Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

"Factory", braquage à la russe

Un film bien ficelé qui se singularise par sa dimension politique et sociale




Sacrifiés par l’oligarque qui possédait leur usine, des ouvriers se rebellent en tentant de le kidnapper. Derrière le thriller, une critique au vitriol du capitalisme à la mode russe.
La Russie de Yuri Bykov est sombre. Usines à bout de souffle, nababs sans scrupules, ouvriers sans illusions. Ce décor spectaculairement sinistre – à l’image et dans les têtes – se prête bien à un thriller aux dimensions sociales. Factory est sorti dans les salles  mercredi 24 juillet.
Sacrifiés par l’un de ces oligarques qui ont construit leur fortune sur les décombres de l’outil de production russe à la chute du communisme, des ouvriers se rebellent. Le carnet de commandes est vide, leur usine va fermer et le patron, cette fois encore, va se faire beaucoup d’argent sur leur dos.
Emmené par une forte tête, ancien des forces spéciales, un petit groupe entre en rébellion. Plutôt qu’une grève et une occupation de l’usine, il décide de taper plus fort : kidnapper le propriétaire dans l'espoir d'une rançon.
Portés par l’énergie du désespoir, les apprentis braqueurs pèchent par naïveté. Face aux barbouzes mobilisées pour sauver le milliardaire, vite rejointes par la police, ils ne pèsent pas lourd.... et finissent par changer de stratégie : ils renoncent au magot, gardent leur otage et décident de médiatiser l’affaire. C’est une autre aventure qui démarre.  
Ce film de braquage bien ficelé se singularise par sa dimension politique et sociale. Si la critique du capitalisme sauvage à la russe est sévère, elle ne s’encombre pas de subtilités. Sympathique, l’accroche est tout de même très manichéenne. Les bons ouvriers, pieds nickelés du crime, au bout du rouleau face au cynisme d’un patron dépeceur.
Une fois le canevas installé, avec les (rares) gentils et les (nombreux) méchants, l’histoire s’étire lentement, en manque d’action et de rebondissements. On appréciera tout de même le soin porté à la réalisation, en particulier le joli coup de caméra de Yuri Bykov, inspiré par la noirceur des lieux.


La fiche
Genre : Thriller
Réalisateur : Yuri Bykov
Acteurs : Denis Shvedov, Vladislas Abashin et Andrey Smolyakov
Pays : Russie
Durée : 1h49
Sortie : 24 juillet 2019
Distributeur : Bac Films
Synopsis :  Réagissant à la vente frauduleuse de leur usine, plusieurs ouvriers décident d’enlever l’oligarque propriétaire des lieux. Ils sont menés par “Le Gris”, un ancien des forces armées. L’enlèvement tourne à la prise d’otage et, rapidement, la garde personnelle du patron investit les lieux.

A.A
Jeudi 15 Août 2019

Lu 1049 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif











Mots Croisés

Maroc Casablanca www.my-meteo.com