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Erik Truffaz en concert à Casablanca




L’approche avant-gardiste de l’artiste lui a valu des comparaisons avec Miles Davis

Après Al Di Meola, Beth Hart, ou encore Ibrahim Maalouf, c’est au tour  du célèbre Erik Truffaz de donner un concert qui s’annonce grandiose au Mégrama de Casablanca, le 8 février prochain, dans le cadre des «Casa Live sessions», le nouveau concept lancé par les initiateurs de Jazzablanca et qui a pour objectif d’animer la scène musicale casablancaise, tout au long de l’année. «L’objectif de la création de ce nouveau label est d’organiser de manière régulière des rendez-vous musicaux à Casablanca : des séries de concerts intimistes d’artistes qui ont fait sensation lors des précédentes éditions du Festival Jazzablanca, mais aussi des artistes plébiscités par les fans. C'est le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, qui a démarré en trombe ce nouveau concept en donnant un concert au Mégarama à guichets fermés», expliquent les organiseurs. 
Erik Truffaz s’est fait connaître du public au tournant du nouveau millénaire. Avec son style inspiré de celui de Miles Davis et les éléments de musique électronique et urbaine qu'il ajoute à sa mixture, le trompettiste français s'est taillé une place de choix parmi la nouvelle élite jazzistique. Il voit le jour en 1960. Il grandit dans le pays de Gex, dans la région Rhône-Alpes, tout près de la frontière suisse. Dès l'âge de huit ans, il fait l'expérience de la scène au côté de son père, qui manie le saxophone. A 14 ans, il branche sa trompette et se livre à diverses expériences avec une pédale à effet. La découverte du célèbre disque «Kind of Blue», de Miles Davis, le pousse à s'inscrire au conservatoire de Genève. Là, Truffaz fait ses gammes avec l'Orchestre de la Suisse romande. Il se produit également avec divers cover bands. En 1990, le trompettiste assemble sa propre formation, Orange, dont il compose la majorité du matériel. Trois ans plus tard, Truffaz obtient le prestigieux prix du jury au concours de la Défense de la ville de Paris. L'artiste signe un contrat avec la maison «Blue Note» en 1996. Parue l'année suivante, sa première offrande, «Out of a Dream», reçoit un accueil favorable et c'est avec le disque «The Mask», lancé en 2000, que le musicien se fait connaître en Amérique. Sa prestation au Festival la même année ne passe pas inaperçue. Pour le 25ème anniversaire de l'événement, en 2004, Erik Truffaz participe à un concert créé sur mesure en compagnie de ses confrères trompettistes Paolo Fresu et Jon Hassell. Le lendemain, dans un registre différent, il se produit au Musée d'art contemporain avec le contrebassiste électronicien Michel Benita et la vidéaste Judith Darmont.
Atmosphériques et riches en textures, les compositions de Truffaz ont parfois été qualifiées de «collages sonores». Son approche avant-gardiste et ses expériences «fusionnelles» lui ont valu des comparaisons avec Miles Davis. Il est vrai que la propension du musicien à repousser les limites et à abattre les cloisons le rapproche de l'auteur de In a Silent Way.
En 2012, l'artiste sort "El tiempo de la revolucion", 10ème opus d’Erik Truffaz Quartet sur le mythique label Blue Note Records. Pour cet album, il s'est entouré de la chanteuse Anna Aaron mais aussi de Benoît Corvoz, Marcello Giuliani et Marc Erbetta. Pour ce disque, le quartet a composé essentiellement en studio. Un travail commun fait de propositions, de déstructurations, de reconstructions... Erik Truffaz dit lui-même de son dernier opus qu'il "exprime les révolutions successives qui actent notre vie, comme un long poème que l’on écrit au fil du temps dans un espace où l’on est à la fois acteur et spectateur. Le temps de la révolution est aussi celui de la naissance, de l’amour et de la mort. C’est un combat pour un monde plus juste sous la seule bannière de l’art. La musique nous permettant de tisser un lien entre le ciel et la terre».  

Mehdi Ouassat
Lundi 16 Janvier 2017

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