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L'Amérique latine multiplie les mesures contre le coronavirus





L'Amérique latine multiplie les mesures contre le coronavirus
De nombreux pays d'Amérique latine ont pris samedi de nouvelles mesures pour résister à l'expansion de la pandémie de coronavirus sur leurs territoires. Au Venezuela, où deux cas de contamination ont été confirmés, tous les voyageurs arrivés d'Europe en mars devront se soumettre à une "quarantaine obligatoire de deux semaines", a annoncé la vice-présidente Delcy Rodriguez.
"Cette mesure va permettre, comme l'a dit le président (Nicolas) Maduro, de rompre la chaîne de transmission (du virus) au bon moment", a déclaré Mme Rodriguez lors d'une allocution télévisée.
La veille, la vice-présidente avait annoncé que deux premiers cas du nouveau coronavirus avaient été confirmés dans le pays. Le Venezuela est placé depuis vendredi en "état d'alerte". Les liaisons aériennes avec l'Europe et la Colombie ont été suspendues pendant un mois et les établissements d'enseignement --de la maternelle à l'université-- vont fermer leurs portes à partir de lundi.
La décision du président de la Colombie voisine, Ivan Duque, de fermer les sept postes-frontières terrestres avec le Venezuela a été qualifiée de "grotesque" samedi par la vice-présidente vénézuélienne, selon laquelle elle "encourage la traversée par d'autres chemins (...) où n'existe aucun contrôle épidémiologique".
La Colombie et le Venezuela n'ont plus de relations diplomatiques. La Colombie fait partie des quelque soixante pays souhaitant que M. Maduro quitte le pouvoir et ayant reconnu comme président par intérim du Venezuela l'opposant Juan Guaido.
A Caracas, de nombreux habitants portaient samedi des masques de protection. Dans les supermarchés, des clients achetaient de l'eau, des pâtes ou des aliments en conserve en grandes quantités.
"On ne sait jamais, peut-être qu'ils vont décréter un couvre-feu", a expliqué à l'AFP Andreina Rubio, 57 ans, dont les sacs débordaient de bouteilles d'eau à la caisse d'un supermarché de Caracas.
En Bolivie, où dix cas de Covid-19 ont été confirmés, la suspension jusqu'à fin mars de tous les vols directs depuis et vers l'Europe est entrée en vigueur samedi. Le gouvernement a annoncé également l'interdiction d'entrée sur le territoire de voyageurs en provenance des pays les plus touchés.
L'Equateur, qui a enregistré samedi un deuxième décès dû au coronavirus, sur un total de 28 cas déclarés, va fermer ses frontières à tous les étrangers dès lundi. Parmi les cas de contamination détectés figurent une Suédoise et un Néerlandais.
Le vice-président Otto Sonnenholzner a annoncé qu'aucun étranger ne pourrait entrer dans le pays à partir de lundi et pour 21 jours. Au Guatemala, le président Alejandro Giammatei a annoncé la suspension des cours dans tous les établissements d'enseignement du pays et l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes. Le président a précisé que ces mesures seraient en vigueur pendant 21 jours à partir de dimanche.
L'Uruguay, où 14 cas ont été recensés et qui avait décrété vendredi une urgence sanitaire et une fermeture partielle de ses frontières, a annoncé samedi la suspension des cours pour 14 jours dans tous les établissements d'enseignement.
Le Mexique a pris lui aussi une série de mesures comme la suspension des cours, des activités publiques et privées non essentielles, et a appelé ses citoyens à restreindre leurs voyages à l'étranger.
L'arrêt des cours dans les établissements d'enseignement sera en vigueur du 23 mars au 19 avril. Le gouvernement a par ailleurs recommandé aux citoyens de limiter leurs déplacements à l'intérieur du Mexique et aussi vers d'autres pays. Le nombre des cas de contamination au coronavirus au Mexique est passé à 41, contre 26 la veille. Au Panama, où 43 cas ont été enregistrés, le président Laurentino Cortizo a annoncé samedi l'interdiction des vols arrivant d'Europe et d'Asie.
Le parlement du Salvador a approuvé dans la nuit de samedi à dimanche une proposition du gouvernement de restreindre temporairement les libertés de circulation et de réunion, afin de favoriser la lutte contre l'expansion du virus.
Et la République dominicaine a décidé la suspension pour un mois à partir de lundi des vols en provenance d'Europe, de Chine, de Corée du Sud et d'Iran. Le pays compte actuellement onze cas de contamination.

