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Frappes israéliennes meurtrières sur Gaza

Discussions à venir sur Rafah


Libé
Jeudi 28 Mars 2024

La bande de Gaza a été le théâtre jeudi de raids aériens et de combats entre l'armée israélienne et le Hamas à l'heure où Israël rouvre la porte à des discussions avec Washington, sur fond de tensions avec son allié sur une offensive à Rafah.
Le Hamas avait annoncé la mort de 18 personnes, dont 12 noyées en essayant de récupérer de la nourriture parachutée tombée en mer, appelant à l'arrêt des largages et à l'ouverture des accès terrestres pour l'acheminement des aides
Tôt jeudi, le ministère de la Santé du Hamas a fait état d'au moins 66 morts à Gaza au cours de la nuit, notamment dans des frappes aériennes, tandis qu'un haut responsable local rapportait des combats près de la ville de Gaza (nord) et à Khan Younès (sud). En parallèle, l'agence de presse palestinienne Wafa a dénombré des heurts dans différentes localités de la Cisjordanie occupée.

L'armée israélienne, qui accuse les combattants du Hamas de se cacher dans les hôpitaux, poursuit son opération lancée le 18 mars dans le complexe hospitalier al-Chifa de la ville de Gaza. A Khan Younès, les soldats mènent des opérations dans le secteur des hôpitaux Nasser et al-Amal, distants d'environ un kilomètre ainsi que dans le secteur d'al-Qarara.

L'armée a précisé jeudi dans un communiqué avoir "éliminé environ 200 combattants dans la zone de l'hôpital" al-Chifa depuis le début des opérations. Des soldats israéliens ont essuyé des tirs "au cours de la dernière journée, depuis l'intérieur et l'extérieur du bâtiment abritant les urgences de l'hôpital al-Chifa", a-t-on ajouté de même source.

Les troupes israéliennes "ont évacué les civils, les patients et les équipes médicales vers des installations médicales alternatives mises en place par l'armée pour permettre la poursuite des traitements médicaux appropriés", a assuré l'armée.

L'hôpital al-Amal "a cessé de fonctionner complètement", a indiqué plus tôt cette semaine le Croissant-Rouge palestinien après l'évacuation des civils qui s'y trouvaient. L'armée israélienne a indiqué jeudi avoir "éliminé des dizaines de combattants dans le secteur d'al-Amal" où ses troupes ont "trouvé des engins explosifs et des obus de mortier".

Après les villes de Gaza et de Khan Younès, Israël veut poursuivre son offensive terrestre à Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza, qu'il considère comme le dernier grand bastion du Hamas, et où s'entassent 1,5 million de Palestiniens, en grande majorité déplacés par les violences ailleurs dans le territoire.

Premier allié d'Israël, les Etats-Unis redoutent le bilan humain d'une telle opération et préfèrent d'autres options comme des opérations ciblées contre des chefs locaux du Hamas.

Le gouvernement israélien avait exprimé sa colère après l'abstention de l'allié américain, qui a permis l'adoption récente d'une résolution à l'ONU réclamant un "cessez-le-feu immédiat", et avait annulé l'envoi d'une délégation à Washington pour discuter du projet d'offensive terrestre à Rafah.

Mais mercredi, un haut responsable américain a déclaré que les services de M. Netanyahu avaient "fait savoir qu'ils aimeraient trouver une nouvelle date pour organiser la réunion consacrée à Rafah".

Parallèlement, le Qatar - qui joue le rôle de médiateur avec l'Egypte et les Etats-Unis - a assuré cette semaine la poursuite des négociations indirectes entre Israël et le Hamas visant à arracher une trêve de plusieurs semaines dans les combats doublée d'un échange d'otages israéliens et de prisonniers palestiniens.
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël qui a entraîné la mort d'au moins 1.160 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

D'après Israël, environ 250 personnes ont été enlevées et 130 d'entre elles sont toujours otages à Gaza, dont 34 seraient mortes.

En représailles, Israël a juré de "détruire" le Hamas  et lancé une vaste opération qui a fait 32.552 personnes morts, majoritairement des femmes et des mineurs, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Outre le lourd bilan humain et les destructions colossales, la guerre a provoqué une catastrophe humanitaire dans le territoire palestinien exigu, où la majorité des 2,4 millions d'habitants sont menacés de famine selon l'ONU.

Alors que l'aide humanitaire par voie terrestre contrôlée strictement par Israël y arrive au compte-gouttes, plusieurs pays arabes et occidentaux parachutent quotidiennement des vivres, surtout dans le nord de la bande de Gaza où la situation est particulièrement désespérée.

"Une aide alimentaire est habituellement parachutée quand les personnes sont isolées, à des centaines de kilomètres de tout. Ici, l'aide dont on a besoin est à peine à quelques kilomètres: il faut utiliser les routes!", a déclaré James Elder, porte-parole de l'Unicef, depuis Rafah.

Mardi, le Hamas avait annoncé la mort de 18 personnes, dont 12 noyées en essayant de récupérer de la nourriture parachutée tombée en mer, appelant à l'arrêt des largages et à l'ouverture des accès terrestres pour l'acheminement des aides.

Jeudi, en Cisjordanie occupée, trois personnes ont été blessées par un "combattant", qui a réussi à prendre la fuite, après avoir tiré à l'arme automatique sur plusieurs véhicules dont un bus scolaire près de Jéricho, selon l'armée.

Un homme de 30 ans a été grièvement blessé dans l'attaque, et deux autres, un jeune de 21 ans et un adolescent de 13 ans ont été légèrement blessés, selon les services de secours israéliens.

Les violences se sont intensifiées en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par Israël, depuis le début de la guerre à Gaza.
 


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