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L'ONU alerte sur les risques de famine en Centrafrique




La Centrafrique, pays en proie à une nouvelle flambée de violences, est confrontée à des risques de famine, a alerté mercredi la coordonnatrice humanitaire de l'ONU en Centrafrique, Najat Rochdi, mettant en garde contre "un scénario catastrophe".
"Si la situation reste la même", si "les gens ne retournent pas vers leurs champs" et si "nous n'avons pas un environnement propice au retour des déplacés afin qu'ils puissent (...) travailler à nouveau leurs champs (...), dans quelques années, nous aurons une famine en République centrafricaine et ce sera un scénario catastrophe", a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse.
"L'alerte est là, on ne parle pas de 10 personnes, on parle de quelques centaines de milliers de personnes", a souligné Mme Rochdi.
Le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a relevé dans un communiqué que la "crise humanitaire continue de se détériorer à un rythme alarmant, marquée par l'augmentation des déplacements forcés, l'insécurité et des contraintes d'accès pour les civils et les travailleurs humanitaires".
Ces trois dernières semaines, plus de 50.000 personnes ont été affectées par les violences dans les villes de Batangafo, dans la préfecture de l'Ouham (nord), et d'Alindao, dans la préfecture de Basse Kottol (centre), et les deux principaux camps de déplacés de ces villes ont été incendiés, selon l'ONU.
La quasi-totalité de la Centrafrique vit sous la coupe de groupes armés. Ce pays de 4,5 millions d'habitants est classé parmi les plus pauvres au monde mais est riche en diamants, or et uranium.
Selon l'ONU, plusieurs régions, notamment dans l'Est et dans le centre, se trouvent déjà en phase 4, appelée phase d'urgence, sur une échelle de 5, le dernier niveau étant celui de la famine.
C'est la première fois que des régions de Centrafrique atteignent le niveau 4 d'insécurité alimentaire, a précisé Mme Rochdi.
"Je tire la sonnette d'alarme non pas pour dire que la famine va arriver demain, mais pour dire qu'il faut absolument que toutes les mesures soient prises pour qu'elle n'arrive pas", a-t-elle souligné.
Alors que le pays est en proie à de nouvelles violences, les besoins humanitaires de la population ne cessent d'augmenter, selon l'ONU.
Environ 2,9 millions de personnes ont besoin d'assistance et de protection, soit 63% de la population. Environ la moitié d'entre elles, soit 1,6 million, ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, a précisé Mme Rochdi.
Le plan de réponse humanitaire 2018 pour la Centrafrique, d'un montant de 515,6 millions de dollars, n'a été financé qu'à hauteur de 240,6 millions, selon l'ONU.
Bien que les besoins augmentent, l'ONU va demander moins de fonds pour 2019, soit 427 millions de dollars, après une meilleure analyse des réels besoins et après avoir mieux défini les besoins prioritaires, a relevé la coordinatrice humanitaire.
Par ailleurs, trois jours de deuil national ont été décrétés en Centrafrique après la mort d'au moins 60 personnes tuées dans des combats la semaine dernière à Alindao (centre) selon un rapport interne de l'ONU.
Ces combats avaient opposé le 15 novembre des milices antibalaka, autoproclamées d'autodéfense, à des combattants du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC). D'autres sources faisaient état mercredi d'un bilan plus élevé, sans qu'il soit possible de le confirmer.
L'église d'Alindao, le couvent et le camp de déplacés de la localité ont été brûlés.
Les personnes touchées par les combats se sont réfugiées au sud de la ville, dans un site aux alentours du village de Datoko, selon le rapport qui souligne que des locaux d'ONG ont été "pillés".
"Nous sommes de retour à la case départ!", a déploré mercredi dans un communiqué Najat Rochdi, la coordonnatrice du bureau des affaires humanitaire de l'ONU (Ocha) en République centrafricaine.

Vendredi 23 Novembre 2018

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