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Gloria s’en est allée, mais la Méditerranée n’en a pas fini avec les tempêtes

600 scientifiques ont avancé que sauf en été, ces phénomènes pourraient augmenter à terme de 10 à 20% en raison du changement climatique




Des vents à décorner les bœufs et défriser les moutons. Le déferlement de l’équivalent d’un hiver de pluie en trois jours. Des routes coupées. Et plus grave encore, douze personnes décédées en France et quatre autres portées disparues en Espagne. Ceci est le bilan de la ravageuse tempête Gloria.
A Météo France, on s’est voulu tout d’abord rassurant « L’épisode de fortes précipitations est fini » avant de nuancer « Mais la dépression reste en Méditerranée et donne des pluies plus ou moins durables sur plusieurs départements ». La Méditerranée justement, le Maroc n’y est pas étranger, avec ses 500 kilomètres de côtes méditerranéennes au Nord. Mais est ce que le Royaume est concerné par la tempête Gloria pour autant ? Probablement pas, selon la Direction nationale de la météorologie. Toutefois, il convient de souligner l’inquiétude de la communauté scientifique au sujet des épisodes de pluies d'une intensité rare, précisément dans cette zone du globe.  
Dans une étude intitulée « Les risques liés aux changements climatiques et environnementaux dans la région méditerranéenne », publiée en octobre dernier, plus de 600 scientifiques des pays méditerranéens ont avancé que sauf en été, ces phénomènes pourraient augmenter à terme de 10 à 20% en raison du changement climatique. D’après les chercheurs, ces changements « s’intensifient et exacerbent les   problèmes environnementaux du bassin méditerranéen qui sont causés par les effets combinés des modifications de l’utilisation des sols, de l’augmentation de la pollution et de la dégradation de la biodiversité. »
A contrario, dans cette mer qui a vue sur trois continents, où les niveaux des précipitations observés    sont caractérisés par une forte hétérogénéité géographique et temporelle, les différents modèles climatiques indiquent clairement une tendance peu réjouissante surtout dans les pays du pourtour Sud dont le Maroc. En effet, ils tablent sur une réduction des précipitations dans les décennies à venir, avec tout ce que cela implique comme conséquences dramatiques. Puisque la baisse des précipitations associées à l’intensification du réchauffement contribuent à des tendances fortes vers un assèchement du climat.  
En tout et pour tout, à court terme, il n’y a pas lieu de s’inquiéter concernant la tempête Gloria, ce qui est moins le cas à plus long terme. Dans le futur, tout laisse à penser que les épisodes de fortes précipitations ne confineront plus à l’exception. C’est la raison pour laquelle, il faudrait adapter les politiques de développement durable des pays méditerranéens afin de réduire ces risques et envisager des options d’adaptation, tant qu’il en est encore temps.

C.C
Mercredi 29 Janvier 2020

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