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De nouvelles mesures pour tenter d’apaiser la crise des gilets jaunes




 Edouard Philippe annoncera de nouvelles "mesures" après les consultations qu'il mène cette semaine face à la crise des "gilets jaunes" afin "de permettre le déroulement serein" de la concertation de trois mois voulue par l'Exécutif, a annoncé Matignon lundi.
Après la réception des chefs de partis représentés au Parlement lundi décidée après les graves violences du week-end à Paris, le Premier ministre recevra aujourd’hui après-midi un collectif de "gilets jaunes" prêt à discuter avec l'Exécutif, a annoncé Matignon dans un communiqué.
Le gouvernement annonce également un débat à l'Assemblée nationale mercredi et au Sénat jeudi, en vertu de l'article 50-1 de la Constitution, c'est-à-dire sans engager sa responsabilité. Matignon n'a pas précisé dans l'immédiat si ce débat donnerait lieu ou non à un vote.
"L'ensemble des consultations, ainsi que celles ayant eu lieu la semaine dernière, conduiront le Premier ministre à annoncer les mesures destinées à permettre le déroulement serein de la concertation décentralisée souhaitée par le président de la République, et à assurer le maintien de l'ordre et le respect de la loi", écrit Matignon dans son communiqué.
Le Premier ministre se rendra par ailleurs aujourd’hui à la réunion de groupe des députés LREM à l'Assemblée nationale pour un "échange avec le groupe majoritaire", précise encore son cabinet.
Pour sa part,  le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a jugé nécessaire lundi d'"accélérer la baisse des impôts" mais aussi celle de la "dépense publique" pour répondre au plus vite au mouvement des "gilets jaunes".
Face à cette crise, "il faut accélérer la baisse des impôts. Mais pour cela il faut accélérer la baisse de la dépense publique. Et nous sommes décidés à nous engager dans cette voie", a indiqué le ministre, jugeant nécessaire d'"approfondir" la politique engagée ces derniers mois par le gouvernement.
Cette politique, "c'est la condition de la prospérité pour tous les Français", a ajouté M. Le Maire, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion à Bercy avec les représentants des organisations professionnelles, visant à faire le point sur l'impact économique des manifestations
"Moins de dépense publique, moins d'impôts, et le plus vite sera le mieux, parce que nous mesurons à l'aune de cette crise sociale, démocratique, l'impatience de millions de Français", a-t-il insisté.
Selon M. Le Maire, le mouvement des "gilets jaunes" est le résultat d'une "crise démocratique" aux "racines profondes".
"Cette crise est d'abord le résultat de déchirements territoriaux qui se sont aggravés depuis des années", en raison de "choix économiques" qui "depuis trois décennies ne nous ont pas permis de développer des emplois pour tous", de "redresser notre industrie" et de "nous engager dans la voie d'une économie décarbonée", a-t-il ajouté.
Selon Bruno Le Maire, "nous payons aujourd'hui ces choix, nous les payons au prix fort". C'est donc "en allant sur ces racines que nous pourrons trouver des réponses adéquates", a-t-il poursuivi, décrivant "une dynamique implacable et ravageuse pour la France".
Sur le plan judiciaire, une riposte s'est mise en place au lendemain de violences "sans précédent" à Paris, selon le préfet de police Michel Delpuech.
Des dizaines de suspects sont jugés  depuis hier  au tribunal correctionnel de Paris lors d'audiences de comparution immédiate.
Cinq audiences de comparution immédiate ont eu  lieu hier, contre trois habituellement, et quatre aujourd’hui. Les audiences de comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure qui permet d'éviter un procès, seront aussi doublées, selon le procureur de Paris Rémy Heitz.
Après les incidents de samedi il y a eu 378 gardes à vue à Paris. La Garde des Sceaux Nicole Belloubet a indiqué que sur ce total "environ deux tiers" des personnes feront l'objet d'un déferment devant la justice.
Les prévenus devront répondre des chefs d'"actes de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique", "dégradations sur des biens destinés à l'utilité publique", "regroupements en vue de commettre des violences", ou encore "port d'armes", des qualifications passibles de 3 à 7 ans d'emprisonnement, a indiqué le procureur.

Mardi 4 Décembre 2018

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