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Commémoration de l’anniversaire de la disparition du regretté Ssi Abderrahim


Libé
Dimanche 7 Janvier 2024

Né le 23 mars 1922, Ssi Abderrahim Bouabid a rendu l’âme le 8 janvier 1992.
Né le 23 mars 1922, Ssi Abderrahim Bouabid a rendu l’âme le 8 janvier 1992.
Toute une génération temporelle a défilé depuis que nous a quittés un leader ittihadi nationaliste, démocrate, unique, s’étant ancré dans l’histoire et enraciné dans les cœurs et les esprits. Son nom s’est lié à la lutte pour l’indépendance du Maroc et par la suite pour l’intégrité territoriale. De même qu’il était, sur le pied d’égalité avec une très grande dimension d’engagement, lié au militantisme aux fins de l’instauration de la démocratie et de la justice sociale …

Abderrahim Bouabid s’est singularisé par une trajectoire aussi riche qu’exhaustive mais il s’est distingué aussi par son style élevé quant à la défense des valeurs communes humaines et démocratiques conjuguée au souci de le cultiver dans les profondeurs du champ national en œuvrant pour la promotion des valeurs de la liberté, la dignité et l’égalité à travers le territoire national unique et unifié, et ce sous une large coupole caractérisée essentiellement par la morale au cœur de la politique et du respect des contrats, des promesses et engagements annoncés …

Une époque s’est écoulée et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, ponts entre l’Etat et les forces vives nationales, ponts entre la société et le champ politique national et ponts entre les composantes du champ politique lui-même et le citoyen.

Abderrahim Bouabid a œuvré selon la logique de l’endiguement du fossé entre l’Etat et la société lors de l’édification des bases de l’Etat indépendant et du lien qui rattache son avenir et l’avenir du peuple qui a affranchi sa souveraineté et reconquis ses symboles à la faveur du Maroc de la liberté.

Là-dessus, Bouabid s’est déployé dans le but d’élever une histoire générale, une histoire et un patrimoine militant, à endiguer le fossé entre les forces nationalistes démocratiques et les forces s’activant dans toutes ses acceptions, chaque fois que les exigences nationales le nécessitent.

Les leçons tirées de la biographie d’Abderrahim Bouabid et même de celle de son départ, à travers le plébiscite humain populaire, officiel et politique qui ont accompagné ses obsèques, sont des leçons qui ne s’arrêtent pas à une étape ou une génération d’entre les générations. Ce sont des leçons, par contre, des grands leaders dont l’influence va au-delà de leur âge et leur existence.

Pour les Ittihadis, Abderrahim Bouabid était le dirigeant, le père spirituel, le frère et la famille. Il s’agit, là, d’une parenté culturelle, d’une filiation et paternité qui n’inclut pas de révolte pour mûrir loin d’elle ou malgré elle mais nous conduit à vivre par elle, à continuer et à créer tant que nous en faisons notre symbole et notre phare.
 
Une école bien assise en matière de déontologie politique et de constance des positions
 
Abderrahim Bouabid n’a jamais penché pour la réduction de cette parenté pourtant humaine et large et sa minimisation de manière qu’elle soit à la mesure exclusivement des Ittihadis même dans le cas de l’élargissement de leur sphère pour englober l’ensemble des frontières du Maroc mais il l’a voulue, une parenté culturelle et non biologiquement néo-partisane qu’elle soit culturelle ou organique.

Cet immense regretté, qui fut orientateur, théoricien et présent lors de la rédaction du rapport idéologique, témoin de la capacité des Ittihadies et Ittihadis de l’incitation de la culture au renouveau, était conscient des dangers de la privatisation du patrimoine ittihadi sous aucun prétexte et cela distingue le rapport idéologique quant aux autres rapports ayant parfois marqué la conduite des politiciens au Maroc des contradictions et a constitué la règle pour l’ancien makhzen selon laquelle sont confectionnés les élites et l’élitisme, difficile hypothèse dont le péril d’une volonté ultérieure et lointaine du principal message de Abderrahim et l’impact préconisé dans tous les bourgs et villages du Maroc de même qu’à travers ses villes, ses cités, ses universités et ses écoles.

Le patrimoine bouabidi, bien que le défunt n’eût jamais aimé qu’on le qualifie ainsi, ne peut être investi que dans la construction du devenir ittihadi par la poursuite de la mission pour laquelle existait Abderrahim et en faveur de laquelle il consacrait son œuvre, une mission collective destinée à favoriser toutes les conditions de travail déployées avec efficience pour le peuple et pour l’avenir. 

 La rigueur, le dévouement, l’intégrité, l’engagement conscient, le réalisme sain, telles sont les caractéristiques d’un leader guide, un militant et un leader dénommé Abderrahim Bouabid qui n’a jamais été affecté par les épreuves qu’il subissait même lorsqu’il était confronté à des circonstances critiques de sa vie, ayant été esseulé ne comptant que sur une minorité de fidèles et d’appuis œuvrant pour que l’idée s’enracine et s’élève et que la mission persévère… D’ailleurs, il a connu dans sa trajectoire des moments d’isolement presqu’existentiels où il s’est retrouvé garant de la résistance ittihadie sans jamais reculer, se relâcher ou faillir.

Bouabid a toujours privilégié l’action interne «à l’intérieur de la patrie, alors que les tentations de l’extérieur avec leurs conditions produisaient deux dialectiques : l’intérieur et l’exil. Par ailleurs, il s’est souvent déployé de l’intérieur des institutions sur le sol de la patrie  pendant que s’avérait la tentation, au dehors, du radicalisme et de l’ancrage.
 
Le souvenir de son leadership charismatique hors normes demeure omniprésent et vivace dans la mémoire collective des Ittihadies et Ittihadis
 
Le plus éloquent titre dans la biographie d’Abderrahim a été son recours à l’arbitrage via la volonté des Ittihadies et Ittihadis et ensuite la consultation des citoyennes et citoyens afin d’œuvrer pour la défense commune des valeurs communes  et à cet effet, il n’a pas exploité sa stature militante à des fins de scission ou d’instabilité pourvu que ce soit un choix volontaire du champ partisan par d’aucuns.

Bouabid a formé des générations de politiciens et de militants, bien qu’il ait divergé avec nombre d’entre eux quant au débat responsable, sérieux et institutionnel, débat aspirant à la production de la valeur ajoutée en termes de militantisme en vue de développer l’expérience ittihadie historique, non vers la distinction pour la distinction ou la distinction pour les escarmouches institutionnelles improductives.


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