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En Tunisie, les couvre-feux se multiplient face au coronavirus




Les autorités tunisiennes ont décidé ces derniers jours de réinstaurer un couvre-feu nocturne dans de nombreuses régions à travers le pays pour tenter de limiter la propagation de l'épidémie du nouveau coronavirus, après une hausse inédite des cas ces dernières semaines. La Tunisie enregistre dernièrement plus de 1.000 nouveaux cas de Covid-19 par jour selon les données officielles, alors que les hôpitaux du pays manquent de moyens et d'effectifs et peinent face à l'afflux de malades. La Tunisie, qui avait quasiment circonscrit la pandémie fin juin, a ouvert les frontières et levé la plupart des mesures de prévention au début de l'été. Le nombre de cas confirmés atteint désormais 32.556, dont 478 décès (contre 50 fin juin), selon les derniers chiffres des autorités. Au moins 18 députés et deux assistants parlementaires ont été testés positifs ces derniers jours, a indiqué à l'AFP le médecin de l'Assemblée, Maher Ayadi. Pour tenter de ralentir la contagion, deux tiers des gouvernorats du pays ont réinstauré un couvre-feu nocturne durant 15 jours, sur tout ou partie de leur territoire. Un couvre-feu a été instauré début octobre dans l'ensemble des régions côtières de Sousse et de Monastir. Une semaine après, la même décision a été prise pour le grand Tunis qui comprend quatre gouvernorats et environ 10% de la population tunisienne. Des mesures similaires ont aussi été imposées à Bizerte, dans le nord de la Tunisie. Le gouvernorat de Sfax, qui a enregistré 39 décès selon la préfecture, étudie la possibilité d'un couvre-feu. Sfax est une ville d'affaires importante et l'un des principaux ports du pays. Ailleurs, le couvre-feu est partiel et ne concerne que quelques délégations, dans le Nord (Nabeul, Zaghouan, Béja et Kef), dans le Sud (Gabès, Tozeur, Gafsa et Medenine) et dans le Centre (Mahdia, Kairouan et Sidi Bouzid), selon le ministère de l'Intérieur. Les prières du vendredi y sont interdites ou limitées, certains marchés fermés, et les chaises ont parfois été retirées des cafés. Le Premier ministre Hichem Mechichi, qui a exclu tout retour à un confinement général, a annoncé le 3 octobre l'interdiction des rassemblements durant deux semaines, et a réitéré l'obligation de porter le masque dans les lieux publics. "Si on n'arrive pas à infléchir cette courbe qui est vraiment en train de monter, on risque d'être débordés", avait mis en garde début octobre Hechmi Louzir, porte-parole du comité scientifique de lutte contre le Covid-19.

Libé
Mercredi 14 Octobre 2020

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