Film en trois parties, composées de petites saynètes poétiques et drôles - tableaux à l'humour souvent très visuel, sans beaucoup de dialogues, très chorégraphiés -, "It must be heaven" met en scène un double du réalisateur joué par lui-même, appelé "ES", qui promène son regard étonné et contemplatif sur le monde. Cet homme, qui vit en Palestine, décide de quitter sa terre natale à la recherche d'un pays d'accueil, et va voyager à Paris et New York. "Le sujet du film, c'est le fait que la violence n'est plus une histoire qui se passe ailleurs dans le monde. Ça se passe partout", explique le cinéaste, dans un entretien à l'AFP. "C'est une critique de la situation mondiale dans laquelle nous vivons", ajoute-t-il. "Il y a la police, la violence. Nous vivons une guerre non déclarée".
Habitué à interroger l'identité palestinienne par l'absurde, Elia Suleiman continue à le faire dans ce film, en mêlant humour et mélancolie dans la première partie, avant de plonger plus franchement dans le burlesque à Paris et New York. "L'humour dépend de l'endroit où se situe le film", souligne le cinéaste, dont les films sont souvent comparés à ceux de Jacques Tati, pour qui il dit avoir "beaucoup d'admiration", même s'il souligne que son inspiration "ne vient pas nécessairement du cinéma", mais "aussi de la littérature et de la philosophie".
"Dans la première partie, il y a beaucoup d'humour, mais il y a aussi de l'émotion que je veux faire passer, celle du personnage qui quitte son pays", ajoute le cinéaste né à Nazareth et installé aujourd'hui à Paris, après avoir vécu à New York dans les années 80.









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