L’Initiative d’autonomie forte de sa légitimité et de sa crédibilité

Nouveau round de pourparlers concernant le Sahara marocain prévu à Washington les 23 et 24 février


Mourad Tabet
Dimanche 22 Février 2026

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Les Etats-Unis paraissent résolus à boucler le dossier du Sahara marocain. A l’initiative de Massad Boulos, émissaire de Donald Trump pour l’Afrique, un nouveau round de pourparlers à huis clos aura lieu à Washington les 23 et 24 février, selon un média espagnol citant des sources diplomatiques.
Il s’agit du troisième en moins d’un mois, après ceux tenus en janvier à Washington, puis à Madrid les 8 et 9 février.

Le point le plus important réside dans le fait que ces rounds se fondent essentiellement sur l’Initiative d’autonomie présentée par le Maroc, considérée comme la seule solution sérieuse et crédible pour régler ce conflit artificiel. 

Autre point primordial est que l’Algérie participe à ces réunions sur le Sahara marocain en tant que principale partie prenante, et non plus comme simple observateur comme elle l'avait longtemps prétendu. Ce revirement, constaté lors des récentes discussions quadripartites à Madrid les 8 et 9 février courant, aux côtés du Maroc, de la Mauritanie et des pantins du polisario, reflète les pressions du Conseil de sécurité de l'ONU et  celles de l’administration américaine.

Ces pourparlers font suite à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 31 octobre 2025. Cette résolution valide le plan d’autonomie marocain comme «la base la plus viable pour une solution politique finale, juste, durable et mutuellement acceptable». Les Etats-Unis, ayant reconnu en 2020 la souveraineté marocaine sur le territoire, œuvrent aujourd’hui à concrétiser cette position via un accord tangible.

En effet, le Maroc aurait présenté une version élargie et détaillée de son plan d'autonomie pour le Sahara lors de la réunion à huis clos consacrée à la question du Sahara marocain sous la houlette des Etats-Unis. La teneur de ce document, d'environ 40 pages, a été dévoilée par le média espagnol Atalayar.

Selon ce dernier, ce document redessine en profondeur l’architecture du plan marocain d’autonomie pour le Sahara. « Elaboré sous la coordination des conseillers Royaux Taieb Fassi Fihri, Omar Azziman et Fouad Ali El Himma, sur instructions de S.M le Roi Mohammed VI, le texte s’inscrit dans le sillage de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui qualifie le plan d’autonomie de base «sérieuse, réaliste et crédible  pour une solution définitive au différend».

S’appuyant sur ses  propres sources, Atalayar a souligné que le modèle proposé par le Maroc s’inspire d’expériences internationales, en l’occurrence l’Espagne et le Groenland- «dont il emprunte les techniques de répartition des compétences, les responsabilités gouvernementales régionales et la gestion réglementée des ressources, en les adaptant rigoureusement au cadre constitutionnel marocain et au caractère unitaire de l'Etat».
Le modèle emprunte également à la tradition constitutionnelle française l’idée d’un accord politique intégré au sommet de la hiérarchie normative, à l’image de l’Accord de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).

«Il ne s'agit donc pas d'une transposition ou d'un emprunt, mais d'une appropriation calibrée de mécanismes éprouvés, ajustés aux équilibres juridiques et politiques du Royaume», a précisé la même source.

Le plan d’autonomie proposé par le Maroc continue de gagner du terrain sur la scène internationale. En effet, l’UE a une nouvelle fois exprimé son soutien à l'initiative marocaine concernant le Sahara. «L'UE, avec l'unanimité de ses Etats membres, a mis à jour sa position sur le Sahara lors du Conseil d'association UE-Maroc du 29 janvier 2026, en l'alignant sur la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité de l'ONU», a fait savoir Kaja Kallas, Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, en guise de réponse à une question écrite posée par l'eurodéputée irlandaise Lynn Boylan.

Et la responsable européenne de souligner que l’UE soutient « les efforts du Secrétaire général et de l'Envoyé personnel pour faciliter et mener des négociations, sur la base de la proposition d'autonomie du Maroc, afin de parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend, conforme à la Charte des Nations unies, tout en accueillant favorablement toute suggestion constructive des parties en réponse à cette proposition».

A rappeler que l’UE a salué, dans une déclaration rendue publique à l’issue de la 15ème session du Conseil d’association entre le Royaume du Maroc et l’UE,  l’adoption de la Résolution 2797 du Conseil de sécurité soutenant les efforts déployés par le Secrétaire général et son Envoyé personnel pour faciliter et conduire les négociations en se basant sur le plan d’autonomie proposé par le Maroc en vue de parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend, conformément à la Charte des Nations unies, tout en considérant qu’«une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables et encourager les parties à faire part de leurs idées à l’appui d’une solution définitive mutuellement acceptable ».

Mourad Tabet

Mourad Tabet
Dimanche 22 Février 2026
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