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Journée mondiale de la lutte contre le sida Le dépistage, principal objectif affiché

Au Maroc, le VIH a connu une baisse de 42% lors de la dernière décennie.




“Un quart des personnes qui vivent avec le VIH ignorent qu’elles sont porteuses du virus et ne prennent donc pas les décisions qui s’imposent en ce qui concerne la prévention, le traitement et les autres services d’aide et de soin. » C’est à travers ce constat que le secrétaire général de l'ONU, António Guterres a justifié, dans un message publié à l'occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, le thème choisi cette année, à savoir «Connais ton statut». Vous l’aurez compris, l’objectif affiché lors de cette 30e édition de ladite journée, célébrée samedi dernier, ambitionne donc d’encourager chacun à connaître son état sérologique. Cette ruée espérée vers le dépistage précoce puise son origine dans le fait que l’ignorance est un facteur capital dans la propagation du syndrome de l'immunodéficience acquise, dont les décès se chiffrent à 35 millions jusqu’à présent et à 940.000 personnes l’année dernière.
En sus, le VIH est l’une des causes majeures de mortalité chez les 10-19 ans, censés être les hommes et les femmes de demain. Pour la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, «à cause d’une éducation sexuelle insuffisante, de très nombreux jeunes ignorent les moyens de se protéger des risques que représente le VIH. C’est notamment le cas en Afrique ». En effet, d’après une étude publiée par The Lancet et financée par la fondation Bill & Melinda Gates, l'Afrique subsaharienne est depuis 1990, la région la plus touchée. Elle représente encore les 2/3 des nouvelles contaminations en 2016. Bien que la communauté internationale aspire à mettre fin à l'épidémie à l’horizon  2030, comme le stipule les objectifs de l'ONU, l'étude du Lancet se veut alarmante quant à notre capacité à éradiquer l'épidémie. Et pour cause, quand bien même l'incidence des nouvelles contaminations a chuté de 2,7% par an entre 1997 et 2005, elle n'a toutefois diminué que de 0,7% par an entre 2005 et 2015, selon les scientifiques. L’une des raisons principales derrière ce scepticisme ambiant, réside dans l’accès inégal aux antirétroviraux, car ces traitements sont extrêmement coûteux. De ce fait, uniquement 41% des personnes porteuses du VIH sont traitées, et ce malgré les progrès réalisés en la matière, au cours des 10 dernières années, notamment en Afrique orientale et sub-saharienne.
Au Maroc, si l’on en croit les chiffres officiels, le sida a connu une baisse de 42% des nouvelles infections à VIH lors de la dernière décennie. Un recul significatif à mettre certainement à l’actif d’une couverture du traitement anti-VIH, qui aurait augmenté de 16% en 2010 à 48% six ans plus tard. Néanmoins, à la satisfaction représentée par le maintien d’une faible prévalence du VIH au sein de la population générale (0,1%), s’oppose une réalité moins réjouissante : Une prévalence du VIH élevée au sein des populations à plus haut risque d’infection, en l’occurrence, les professionnelles du sexe (1,3%), les consommateurs de drogues injectables (7,9%) et les migrants (3%).  S’agissant des traitements, le Maroc est dans la lignée des directives de l’OMS relatives au «traitement pour tous». Une ligne de conduite qui a permis à 11.246 personnes (fin juin 2017) de bénéficier d’un traitement antirétroviral. A cela, s’ajoute le Plan stratégique national de lutte contre le sida pour la période 2017-2021. Développé par le ministère de la Santé, ce programme entend tout d’abord réduire de 75% les nouvelles infections par le VIH. Ensuite, diminuer de 60% la mortalité liée à l’infection par le virus. Mais aussi éliminer la transmission VIH de la mère à l’enfant. Enfin, il est également question de lutter contre toute forme de discrimination et de stigmatisation. Comment ? En adoptant des mesures législatives et réglementaires, sans oublier le renforcement de l’appui psychosocial.

Chady Chaabi
Mardi 4 Décembre 2018

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