Cinquante ans d’imposture et l'assassinat du Grand Maghreb avant même sa naissance


Mohamed Assouali
Dimanche 30 Novembre 2025

Cinquante ans d’imposture et l'assassinat du Grand Maghreb avant même sa naissance
Alors que la région aurait pu devenir l’un des pôles les plus dynamiques du continent, un demi-siècle de manipulation autour du Sahara a transformé le Maghreb en zone grise prisonnière de rivalités stériles. Au cœur de cette cassure historique se trouve un choix politique majeur du régime algérien, celui de fabriquer un ennemi plutôt que de construire une union, d’entretenir un conflit plutôt que de bâtir un véritable développement, de sacrifier l’avenir collectif pour défendre un récit devenu intenable. Aujourd’hui, alors que la résolution 2797 du Conseil de sécurité fixe un cadre international clair et que le Maroc consolide sa présence politique, économique et institutionnelle dans ses provinces du Sud, une vérité se dégage avec une force nouvelle, la crise du Sahara n’est pas l’héritage d’un passé colonial mais le résultat d’un calcul stratégique qui a coûté au Maghreb son unité, sa stabilité et cinq décennies de croissance.
 
Un conflit fabriqué par l'Algérie pour dissimuler son  échec

Derrière le discours idéologique soigneusement entretenu, la réalité apparaît dans toute sa brutalité, le soutien algérien au polisario n’a jamais relevé du principe ou du droit international mais d’une stratégie de légitimation interne. Habib Bourguiba l’expliquait déjà, certains Etats créent des conflits lorsqu’ils sont incapables de créer du progrès. L’Algérie, malgré un PIB dépassant 170 milliards de dollars et d’immenses réserves gazières, n’a jamais réussi à transformer sa rente énergétique en économie productive. Aujourd’hui encore, selon la Banque mondiale, plus de quatre-vingt-dix pour cent de ses exportations sont liées aux hydrocarbures, et cette dépendance chronique maintient le pays dans un modèle économique figé.

Entre cent cinquante et deux cents milliards de dollars ont été engloutis en cinquante ans dans la machine séparatiste, une somme qui aurait suffi à moderniser entièrement le système éducatif, sanitaire et industriel du pays et à ancrer l’Algérie dans une trajectoire comparable à celle de la Turquie ou de la Malaisie. Au lieu de cela, les réserves de change sont passées de deux cents milliards en 2012 à moins de quarante milliards aujourd’hui, tandis que le chômage des jeunes dépasse trente-cinq pour cent et que l’exode clandestin vers l’Europe a concerné près d’un million de personnes en quinze ans.

Politiquement, la question du Sahara a constitué un écran de fumée pour un régime confronté à une crise de légitimité profonde, comme l’a révélé le Hirak de 2019. Le journaliste algérien Saâd Bouakba l’écrit sans détour, le Sahara est la seule cause derrière laquelle le système peut encore se dissimuler. A l’inverse, la position du Maroc, exprimée avec clarté par SM le Roi Mohammed VI, marque une ligne stratégique constante. L’Algérie a choisi la confrontation et en a fait payer le prix non seulement à son peuple mais à toute la région.
 
Le Maghreb a payé le prix fort: 750 milliards dissipés

L’absence d’intégration maghrébine n’est pas un échec naturel, c’est un choix politique qui a coûté extrêmement cher. Selon la Banque mondiale et l’OCDE, l'absence d'un ensemble géographique, le Maghreb en l'occurrence, coûte chaque année entre dix et quinze milliards de dollars, ce qui représente une perte cumulée de cinq cents à sept cent cinquante milliards en cinquante ans, davantage que le PIB cumulé de plusieurs années du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Pendant que l’ASEAN, née à la même époque, multipliait son PIB par trente, le Maghreb stagnait derrière des frontières fermées. Pendant que le Mercosur devenait un acteur central du commerce sud-américain, le Maghreb s’enfermait dans la fragmentation.

Le Grand Maghreb aurait pu devenir un marché intégré de plus de cent millions d’habitants, un corridor énergétique reliant l’Afrique à l’Europe, une plateforme logistique de Tanger à Tripoli et une puissance régionale capable de peser sur la Méditerranée. Au lieu de cela, les Etats maghrébins ont perdu ensemble ce que Maaouiya Ould Taya résumait d’une phrase devenue célèbre, l’Union du Maghreb est morte le jour où l’Algérie a créé une entité plutôt qu’une union. La Tunisie perd plus d’un milliard et demi de dollars par an faute d’interconnexions terrestres, la Mauritanie se voit privée de trente pour cent de son potentiel logistique, la Libye évolue en dehors d’un cadre régional qui aurait pu stabiliser ses institutions.

