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Idées et végétation fleurissent sur le no man's land à Berlin


AFP
Mercredi 4 Novembre 2009

Mines, chiens et barbelés ont disparu. Tout comme les gardes-frontières et le Mur de Berlin. Du no man's land ne restent que des souvenirs amers, quelques miradors et l'aspiration à préserver son histoire tragique d'une façon créative.
Ce "paysage traumatisé", l'architecte paysagiste néerlandaise Joyce van den Berg veut le métamorphoser notamment avec des espaces récréatifs.
Le no man's land longeait les 155 kilomètres de frontières entourant l'îlot que formait Berlin-Ouest en Allemagne de l'Est.
Celui qui se faisait surprendre dans cette zone tampon, de part et d'autre du Mur ou du Rideau de fer séparant les deux Allemagne, risquait la mort.
Au moins 136 personnes ont été tuées en tentant de fuir.
La majorité des Allemands ont tenu à effacer toute trace du "Mur de la honte" après sa chute le 9 novembre 1989.
Depuis, la nature a repris ses droits dans cette zone interdite qui atteint jusqu'à 2,5 km de largeur sur certaines sections.
D'innombrables lapins, renards et cerfs se sont approprié un paysage extraordinaire, parsemé de plantes uniques. "La végétation s'épanouit et les papillons sont de retour", constate Mme Van den Berg pendant un tour à vélo à la découverte du no man's land, en grande partie encore propriété de l'Etat.
Selon elle, "dans vingt ans, il ne restera plus rien du paysage bizarre laissé par le Mur" et son projet n'est autre qu'une course contre la montre.
Au fil de longues virées à bicyclette, Mme Van den Berg a fait des recherches sur le no man's land à l'aide de cartes collectionnées par un ancien responsable de la Stasi, la police secrète est-allemande, et d'archives de photographies aériennes.
Le chemin de ronde où patrouillaient des soldats est-allemands est désormais une piste cyclable fréquentée par les Berlinois comme par les touristes.
Des dunes de sable, que les gardes-frontières lissaient chaque jour pour pouvoir observer les empreintes de ceux qui auraient tenté de passer à l'Ouest, ont recommencé à émerger du sol sablonneux de la région. Des pesticides y avaient été répandus pour empêcher la végétation de pousser et bloquer la visibilité. Selon Mme Van den Berg, des plantations pourraient permettre aux dunes de grossir et d'attirer, avec les amateurs de volleyball et de surf des sables, des revenus touristiques dans une région économiquement en berne.
Une autre idée est d'installer des jardinets à l'abri du vent à l'emplacement d'anciennes fondations de miradors. Sur l'un de ces sites, le club allemand des jeunes forestiers a érigé un monument à la mémoire de quatre adolescents tués par balle dans les années 1960-70 alors qu'ils tentaient de franchir le Mur.
L'association s'est approprié le mirador en mai 1990, soit deux mois après son abandon par les soldats de RDA et cinq mois avant la réunification allemande. "A cette époque, la joie liée à la chute du Mur et le désir de liberté faisaient que chacun voulait effacer les traces (du Mur) aussi vite que possible", explique Marian Przybilla, bénévole du club. "Maintenant on essaie de récupérer d'importants éléments de notre histoire, qui ont été perdus".Ce que d'autres voient d'un mauvais oeil. "Je n'ai aucun regret qu'ils aient détruit presque tout le mur, les fils barbelés et les miradors", affirme Hannah Rohst, étudiante de Niederschoenhausen, dans l'ancien Berlin-Est. Un grand nombre des projets de Mme Van den Berg ne verront probablement jamais le jour mais le ministre sortant de l'Environnement, Sigmar Gabriel, plaidait pour que l'ensemble du no man's land devienne un parc naturel.


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