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La première de Ouahbi avec son lot de surprises
Aujourd’hui, un événement censé enflammer les passions se déroulera au stade Larbi Zaouli : le derby casablancais. Mais pour la première fois depuis que je suis tombé amoureux de ce jeu, je ne le regarderai pas. Je n’allumerai pas ma télévision. Je ne suivrai pas les commentaires. Pas par désintérêt pour le football, mais par respect pour ce qu’il représente. Car un derby sans public, c’est une farce. Une insulte à ce qui fait l’essence même de ce sport.
L’ambiance unique qui fait la grandeur de ce match, rayée d’un trait. Pourquoi ? La LNFP, par la voix de son président, tente de nous faire avaler que cette décision est le fruit d’un «consensus» entre les deux clubs casablancais et les autorités locales. Une réunion, tenue 48 heures avant le match au sein de la wilaya de Casablanca, aurait ainsi scellé le sort de cette rencontre. On nous explique que le stade ne peut supporter les foules passionnées qui font la grandeur de ce derby. Mais au fond, nous savons que cette décision relève moins d’un souci logistique que d’une gestion chaotique du championnat national.
En vérité, le choix du huis clos reflète une incapacité chronique à planifier, à anticiper et surtout à respecter les supporters. Car si le stade Larbi Zaouli ne peut servir pour le déroulement d’un événement aussi emblématique que le derby casablancais, pourquoi l’avoir retenu au détriment de bien d’autres enceintes, bien plus accueillantes, répandues, qui plus est, à travers tout le pays. Au fait, le Maroc ne manque pas d’infrastructures, même en tenant compte des travaux de rénovation des six grands stades du pays. D'autres enceintes auraient pu offrir un cadre digne de ce spectacle. Imposer le huis clos, revient à choisir la voie de la facilité. Une telle mesure trahit une gestion réduite à l’improvisation, où les décisions seraient guidées par l’urgence plutôt que par une vision stratégique, claire et réfléchie.
Le derby casablancais entre le Raja et le Wydad a toujours été plus qu’un simple match. Aujourd’hui, il devient un symbole de la manière dont notre football est étouffé par ceux qui sont censés le faire vivre. A ceux-là, il est bon de rappeler que le public n’est pas un problème à gérer. C’est une richesse à préserver. Le nier, c’est condamner notre sport à devenir l’ombre de lui-même, sans saveur ni éclat. Les supporters, qu’on réduit ici à une simple variable gênante, sont l’âme même de ce sport.
Aujourd’hui, je boycotte ce derby. Non par caprice, mais par principe. Car en acceptant de regarder ce spectacle dénaturé, je trahirais tout ce que le football représente pour moi. J’ai grandi avec ce sport. J’ai vibré dans des stades pleins à craquer, porté par les chants des supporters. J’ai vu des derbys où l’énergie des tribunes pouvait changer le cours d’un match. Et aujourd’hui, on voudrait que l’on se contente d’une rencontre sans âme, d’un ersatz médiocre.
Le football est un sport du peuple, pour le peuple. Le priver de son public, c’est le trahir, le vider de sa substance. Alors, non, je ne regarderai pas ce derby. Parce que le football mérite mieux. Parce que le Raja et le Wydad méritent mieux. Et parce que, tant qu’on n’aura pas compris que ce sport appartient d’abord à ceux qui le vivent dans les tribunes, je refuserai d’être complice dans sa lente agonie.
Mehdi Ouassat
L’ambiance unique qui fait la grandeur de ce match, rayée d’un trait. Pourquoi ? La LNFP, par la voix de son président, tente de nous faire avaler que cette décision est le fruit d’un «consensus» entre les deux clubs casablancais et les autorités locales. Une réunion, tenue 48 heures avant le match au sein de la wilaya de Casablanca, aurait ainsi scellé le sort de cette rencontre. On nous explique que le stade ne peut supporter les foules passionnées qui font la grandeur de ce derby. Mais au fond, nous savons que cette décision relève moins d’un souci logistique que d’une gestion chaotique du championnat national.
En vérité, le choix du huis clos reflète une incapacité chronique à planifier, à anticiper et surtout à respecter les supporters. Car si le stade Larbi Zaouli ne peut servir pour le déroulement d’un événement aussi emblématique que le derby casablancais, pourquoi l’avoir retenu au détriment de bien d’autres enceintes, bien plus accueillantes, répandues, qui plus est, à travers tout le pays. Au fait, le Maroc ne manque pas d’infrastructures, même en tenant compte des travaux de rénovation des six grands stades du pays. D'autres enceintes auraient pu offrir un cadre digne de ce spectacle. Imposer le huis clos, revient à choisir la voie de la facilité. Une telle mesure trahit une gestion réduite à l’improvisation, où les décisions seraient guidées par l’urgence plutôt que par une vision stratégique, claire et réfléchie.
Le derby casablancais entre le Raja et le Wydad a toujours été plus qu’un simple match. Aujourd’hui, il devient un symbole de la manière dont notre football est étouffé par ceux qui sont censés le faire vivre. A ceux-là, il est bon de rappeler que le public n’est pas un problème à gérer. C’est une richesse à préserver. Le nier, c’est condamner notre sport à devenir l’ombre de lui-même, sans saveur ni éclat. Les supporters, qu’on réduit ici à une simple variable gênante, sont l’âme même de ce sport.
Aujourd’hui, je boycotte ce derby. Non par caprice, mais par principe. Car en acceptant de regarder ce spectacle dénaturé, je trahirais tout ce que le football représente pour moi. J’ai grandi avec ce sport. J’ai vibré dans des stades pleins à craquer, porté par les chants des supporters. J’ai vu des derbys où l’énergie des tribunes pouvait changer le cours d’un match. Et aujourd’hui, on voudrait que l’on se contente d’une rencontre sans âme, d’un ersatz médiocre.
Le football est un sport du peuple, pour le peuple. Le priver de son public, c’est le trahir, le vider de sa substance. Alors, non, je ne regarderai pas ce derby. Parce que le football mérite mieux. Parce que le Raja et le Wydad méritent mieux. Et parce que, tant qu’on n’aura pas compris que ce sport appartient d’abord à ceux qui le vivent dans les tribunes, je refuserai d’être complice dans sa lente agonie.
Mehdi Ouassat