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Groupes et groupement de l’opposition dénoncent les pratiques gouvernementales allant à l’encontre des dispositions constitutionnelles

Abderrahim Chahid : Il est inconcevable que la Chambre des représentants soit assimilée à une simple annexe du gouvernement


Mourad Tabet
Lundi 12 Février 2024

Groupes et groupement de l’opposition dénoncent les pratiques gouvernementales allant à l’encontre des dispositions constitutionnelles
La banalisation de la politique et le blocage des dispositions de la Constitution par le gouvernement et sa majorité numérique sont les deux constats qui ont marqué, selon Abderrahim Chahid, président du Groupe socialiste-Opposition ittihadie, la première session de l'année législative 2023-2024, de la 11ème législature (2021-2026) de la Chambre des représentants qui s’est clôturée mardi dernier. 

S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée jeudi par les quatre groupes et groupement de l’opposition au Parlement, à savoir les groupes de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et du Mouvement populaire (MP), et le groupement du Parti de la justice et du développement (PJD), Abderrahim Chahid a indiqué que le chef de l’exécutif a fait fi de l’institution parlementaire en n’assistant que quatre fois aux séances de contrôle de l’action gouvernementale au cours de cette première session de l’année législative, ajoutant qu’il a boudé des sessions qui devaient  traiter des questions nationales importantes ayant retenu l'attention de l'opinion publique telles que, entre autres, la flambée des prix, la crise de l’enseignement, le mouvement de protestation sans précédent des avocats.

Il a également critiqué l’absence de certains ministres lors des séances des questions orales, soulignant que « certains membres du gouvernement ne maîtrisent pas la politique, cela est visible dans leurs réponses aux questions des députés, car ils se contentent de lire la réponse déjà préparée au lieu de débattre et d’interagir avec les interventions des députés ».

Le président du Groupe socialiste a enfoncé le clou quand il a annoncé que le président de la Chambre des représentants s’est dérogé à la règle, car au lieu de présenter le bilan de la première session de l'année législative 2023-2024 de la Chambre avec toutes ses composantes, majorité et opposition, il s’est contenté de présenter un bilan qui défend l’action gouvernementale. Il est même allé plus loin en tentant de justifier l’absence des ministres.
«Il est inconcevable que la Chambre des représentants soit assimilée à une annexe du gouvernement», a martelé le président du Groupe socialiste.

Concernant la coordination entre les composantes de l'opposition à la Chambre des représentants, Abderrahim Chahid a mis en avant qu’elle vise à faire face à l’hégémonisme gouvernemental qui a porté atteinte à l’équilibre entre les institutions et à défendre des questions sociétales importantes. 

Abderrahim Chahid a également évoqué  la question de l’adoption d'un Code de déontologie parlementaire, assurant que ce sujet doit faire l'objet de suffisamment de débats et de concertations et nécessite l’engagement de tout le monde en vue de moraliser la vie politique et publique, conformément aux orientations Royales contenues dans le message adressé par S.M le Roi aux participants au Symposium commémorant le 60ème anniversaire de la constitution du 1er Parlement élu au Maroc, et dans lequel le Souverain a mis l’accent sur « la nécessité de reléguer à l’arrière-plan les calculs partisans au profit des intérêts supérieurs de la Nation et des citoyens et de moraliser la vie parlementaire par l’adoption d’un Code de déontologie qui soit juridiquement contraignant pour les deux Chambres de l’institution législative ».

La motion de censure à laquelle a appelé le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, pour secouer le cocotier et tirer la sonnette d’alarme sur les risques de l’hégémonisme gouvernemental, a été fortement présente lors de cette conférence de presse. 

« L’initiative de présenter une motion de censure contre le gouvernement, proposée par l’USFP, est intervenue après la rupture de l'équilibre institutionnel et suite à l’hégémonisme qu’exerce l’exécutif sur les institutions et dans divers domaines. Il s'agit d'un des mécanismes proposés pour protéger la démocratie et maintenir l'équilibre institutionnel et l’édification démocratique dans notre pays », a mis en exergue Abderrahim Chahid.

Pour sa part, Driss Sentissi, président du groupe du MP à la Chambre des représentants, a affirmé que la motion de censure est une question politique qui doit être discutée au niveau des partis de l’opposition, tout en rappelant que son groupe parlementaire est ouvert à toute initiative visant à rétablir l’équilibre dans notre pays.

Il a également critiqué le gouvernement qui, à mi-mandat, aurait dû accomplir 50% de son programme, alors qu’il n’en a même pas atteint les 25%, tout en affirmant que l’initiative du gouvernement de réduire la durée de formation à 6 ans vise essentiellement à restreindre les possibilités pour nos jeunes médecins de partir travailler à l’étranger.

De son côté, Rachid Hamouni, président du groupe du PPS à la Chambre des représentants, a tiré à boulets rouges sur le gouvernement et son piètre bilan sur tous les plans : social, politique et économique, citant des chiffres alarmants concernant le chômage qui a atteint 13%, ce qui remet en question l’efficacité des programmes gouvernementaux.

Quant à Abdellah Bouanou, président du groupement du PJD à la Chambre des représentants, il a critiqué le gouvernement dont l’action a conduit à l’abaissement de la politique et à la perte de confiance dans les institutions.

Mourad Tabet


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