Cuba veut fermer la porte au Covid-19 mais pas aux touristes

Munie de gants et d'un masque, Olga Garcia désinfecte les meubles de l'emblématique Hotel Nacional de Cuba, à La Havane: l'île est bien décidée à fermer ses portes à la pandémie de coronavirus mais surtout pas au tourisme, son moteur économique.
"Quand on a appris pour le coronavirus, on a renforcé les mesures de nettoyage", explique à l'AFP cette femme de chambre de 47 ans.
Alors que le monde entier se barricade, dont une partie de l'Amérique latine, Cuba dit n'avoir pour l'instant pas l'intention de fermer ses frontières. Aucune quarantaine systématique n'est appliquée en fonction des pays de provenance.
Mais la vigilance est de mise car, sur les quatre cas confirmés à Cuba, trois sont des touristes italiens. Citoyens et employés du tourisme sont donc mis à contribution: pour les trois Italiens, c'est leur chauffeur de taxi qui a prévenu les autorités que l'un d'eux se sentait mal et "toussait beaucoup".
Selon le dernier bilan officiel vendredi, sur les 149 cas suspects mis à l'isolement, 65 sont des étrangers, majoritairement des touristes. "Quand nous remarquons qu'un client présente un symptôme respiratoire (...), nous en informons automatiquement la direction", assure Olga Garcia.
Et ensuite? "S'il y a suspicion de coronavirus, nous le laissons à l'isolement dans sa chambre. Nous activons le protocole de surveillance épidémiologique, on appelle l'ambulance" et le patient est transféré à l'hôpital, explique Clara Barroso, 48 ans, infirmière de l'hôtel.
Dans les rues de la capitale, dont le centre historique est classé au patrimoine mondial de l'Unesco, les visiteurs restent nombreux ces jours-ici, se promenant à pied ou dans les célèbres berlines décapotables des années 1950.
Cafés et restaurants sont ouverts, seuls les grands rassemblements sportifs et culturels sont suspendus.
Dans cette île sous embargo américain depuis 1962 et frappée par des pénuries récurrentes d'aliments et de médicaments, plusieurs usines d'Etat travaillent à coudre un million de masques de protection, introuvables à la vente à Cuba tout comme les solutions hydroalcooliques.
"On sait qu'on doit se préparer, (mais) on ne peut pas s'enfermer et mourir, car ici on vit de ça (du tourisme, NDLR)", commente Mario Serrate, retraité de 80 ans croisé dans la vieille Havane. Le pays souffre déjà des sanctions de l'administration Trump, qui a restreint les vols des Etats-Unis vers Cuba et interdit aux navires de croisière américains d'y faire escale.
En 2019 le nombre de touristes a chuté de 9,3%, pour la première fois en une décennie, à 4,28 millions.
Maricarmen Villaseñor, 49 ans, et son époux Rodolfo Pichardini, 59 ans, sont venus du Mexique pour assister à une représentation du Ballet national cubain, malheureusement suspendue.
Ce sera "une excuse pour revenir", plaisante Maricarmen, rassurée de ne voir "personne avec des symptômes ni une hystérie collective comme dans notre pays. Ici tout est très tranquille, ils font attention. Quand on est arrivés à l'aéroport, ils ont pris notre température sans nous stresser et on est passés sans problème".
Le tourisme est la deuxième source de revenus de Cuba, avec 3,3 milliards de dollars en 2018, derrière l'envoi à l'étranger de professionnels (surtout des médecins), et "quand il ralentit, l'économie s'en ressent", admettait il y a peu le président Miguel Diaz-Canel.

Lundi 16 Mars 2020

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