Sur le plan sécuritaire, l’absence de coopération entre Rabat, Alger et Tunis a laissé le champ libre aux groupes armés et aux trafics du Sahel. L’Algérie a bloqué toute coordination militaire avec le Maroc, empêchant l’émergence d’un axe maghrébin capable de stabiliser le Niger, le Mali et le Burkina Faso, tandis que les routes migratoires et criminelles se sont multipliées. En somme, le Maghreb n’a pas seulement perdu de l’argent, il a perdu de la sécurité, de l’influence, du temps et  la possibilité de construire un meilleur avenir pour ses populations.
 
Le Maroc avance, le monde le reconnaît

Pendant que l’Algérie investissait dans une illusion, le Maroc investissait dans la réalité. Depuis 2015, près de soixante-dix-sept milliards de dirhams ont été mobilisés dans les provinces du Sud, avec une croissance annuelle dépassant sept pour cent, un taux d’électrification proche de cent pour cent, des infrastructures modernes, des universités, des ports, des zones industrielles et une transformation économique profonde. Plus de trente pays ont ouvert des consulats dans les villes sahariennes, consacrant la portée internationale du projet marocain.

Le Maroc est désormais la première puissance automobile d’Afrique et l’un des principaux producteurs mondiaux d’engrais, tandis que ses énergies renouvelables s’imposent comme un pilier stratégique reconnu par le FMI. L’expert français Emmanuel Dupuy résume cette trajectoire, le Maroc n’a pas gagné par les discours mais par les faits.
 
La résolution 2797 le tournant international

La résolution 2797 adoptée par le Conseil de sécurité le 31 octobre 2025 constitue un tournant décisif. Pour la première fois, l’ONU affirme explicitement que l’Initiative marocaine d’autonomie est la solution la plus sérieuse, réaliste et crédible, qu’elle doit constituer le cadre unique des négociations et que l’autonomie pourrait représenter l’issue la plus viable. Toute référence au référendum disparaît du langage onusien, confirmant une évolution profonde du droit international tel qu’interprété par les grandes puissances et les institutions multilatérales.

Le soutien de plus de soixante-dix pour cent des Etats africains, la reconnaissance américaine de 2020, les positions européennes favorables au plan d’autonomie et l’engagement croissant de l’Union africaine, tout cela confirme que le Maroc est dans son Sahara et que le Sahara est dans son Maroc.
 
Le Sahara, cœur du consensus national

Après un demi-siècle de manipulations, une vérité domine, le Sahara n’est pas un dossier diplomatique ordinaire mais le pilier du consensus national marocain. Monarchie, forces politiques, société civile, acteurs économiques, diaspora, tous convergent autour d’une certitude absolue, l’intégrité territoriale est non négociable. Sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, ce consensus s’est transformé en force stratégique, stabilisant l’Etat, orientant la diplomatie, structurant les politiques publiques et donnant au Maroc une profondeur institutionnelle rare dans la région. L’Initiative d’autonomie, autrefois proposition nationale, est devenue une référence internationale consolidée par la résolution 2797.

Comme l’affirmait Abderrahmane El Youssoufi, l’unité nationale n’est pas un slogan, c’est la condition de tout progrès. Là où l’Algérie a fait du Sahara un instrument de diversion, le Maroc en a fait un laboratoire de développement, un pôle énergétique émergent, un carrefour logistique atlantique, un pont vers l’Afrique de l’Ouest et un modèle de modernisation territoriale.

A l’horizon 2030–2050, les projets structurants tels que le port de Dakhla Atlantique, le corridor atlantique vers l’Afrique de l’Ouest, les câbles numériques transatlantiques et l’essor de la diplomatie économique renforceront la position du Maroc comme acteur incontournable de l’Afrique atlantique.

La région n’a pas besoin d’un conflit mais d’un avenir, et cet avenir passe par la seule vérité que le droit, l’Histoire et la géopolitique ont actée, le Maroc est dans son Sahara, le Sahara est dans son Maroc et le consensus national demeure le rempart que nul ne pourra ébranler.

Par Mohamed Assouali
Secrétaire provincial de l’USFP - Tétouan


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