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L’Istiqlal vers un changement de tête




«C’est le congrès qui va trancher». Cette phrase lapidaire lancée par Hamid Chabat lors d’un entretien accordé récemment au quotidien Al Massae, laisse supposer que le secrétaire général actuel du parti de l’Istiqlal ne lâche pas pied et augure que la bataille pour le poste de secrétaire général sera ardue lors du 17ème congrès du parti, prévu pour cette fin de semaine et placé sous le thème «Rénover le pacte pour la nation».
Elle sera ardue et difficile notamment pour Hamid Chabat soumis depuis des mois à des pressions pour qu’il ne se présente pas de nouveau à ce poste qu’il occupe depuis 2012. Pourtant, Chabat ne semble pas céder et envisage de continuer son combat jusqu’au bout. «C’est un déshonneur», a-t-il tancé quand on lui a demandé si son éventuel renoncement au secrétariat général pourrait être considéré comme une sortie pour préserver sa dignité. Il a ensuite martelé en utilisant le jargon des guerriers : «Le soldat qui fuit la guerre est condamné à mort. Je ne suis qu’un soldat du parti de l’Istiqlal».
Même s’il a perdu le soutien de plusieurs dirigeants au sein du parti, Hamid Chabat reste confiant quant à sa capacité à rempiler.
Mais l’annonce officielle par Nizar Baraka lundi dernier de sa candidature pour le poste de secrétaire général du parti de l’Istiqlal complique davantage la tâche de Hamid Chabat d’autant que plusieurs dirigeants du parti semblent appuyer Nizar Baraka, président actuel du Conseil économique, social et environnemental, dans cette bataille. En effet, ont assisté  à la conférence de presse que ce dernier a organisée à Rabat, entre autres Abdelouahed El Fassi, fils du dirigeant historique de l’Istiqlal, et qui s’était présenté à ce poste en 2012 mais a été défait par Hamid Chabat, Saâd El Alami, Adil Douiri, Taoufik Hjira, Abdessamad Kayouh, Yassimina Badou, Noureddine Mediane, Abdesslam Lebbar, Naima Khaldoun, Latifa Bennani Smires et Abdellatif Maâzouz.
Ce dernier avait écrit il y a quelques semaines une tribune dans laquelle il avait défendu la candidature de Baraka et affirmé : «Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement d’élire un homme et une direction pour le parti de l’Istiqlal, mais de consacrer les valeurs qui nous ont été transmises par nos ancêtres et les approches qui ont été forgées tout au long des 80 années d’existence du parti et qui ont fait sa force tout au long de ces décennies».
Mais la position la plus marquante émane de M’hmed Khalifa, l’un des dirigeants du parti, qui a exprimé son refus d’appuyer la candidature de Hamid Chabat et celle de Nizar Baraka.
Il convient de rappeler que lors d’un congrès extraordinaire tenu, samedi 29 avril 2017, les congressistes istiqlaliens avaient décidé de modifier les articles 91 et 54 des statuts du parti. Ainsi, ce congrès a rectifié notamment l’article 54 pour ouvrir la porte à tous les Istiqlaliens qui ont été membres dans la Commission exécutive au moins une fois pour présenter leur candidature au poste de secrétaire général. Cet article exigeait auparavant que seuls les membres de la dernière Commission pouvaient se présenter à ce poste.
Même si Nizar Baraka reste le grand favori et ses chances d’être élu à la tête du parti de l’Istiqlal sont fortes, personne n’est en mesure d’anticiper l’issue du prochain congrès vu l’imprévisibilité et la ténacité de son rival, Hamid Chabat.
Quoi qu’il en soit, un changement de direction du parti de l’Istiqlal conduirait à se poser quelques questions concernant ses alliances, voire une éventuelle participation au gouvernement. Mais cette option ne serait pas d’actualité, car le gouvernement El Othmani est en toute logique appelé à aller au terme de son mandat.

 

T. Mourad
Jeudi 28 Septembre 2017

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