Autres articles
-
Autopsie d’une panique nationale : Une rumeur, mille frayeurs
-
Face au problème mondial des drogues : Le Maroc plaide à Vienne pour une coopération sous-régionale, régionale et internationale renforcée
-
Enfants soldats : La Déclaration de Rabat au coeur d'une rencontre à Genève
-
L’USFP appelle à l’ouverture d’une concertation nationale sérieuse autour des décrets d’application relatifs aux élections législatives
L’affaire a fait grand bruit à Larache. Une femme sans âge et agonisante au milieu de détritus aurait été livrée aux rats, parce que la Protection civile aurait refusé de la prendre en charge et de lui prêter secours. La photo de Fatna, cette vieille femme, a fait le tour des sites, suscitant indignation et colère. Après le scandale du suicide d’Amina Filali, cette ville du Nord laisserait aujourd’hui mourir ses démunis. Héroïne malgré elle d’une version revisitée des Misérables, Fatna a été en fait admise à l’hôpital Lalla Meriem de Larache, le jour même de son malaise. Victime d’une chute due à un malaise, Fatna a été aussi victime d’une instrumentalisation tout aussi indigne.
Tout a commencé lundi 18 février, au quartier de la Kasbah de Larache. Fatna y loue une minuscule et insalubre chambre, à Hay Sbaïhi. La vieille femme est seule et vit de la générosité de ses voisins tout aussi démunis. La journée, elle erre dans les rues de la ville, la mendicité lui permet de payer le loyer de son cagibi, 200 dirhams par mois.
Dans la matinée de ce 18 février, elle a un malaise et fait une chute dans sa petite chambre où s’amoncellent les détritus. Ses voisins alertent la Protection civile. « Ils sont effectivement venus sur les lieux mais ont refusé de la prendre », témoigne une habitante de Hay Sbaïhi. Toute la journée de lundi, Fatna est à moitié consciente. Elle a une bosse sur la tête et se sent de plus en plus mal. En début de soirée, des jeunes de la Kasbah, proches du Mouvement du 20 février, font entendre leurs voix et crient au scandale. Une femme se meurt et cela ne semble émouvoir personne, scandent-ils avant de filmer Fatna, malade et de mettre en ligne les images. Ce n’est qu’aux environs de 22 heures que la Protection civile revient sur les lieux pour la transporter à l’hôpital. « Il a fallu attendre les instructions du caïd et elles ont visiblement tardé », croit savoir un habitant de la Kasbah.
Il a fallu aussi et surtout une manifestation de jeunes locaux affidés au Mouvement du 20 février –un mouvement qui s’apprêtait alors à fêter son deuxième anniversaire dans la plus grande indifférence- pour que Fatna soit secourue. « Le Mouvement du 20 février de Larache doit une fière chandelle à la Protection civile qui lui a offert son quart d’heure de gloire», ironise cet acteur associatif de la ville.
C’est tard dans la nuit du lundi 18 février que Fatna a été admise à l’hôpital Lalla Meriem de Larache. « Cette patiente a eu un malaise dû à une hypertension, d’où sa chute qui est sans gravité », explique une source de cet hôpital avant de lâcher : «Tout cela aurait pu être très vite réglé si la Protection civile avait fait son boulot ».
A l’évidence, il y a défaillance grave de la Protection civile. A Larache, la non-assistance à personne en danger est pointée. Les questions fusent. « A l’heure du principe de reddition des comptes, le ministère de l’Intérieur dont relève la Protection civile demandera-t-il des explications à ce corps ? », se demande ce président d’association. L’article 36 du décret du 15 décembre 1997 relatif aux attributions et à l’organisation du ministère de l’Intérieur fixe la mission de la direction de la Protection civile qui est chargée, en plus de la gestion des catastrophes, de « la protection et la défense de la population et des biens en toutes circonstances ».
Aujourd’hui, Fatna dont le cas est étroitement suivi par une association dédiée à la culture et au développement durable, s’apprête à quitter l’hôpital de la ville, et ce après avoir reçu les soins nécessaires. Ceux et celles de cette association se mobilisent pour que cette vieille femme sans famille puisse vivre au sein de la maison des personnes âgées de la ville.
Tout a commencé lundi 18 février, au quartier de la Kasbah de Larache. Fatna y loue une minuscule et insalubre chambre, à Hay Sbaïhi. La vieille femme est seule et vit de la générosité de ses voisins tout aussi démunis. La journée, elle erre dans les rues de la ville, la mendicité lui permet de payer le loyer de son cagibi, 200 dirhams par mois.
Dans la matinée de ce 18 février, elle a un malaise et fait une chute dans sa petite chambre où s’amoncellent les détritus. Ses voisins alertent la Protection civile. « Ils sont effectivement venus sur les lieux mais ont refusé de la prendre », témoigne une habitante de Hay Sbaïhi. Toute la journée de lundi, Fatna est à moitié consciente. Elle a une bosse sur la tête et se sent de plus en plus mal. En début de soirée, des jeunes de la Kasbah, proches du Mouvement du 20 février, font entendre leurs voix et crient au scandale. Une femme se meurt et cela ne semble émouvoir personne, scandent-ils avant de filmer Fatna, malade et de mettre en ligne les images. Ce n’est qu’aux environs de 22 heures que la Protection civile revient sur les lieux pour la transporter à l’hôpital. « Il a fallu attendre les instructions du caïd et elles ont visiblement tardé », croit savoir un habitant de la Kasbah.
Il a fallu aussi et surtout une manifestation de jeunes locaux affidés au Mouvement du 20 février –un mouvement qui s’apprêtait alors à fêter son deuxième anniversaire dans la plus grande indifférence- pour que Fatna soit secourue. « Le Mouvement du 20 février de Larache doit une fière chandelle à la Protection civile qui lui a offert son quart d’heure de gloire», ironise cet acteur associatif de la ville.
C’est tard dans la nuit du lundi 18 février que Fatna a été admise à l’hôpital Lalla Meriem de Larache. « Cette patiente a eu un malaise dû à une hypertension, d’où sa chute qui est sans gravité », explique une source de cet hôpital avant de lâcher : «Tout cela aurait pu être très vite réglé si la Protection civile avait fait son boulot ».
A l’évidence, il y a défaillance grave de la Protection civile. A Larache, la non-assistance à personne en danger est pointée. Les questions fusent. « A l’heure du principe de reddition des comptes, le ministère de l’Intérieur dont relève la Protection civile demandera-t-il des explications à ce corps ? », se demande ce président d’association. L’article 36 du décret du 15 décembre 1997 relatif aux attributions et à l’organisation du ministère de l’Intérieur fixe la mission de la direction de la Protection civile qui est chargée, en plus de la gestion des catastrophes, de « la protection et la défense de la population et des biens en toutes circonstances ».
Aujourd’hui, Fatna dont le cas est étroitement suivi par une association dédiée à la culture et au développement durable, s’apprête à quitter l’hôpital de la ville, et ce après avoir reçu les soins nécessaires. Ceux et celles de cette association se mobilisent pour que cette vieille femme sans famille puisse vivre au sein de la maison des personnes âgées de la ville.