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Ciel d’Alger. Ciel de tous les dangers

Bien chanceux les avions interdits de l’ espace aérien des voisins


Mehdi Ouassat
Lundi 1 Mai 2023

Ciel d’Alger. Ciel de tous les dangers
L’espace aérien algérien est fermé à tous les avions civils et militaires marocains ainsi qu'aux appareils immatriculés au Maroc depuis septembre 2021. Dieu merci ! En effet les épisodes de dérapages au sein de l'établissement national de la navigation aérienne (ENNA) en Algérie,  source constante de catastrophes et de scandales,  se multiplient et demeurent, comme à chaque fois, étouffés et passés sous silence par les autorités algériennes.

Deux incidents électriques, survenus les 23 et 26 avril courant, ont provoqué une dangereuse situation de black-out au niveau des installations sensibles du centre de contrôle régional (CCR) d’Alger, le lieu de travail des contrôleurs de la circulation aérienne censés veiller sur la sécurité aérienne dans l’ensemble de la capitale algérienne et ses environs.  Ces derniers ont perdu tous les moyens de surveillance et de communication avec les avions qui évoluaient dans l'espace aérien algérien. Ils n'avaient plus accès aux images radars des avions, ni aux fréquences de communication avec les aéronefs ni aux téléphones de coordination avec les autres opérateurs de contrôle aérien. En d'autres termes, les aiguilleurs du ciel étaient plus aveugles qu'une taupe dans un labyrinthe.
Des pannes dans les installations électriques ont provoqué un dangereux black-out au niveau du centre du contrôle régional (CCR) d’Alger qui a perdu tous les moyens de surveillance et de communication avec les avions qui traversaient l'espace aérien de la capitale
Une situation qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques. En tout cas, tous les experts en sécurité aérienne s'accordent à dire qu'il s'agit d'une anomalie grave qui pourrait causer un accident aérien catastrophique puisque tout au long de la durée de cette panne électrique, les contrôleurs du centre de contrôle régional d’Alger étaient paralysés et coupés du monde. Aucun avion survolant le ciel algérien ne pouvait être orienté ou guidé s’il était confronté à une quelconque difficulté.

Dans tous les centres de contrôle aérien du monde entier, des groupes électrogènes de secours sont prêts à prendre le relais à tout moment de jour comme de nuit en cas de panne, sauf que ce n’est apparemment pas le cas en Algérie.  Selon nos confrères de «AlgériePart», ce dysfonctionnement s’explique par l’arrêt de l’onduleur maître qui était hors-service pendant plus d’une heure et demie. Le basculement vers le deuxième onduleur de secours n’a pas pu se faire car celui-ci était déjà en panne depuis plus de deux ans sans que les responsables de l’ENNA ne jugent nécessaire de le réparer pour parer à des situations d’urgence qui pourraient provoquer des conséquences chaotiques pour la sécurité aérienne du pays. Un énième exemple flagrant de la négligence criminelle de l’ENNA. 

«Cette défaillance majeure s’explique, a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations, par l’incompétence et la mauvaise gestion des dirigeants de l’ENNA qui ont utilisé les budgets dédiés à la formation dans des voyages répétitifs à l’étranger sans tirer le moindre profit pour la société et le secteur de la sécurité aérienne en Algérie», lit-on dans un article de « AlgériePart».

Il faut dire que la situation catastrophique au sein de l'établissement national de la navigation aérienne en Algérie ne surprend malheureusement plus personne. Les épisodes de négligence et d'incompétence de la part des dirigeants de cet établissement sont devenus monnaie courante depuis des années. On se demande même comment l'ENNA continue à fonctionner jusqu’à aujourd’hui sans provoquer de tragique catastrophe.

Toujours selon «AlgériePart», cette anomalie, conséquence directe d’une négligence scandaleuse, a au début été étouffée par la direction générale de l’ENNA, plus intéressée par sa réputation que par la sécurité des passagers et des employés. Mais l’information a finalement fuité et les responsables de l’ENNA ont dû sacrifier le chef de service Energie du complexe de la navigation aérienne, un petit ingénieur qui ne jouit d’aucun soutien au sein du cercle fermé des dirigeants influents de l’ENNA.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont dit préoccupés par les normes de sécurité de l'ENNA et se sont demandé si d'autres problèmes similaires existent dans cet établissement. Les syndicats ont, quant à eux, appelé à des réformes urgentes dans le secteur de la navigation aérienne, tout en exprimant de vives inquiétudes quant à la qualité des normes de sécurité adoptées par l'établissement national de la navigation aérienne.

Mehdi Ouassat


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