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“Joy” de Sudabeh Mortezai pose un regard provocateur, singulier et féminin sur le trafic humain




Le long métrage autrichien "Joy" de la réalisatrice Sudabeh Mortezai, projeté, samedi, dans le cadre de la compétition officielle de la 17ème édition du Festival international du film de Marrakech, pose un regard provocateur, singulier et féminin sur le trafic humain. Cette pellicule de 101 minutes, qui met en vedette Anwulika Alphonsus, Mariam Sanusi et Angela Ekeleme Pius, relate l'histoire (le calvaire) de Joy, une jeune Nigériane qui arpente les trottoirs de Vienne pour gagner de l'argent afin de rembourser "Madame", la femme qui l’exploite et à qui elle est redevable d'une dette pour son transit illégal vers l'Europe, et pour soutenir sa famille au Nigeria et offrir à sa fille, qui vit avec elle, une vie meilleure. 
Joy vit dans un appartement étroit avec plusieurs autres femmes de Madame, comme avec des sœurs, bien que la solidarité soit faible, dans un monde qui a pour mantra "Mange ou tu seras mangé". Lorsque Madame, qui use d'un mélange de superstition, de manipulation et de coercition pour garder le contrôle sur ses "protégées", lui demande de prendre sous son aile "Precious", une jeune adolescente et une novice inexpérimentée fraîchement "importée" du Nigeria, et qui n’est pas encore prête à accepter son destin ou qu’on lui dicte sa destinée, Joy, qui a presque fini de payer ses dettes, se trouve alors à la fois victime et complice de ce cercle vicieux du trafic sexuel. A travers ce film, la réalisatrice a réussi à offrir au public un portrait de la résistance humaine face à ce système d’exploitation impitoyable dans un environnement des plus inhumains sur le sol européen.
Née à Ludwigsburg en Allemagne et ayant grandi à Téhéran et à Vienne, Sudabeh Mortezai a obtenu une maîtrise en études de théâtre et de cinéma de l'Université de Vienne en 1994. Elle a travaillé en tant que programmatrice pour des festivals de cinéma et organisé de nombreux événements cinématographiques à Filmcasino, une maison de films d’art indépendant de Vienne. Après avoir terminé le programme certifiant de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) dans les domaines du cinéma, de la télévision et des supports de divertissement numériques en 2003, elle a dirigé et produit plusieurs courts métrages, avant de réaliser le long métrage documentaire "Children of the Prophet" en 2006. Sudabeh Mortezai a fait ses débuts dans un long métrage de fiction "Macondo" qui a été primé en 2014. "Joy" (2018) est son film le plus récent.


 

Libé
Lundi 3 Décembre 2018

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