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L’Amérique se prépare au pire et l’Europe laisse entrevoir un léger espoir



L’Amérique se prépare au pire et l’Europe laisse entrevoir un léger espoir
Frappés de plein fouet par la pandémie de coronavirus, les Américains doivent se préparer à "l'horrible" et à "beaucoup de morts" a prévenu le président Trump, à quelques heures d'une allocution rarissime de la reine britannique Elisabeth II sur ce "défi" planétaire du Covid-19.
A Rome, sur une place Saint-Pierre déserte de fidèles, le pape François devait également célébrer dans la matinée, au cours d'une cérémonie totalement inédite, une messe du dimanche des Rameaux marquant le début de la semaine de Pâques, plus importante fête chrétienne de l'année.
A ce jour, la pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 63.437 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles samedi à 19h00 GMT. Plus de 1.169.210 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués dans 190 pays et territoires, alors que plus de la moitié de l'humanité vit désormais en confinement.
Nouvelle ligne de front de la maladie, les Etats-Unis ont enregistré le plus de nouveaux décès en 24 heures, avec 1.399 victimes supplémentaires, dont 1.905 décès pour la seule ville de New York.
Le nombre des cas confirmés de contamination sur le territoire américain dépasse déjà les 300.000, et Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis entraient dans "une période qui va être vraiment horrible", avec "de très mauvais chiffres". "Ce sera probablement la semaine la plus dure", a déclaré M. Trump lors d'un briefing à la Maison Blanche, "il va y avoir beaucoup de morts".
Pour autant, "nous n'allons pas détruire le pays" en paralysant l'activité économique", a prévenu le président milliardaire. "Je le dis depuis le début, le remède ne peut pas être pire que la maladie (...), à un certain moment il faudra prendre des décisions difficiles"".
Les Américains se préparent donc au pire, bâtissant des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation et un gigantesque navire-hôpital à quai à New York, ville dont le maire Bill de Blasio a lancé un vibrant appel à l'aide. "Médecins, infirmiers, spécialistes de la respiration... à tous ceux qui ne sont pas déjà dans la bataille: nous avons besoin de vous", a lancé l'édile démocrate.
L'Europe reste cependant à ce jour le continent le plus touché, avec plus de 46.000 décès. Avec 15.362 morts, l'Italie est actuellement le pays qui compte le plus grand nombre de décès, suivie de l'Espagne (11.744), des Etats-Unis (8.098), de la France (7.560) et du Royaume-Uni (4.313).
Dans une allocution télévisée exceptionnelle -la quatrième depuis le début de son règne il y a 68 ans-, la reine d'Angleterre devait saluer dimanche soir la réponse des Britanniques à la crise sanitaire lors d'une adresse solennelle. "J'espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la manière dont nous avons relevé ce défi", doit dire Elisabeth II, 93 ans. Son fils héritier Charles (71 ans) a contracté la maladie, mais est récemment sorti de quarantaine et se trouve en bonne santé.
L'intervention royale intervient au lendemain de l'annonce d'un nouveau record quotidien de 708 morts en Grande Bretagne, parmi lesquels un enfant de 5 ans, alors que le gouvernement de Boris Johnson a été vivement critiqué pour sa gestion de la crise.
Une note d'espoir est toutefois venue samedi d'Italie, où le nombre d'hospitalisations en soins intensifs a diminué pour la première fois depuis que l'épidémie y a explosé il y a plus d'un mois.
"C'est une nouvelle importante parce que cela permet à nos hôpitaux de respirer. C'est la première fois que ce nombre est en baisse depuis que nous avons la gestion de cette urgence", a déclaré le chef de la protection civile, Angelo Borrelli.
L'Espagne a enregistré en 24 heures la mort de 809 personnes, un nombre en baisse pour le deuxième jour consécutif, selon le bilan officiel de samedi. Madrid a annoncé une prolongation du confinement de deux semaines, jusqu'au 25 avril.
Ces baisses très relatives du nombre de décès ou de contaminations laissent entrevoir un léger espoir de ralentissement de la propagation du virus, après des semaines de confinement quasi généralisé auquel ont dû se résoudre les pays les plus touchés.
Les motifs d'inquiétude restent néanmoins très nombreux, dans les pays pauvres, en crise, ou pour les populations particulièrement à risque. En Grèce, un deuxième camp de migrants près d'Athènes a été placé dimanche en quarantaine par les autorités, après qu'un test au coronavirus qui s'est révélé positif pour un ressortissant afghan. Les camps de migrants en Grèce accueillent des dizaines de milliers de demandeurs d'asile dans des conditions précaires, et 23 personnes y ont jusqu'à présent été testées positives.
Partout dans le monde, la maladie n'en continue pas moins de sévir, parfois de façon particulièrement dramatique. Les autorités équatoriennes ont présenté leurs excuses après des images terribles diffusées sur les réseaux sociaux montrant des cadavres laissés à l'abandon dans les rues de Guayaquil, ville de la côte Pacifique frappée par la pandémie. En milieu de semaine, des militaires et des policiers avaient dû venir enlever 150 corps gisant dans les habitations.
Les conséquences sociales et économiques sont également catastrophiques, et parfois inattendues.
En Irak, où confinement rime là aussi avec chômage forcé, les bénévoles se mobilisent pour distribuer gratuitement riz, sucre et autres denrées alimentaires. L'Irak fait aujourd'hui face "à un danger plus grand que" les jihadistes du groupe Etat islamique" (EI) ayant un temps tenu sous leur coupe un tiers du pays, estime Moustafa Issa, un Bagdadi de 31 ans qui, avec d'autres bénévoles, aide désormais plus de 450 familles.
En Angola, à l'image d'une grande partie de l'Afrique, la population supporte avec appréhension et difficultés l'état d'urgence et autre couvre-feu anti-coronavirus. "Comment pourrait-on rester à la maison sans rien manger?", s'écrie Garcia Landu, chauffeur de mototaxi dans la capitale Luanda.
Autre ambiance, mais même isolement pénible, au sanctuaire catholique de Lourdes, dans le sud-ouest de la France, où l'on s'apprête à une semaine de Pâques sans aucun fidèle, avec des "pèlerinages spirituels" et cierges symbole de lumière. "Nous allons vivre la semaine sainte grâce aux retransmissions. Nous sommes en communion avec des milliers de pèlerins qui nous regardent dans de nombreux pays", a assuré le recteur du sanctuaire marial, Mgr Ribadeau Dumas.

L'Espagne a enregistré dimanche 674 morts dues au coronavirus au cours des dernières 24 heures, le bilan le moins élevé depuis dix jours, en baisse pour le troisième jour consécutif, selon les chiffres du ministère de la Santé.
Les décès depuis le début de la pandémie se chiffrent à 12.418 dans le pays, qui compte le plus de morts au monde derrière l'Italie. Le nombre de cas confirmés de Covid-19 a, lui, progressé de 4,8% à 130.759.
 

Lundi 6 Avril 2020

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