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En attendant le scrutin du 6 juin prochain en Mauritanie : Le président du Sénat accède à la Magistrature suprême




En attendant le scrutin du 6 juin prochain en Mauritanie : Le président du Sénat accède à la Magistrature suprême
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, le chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 6 août 2008, a officiellement démissionné de la présidence de la Mauritanie, pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle du 6 juin prochain.
C’est le président du Sénat Ba Mamadou Mbaré qui assurera l’intérim de deux mois, conformément à la loi et à la Constitution mauritaniennes. Le président du conseil constitutionnel, le juge Abdallahi Ould Ely Salem, a déclaré installer dans ses fonctions de président de la République, le président du Sénat.
Ba Mamadou Mbaré n’a fait aucun discours, il est monté dans le bureau du président, après avoir discuté pendant une heure avec le général Aziz, qui a fait ses adieux et quitté le palais présidentiel pour retourner chez lui.
Le nouveau président de la Mauritanie dirigera le pays pendant une période de transition de deux mois, jusqu’à la présidentielle du 6 juin prochain, à laquelle le général Aziz est candidat, il l’a annoncé dimanche.
Selon l’opposition tout semble se mettre en place à Nouakchott non pas pour une sortie de crise pacifique mais bien pour une nouvelle période d’instabilité.
En août, le général Ould Abdel Aziz avait déposé le président, Sidi Ould Cheickh Abdallahi.
Elu démocratiquement et à la régulière l’année précédente, il avait mis du même coup fin à trente ans de règne des militaires à la tête du pays. Mais la parenthèse a été de courte durée. En quelques mois, Sidi Ould Cheickh Abdallahi a réussi à se mettre à dos les parlementaires et l’armée et à susciter l’inquiétude des chancelleries occidentales face à la multiplication des attaques de groupes liés à Al-Qaeda en Mauritanie.
Dans ces conditions, la communauté internationale a, certes, condamné le putsch, mais elle s’est bien gardée de réclamer la restauration du président déchu, plaidant plutôt pour le «retour à l’ordre constitutionnel» par le biais de nouvelles élections. Sous le coup de sanctions internationales, notamment de la part de l’Union européenne, la junte les a fixées au 6 juin.
La semaine dernière, le général Mohamed Ould Abdel Aziz a annoncé qu’il allait démissionner dans les tout prochains jours… pour mieux préparer sa campagne. Un préalable exigé par la communauté internationale, faute de mieux.
Dans un entretien récent à Jeune Afrique, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, avait invité ce dernier à «démissionner au moins quarante-cinq jours avant l’élection présidentielle s’il souhaite s’y présenter», expliquant que «tout le monde ou presque semble s’être rallié à la solution Ould Abdel Aziz». Plusieurs voisins de la Mauritanie, à commencer par le Sénégal, sont en effet sur cette ligne. Bombardé médiateur, le colonel Kadhafi a, quant à lui, carrément recommandé à l’opposition mauritanienne, furibarde, d’accepter «le fait accompli».
Le problème, c’est que les faits accomplis ont tendance à se multiplier dans la région. «Si le général Aziz se présente, je boycotterai le scrutin, comme la plupart des dirigeants de l’opposition», prévient Ahmed Ould Daddah. L’opposant, qui avait pris acte «sans verser des larmes de crocodile» de la chute du président Abdallahi, compte appeler à des manifestations «pacifiques» dans les rues de Nouackchott dès qu’Aziz aura officiellement annoncé sa candidature. «Comme la junte au pouvoir va les réprimer, je crains le pire», confie-t-il.


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Vendredi 17 Avril 2009

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