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Industrie de la mode et de l’habillement: Quels leviers de relance ?


Libé
Vendredi 11 Mars 2022

L'industrie de la mode, ce marché mondial de l’habillement qui pèse lourd dans les plus fortes économies, a plus que jamais besoin d’un véritable plan de relance suite à une crise pandémique ayant frappé fort dans le secteur.

Si cette industrie, fortement perturbée par les confinements successifs et les restrictions sanitaires, est connue par les collections de grandes marques ou encore les défilés les plus populaires, le textile ne représente qu’un peu moins de la moitié de ce marché.

Elle est composée d’autres secteurs notamment celui de la maroquinerie, des chaussures, de l’horlogerie, de la bijouterie, des parfums et cosmétiques, mais aussi de l’optique, qui n’ont pas été épargnés par les répercussions de la pandémie et peinent toujours à retrouver le chemin de la relance.

A elle seule, l’industrie de la mode est le troisième secteur industriel en importance dans le monde après l’automobile et la technologie. Elle est estimée à environ 2,4 milliards de dollars, assurant plus de 75 millions d’emplois.

Durement impactée par la crise du Covid-19, la majorité des enseignes de ce monde de l’habillement continuent d’écouler les stocks de l’année dernière qui auraient dû être vendus durant la période des soldes. Des chaînes de magasins à l’échelle mondiale affirment même détenir des millions d’euros de stocks de vêtements toujours pas vendus.

Pour le cas du Maroc, c’est la haute couture traditionnelle et particulièrement le caftan qui mène la danse. Emblématique de la culture marocaine, le caftan marocain a été introduit de par le monde par les plus grandes lignes de vêtements et stylistes à travers les défilés de mode.

D’après les professionnels de ce marché, la crise du coronavirus a durement touché le secteur de l’artisanat marocain et notamment l’habit traditionnel, surtout avec la diminution de la demande. Cette baisse des commandes et des achats est expliquée par l’absence ou l’annulation de plusieurs événements et notamment les défilés et les fêtes de mariage où les caftans et les autres tenues traditionnelles sont très prisés.

Certes, de grands efforts ont été déployés en la matière pour trouver des solutions qui peuvent aider ces artisans à sortir de cette crise. Il s’agit notamment de la création d'espaces d'exposition dans les grandes surfaces, pour soutenir ce secteur qui emploie plus de 2 millions de personnes, dont environ 230.000 artisans traditionnels et qui représente environ 7% du PIB, avec un chiffre d'affaires à l'export de plus de 890 millions de dirhams en 2021.

De même, le ministère de tutelle avait signé, en mars 2021, une convention avec Attijariwafa bank pour permettre aux artisans marocains de bénéficier de produits de financements et d'un accompagnement financier à travers les centres Dar Moukawil, qui mettront à leur disposition des espaces d’information et de formation dans les domaines liés au financement.

Malgré ces efforts, les artisans et professionnels de ce secteur n’arrivent toujours pas à sortir la tête de l’eau mais gardent toujours espoir, à l’instar des enseignes marocaines du prêt à porter qui, malgré la forte concurrence étrangère, ont pu tenir le coup.

Néanmoins, l’industrie de la mode au Maroc montre des signes de redressement surtout suite au déconfinement, à l’assouplissement progressif des mesures de restriction et la réouverture des frontières et ce, grâce au bon déroulement de la campagne de vaccination. Des signes d’optimisme se dessinent donc pour l’ensemble des composantes de cette industrie notamment les designers, les usines de confection et de prêt à porter, ainsi que les défilés de haute couture.

Quant au niveau mondial, le secteur de la mode ne devrait pas retrouver son niveau d'activité d'avant crise cette année car, d’après les observateurs, l’écosystème dans son ensemble a été profondément transformé par la pandémie.

Certes, le monde de la mode c’est les paillettes, le luxe et le glam, mais derrière ces beaux articles et les différentes collections, se cache un ensemble de métiers qui font rêver plus d’un. Des vendeurs et des vendeuses dans les magasins de prêt-à-porter, des stylistes qui dessinent les collections, des commerciaux qui s’occupent de la communication des marques de vêtements. Tout un monde qui aspire à ce que le secteur de la fashion reprenne ses couleurs.
Par Salma EL BADAOUI (MAP)


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