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Des ONGs craignent un arrêt de l'aide transfrontalière vitale en Syrie


Libé
Mardi 10 Janvier 2023

Des millions de personnes dans le nord-ouest de la Syrie risquent d'être privées d'une aide humanitaire vitale si le Conseil de sécurité de l'ONU ne prolonge pas mardi un mécanisme d'aide transfrontalière, ont averti des organisations humanitaires. Cet arrangement, qui expire le 10 janvier, permet d'acheminer de l'aide depuis la Turquie aux régions sous contrôle de groupes jihadistes et rebelles dans la province d'Idleb et ses environs, sans passer parle régime syrien de Bachar Al-Assad. "Le renouvellement de cette résolution est crucial pour 4,1 millions de personnes prises au piège dans le nord-ouest de la Syrie", pays en guerre, a déclaré à l'AFP Ammar Ammar, du Fonds de l'ONU pour l'enfance. Selon lui, "l'aide humanitaire est devenue une planche de salut, en particulier pour les personnes déplacées", et "sans accès transfrontalier de l'ONU, la faim augmentera (...)". Le mécanisme a été renouvelé en juillet dernier pour seulement six mois, une durée imposée par Moscou, allié de M. Assad, alors que les autres membres du Conseil de sécurité voulaient un an. La Russie veut que l'aide transite exclusivement par les régions sous contrôle du régime et non par le point de passage de Bab al-Hawa, à la frontière turque, qui assure plus de 80% des besoins de la population des zones jihadistes et rebelles et sera fermé en cas de non renouvellement du mécanisme. Maisles ONG estiment qu'on ne peut faire confiance au régime pour que l'aide soit distribuée équitablement dans les zones qui échappent à son contrôle. Pour Diana Semaan d'Amnesty International, mettre fin aux aides "serait catastrophique car il n'y a pas d'alternative". Une telle décision empêcherait la livraison des aides vitales dont avaient bénéficié environ 2,7 millions de personnes par mois en 2022 d'après l'ONU. Aujourd'hui, 90% de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté et 12,4 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire, selon l'ONU. "Après plus de onze ans de manquement vis-à-vis du peuple syrien, les membres du Conseil de sécurité devraient être guidés par des impératifs humanitaires plutôt que politiques", a dit David Miliband, chef du Comité international de secours. "Cette résolution est le strict minimum: une aide sûre et prévisible ne doit pas être négociable." En 2014, l'aide pouvait parvenir à la Syrie par quatre passages frontaliers, mais après des années de pression de Pékin et Moscou, seul le poste de Bab-al-Hawa est resté opérationnel. Dimanche, le dernier convoi de l'ONU est arrivé dans la région d'Idleb en vertu du mécanisme, selon un correspondant de l'AFP sur place. "Ce vote crucial sur la Syrie est devenu un outil de négociation politique", a déploré le chef de mission de Médecins sans frontières pour la Syrie, Francisco Otero y Villar. La guerre déclenchée en 2011 en Syrie a morcelé le pays. Le régime a repris la majorité du territoire, les forces kurdes contrôlent de vastes régions du nord et nord-est et environ la moitié de la province d'Idleb et des secteurs limitrophes est dominée par les jihadistes. Dimanche des professionnels de la santé ont organisé un sit-in dans la région d'Idleb pour exiger le renouvellement du mécanisme. Une fermeture de la frontière serait "une catastrophe médicale" qui mettrait 41 centres de santé hors service et les médicaments de base pour les maladies chroniques ne seraient plus disponibles, a déclaré à l'AFP lors du sit-in Houssam Korra Mohamed, un responsable des services de santé d'Idleb. L'ONU a averti que de nombreuses personnes "n'auraient plus accès à la nourriture et à l'eau potable", si l'opération devait cesser. "La plupart sont des femmes et des enfants qui ont besoin d'aide juste pour survivre au plus fort de l'hiver et au milieu d'une grave épidémie de choléra", a indiqué un communiqué signé des chefs de plusieurs institutions de l'ONU, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et selon Hiba Zayadin, chercheuse pour Human Rights Watch, mettre fin à cette aide "équivaudrait à une condamnation à mort pour nombre de ceux qui en dépendent".


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