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Des Centres de santé défaillants

L’ONDH a publié une étude aux résultats édifiants




Dans une étude publiée mercredi dernier, l’Observatoire national de développement humain (ONDH) a dévoilé au grand jour son évaluation des prestations de services des établissements de soins de santé primaires dans le Royaume. Et comme vous devez sûrement imaginer, les résultats ne sont pas à crier sur tous les toits. Tout d’abord, avant de rentrer dans les détails, rappelons que cette étude a été menée en partenariat avec l’Ecole nationale de santé publique et l’Institut de médecine tropicale (Belgique) avec l’appui de la Banque mondiale. Ensuite, il convient également de souligner qu’elle s’est focalisée sur un échantillon constitué de sept Centres de santé, à savoir, les centres de santé de Médiouna (Médiouna), Laouamra (Larache), Bir Tam Tam (Séfrou), Ain Leuh (Ifrane), Sidi Bettache (Benslimane), Ras Al Aïn (Rhamna) et Sbaayoune (El Hajeb). 

Des médecins en surcharge 
Première lacune pointée du doigt par l’ONDH, la faiblesse des taux d’utilisation de la consultation curative, qui seraient de l’ordre de 0,71 et 0,99 nouveaux cas par an et par habitant. S’en suit le volume beaucoup trop important de consultations curatives que doivent assurer les médecins des Centres de santé cités. Ces derniers se retrouvent souvent confrontés à une charge de travail par médecin qui varie de 25 à 64 consultations par jour. Par exemple, les médecins du Centre de santé de Médiouna effectuent 25 consultations par jour, alors que dans celui de Laouamra, le nombre de consultations grimpe à 64. Plus en détails, en partant du principe que les médecins ne consacrent pas plus de 4 heures par jour aux consultations, le temps dévolu à chacune est de l’ordre de 9,6 mn et 3 mn, respectivement à Médiouna et Laouamra.  La conclusion de l’ONDH est édifiante, puisqu’il est indiqué d’après l’étude qu’une moyenne inférieure à 10 mn est insuffisante pour établir une approche centrée sur le patient, gage de qualité des soins au premier échelon.

Des maisons d’accouchement peu fréquentées
S’agissant des maisons d’accouchement des Centres de santé, l’ONDH y a constaté une faible proportion d’accouchements. Et pour cause, ces structures sont loin d’être l’endroit privilégié des femmes au moment d’accoucher. Pour avoir un ordre de grandeur, on cite le taux de couverture des accouchements qui serait de 31% pour le Centre de santé de Médiouna alors qu’il est de 131% au centre de Bir Tam Tam. Une disparité confortée par les taux extrêmement faibles des Centres de Ras el Aïn et Laouamra, lesquels sont presque non fonctionnels avec respectivement 13 et 10%. 
Les sages-femmes, cheville ouvrière des maisons d’accouchement, ont également et logiquement été visées par l’étude de l’ONDH. Au moment des entretiens réalisés, la plupart d’entre elles ont exprimé des craintes et une certaine anxiété résultant de leur manque d’expérience. Des sentiments amplifiés par la peur de l’erreur et de l’échec dans l’accomplissement de leurs missions, surtout face à des situations imprévues pendant l’accouchement. Concrètement, les chiffres de l’ONDH font état de moins de 50 accouchements par an. Un chiffre insuffisant selon l’Office dans l’optique de maintenir la compétence des sages-femmes des maisons d’accouchement.

Insuffisance des ressources humaines et matérielles
Toujours d’après ladite étude, l’ONDH souligne la piètre qualité des services de santé offerts aux citoyens. Un constat qui serait dû à une insuffisance des ressources humaines et donc d’une forte surcharge du travail, affectant de fait la qualité des services prodigués. A l’origine également de ce manque criant de quantité et de qualité au niveau des ressources humaines, la distance entre les logements et le lieu de travail. Plus le personnel habite loin du centre, plus les performances sont négatives et vice versa. 
En sus la qualité des soins est également influencée par des moyens techniques et logistiques insuffisants. C’est en tout cas, ce qui ressort des entretiens réalisés par l’ONDH, au même titre que le manque d’équipements médicaux ou la mauvaise gestion des médicaments dans certains centres de santé. 
Autres éléments influents, la médiocre qualité des locaux.  Aussi, l’étude a braqué les projecteurs sur le lien de cause à effet qui existe entre le leadership exercé par le médecin-chef et les performances du personnel en particulier et du Centre de santé en général.
Enfin, l’ONDH a mis en exergue le rôle capital que joue le médecin généraliste dans les structures de soins dites de première ligne.
 

Chady Chaabi
Lundi 22 Octobre 2018

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