellement centrée sur l’impact social et l’équité. »
Une conclusion qui, au-delà de la critique, soulève une interrogation centrale : comment réconcilier performance économique, justice sociale et confiance politique dans un contexte de transformations profondes?
Hassan Bentaleb